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Sculpture de Chupicuaro - Mexique - terre cuite © Musée du Quai Branly 

Soleils
mexicains

Exposition au Petit Palais


Soleils mexicains : 
la culture est-elle soluble dans l'art ?

On ne peut être qu’étonné par l’exposition que propose le Petit Palais en ce printemps 2000. Comme les deux précédentes, cette manifestation essaie tant bien que mal de trouver sa place dans le débat féroce qui opposent scientifiques et esthètes autour du projet présidentiel d’un nouveau musée des « arts premiers »,  appelé à remplacer en 2004 le désormais vétuste Musée de l’homme. Ni pour, ni contre quoi que ce soit, les organisateurs de Soleils mexicains ont pris le parti, au demeurant intéressant, de mettre en regard les deux démarches, esthétisantes et ethnographiques. Si l’idée est sympathique, le résultat n’en est pas moins douteux.

Pour échapper aux contradictions et aux querelles de clocher, Gilles Chazal, directeur du lieu, a choisi de présenter des œuvres produites sur le territoire mexicain depuis les civilisations préhispaniques jusqu’à nos jours, avec pour leitmotiv l’unité à travers les âges d’une essence de la culture mexicaine. L’approche est déclinée à travers les thématiques « essentielles à toute tradition » : la cosmovision, le paysage, le visage, le corps, la sexualité et la mort…on sent déjà l’arnaque.

Ce qui sauve l’exposition de ce déterminisme culturel un peu poussiéreux, c’est la majesté des pièces sculptées par les différentes civilisations en place avant l’arrivée des Espagnols, mais surtout l’étrange malaise qui nous saisi lorsque sont présentées à leur côté des œuvres contemporaines majeures comme celles de Rufino Tamayo, David Alfaro Siqueiros Julio Galán. Ce qui unit ces objets n’est évidemment pas le fait que des « racines naturelles et patrimoniales surgissent des manières d’être et de créer », qui seraient comme le voudrait Chazal les matrices de « l’identité culturelle », mais bien plutôt les ruptures notoires de l’histoire mexicaine, l’expérience déchirante de la Conquête, de la colonisation et du métissage, la douleur abyssale d'un peuple condamné à être l’autre de lui-même. C’est ce malaise là qui compte, cette répulsion à voir la sculpture d’un Christ crucifié posée aux côtés d’une table de sacrifice humain maya, ce sentiment que, dans ce dédale de salles, on perd plus qu’on ne gagne, que tout est mélangé, et que le Mexique mérite sans doute plus d’égard. Le pari est raté, et, des trois expositions, on se dit que c’est sans doute celle qui, à force de ne pas vouloir traiter de front les problèmes inhérents à sa démarche, s’est le plus noyée dans les polémiques actuelles. .. On sort donc en colère mais heureux malgré tout d’avoir pu saisir, par le petit bout de la lorgnette, un peu de ce pays fantomatique à travers ses plus grands créateurs.

Juliette Barbara

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Les Arts premiers à Paris

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Soleils mexicains

Du 29 Avril au 13 Août 2000

Petit Palais
Avenue Winston-Churchill
75008 Paris.
10h-17h40 ts les jours sauf lundi. Nocturne le jeudi jusqu’à 20h.
Tel : 01 42 65 24 60

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