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Nobuyoshi
Arakia

Centre National
de la Photographie

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Arakiss

Exposition au CNP jusqu'au 22 novembre

Paradise

Nobuyoshi Araki
Centre National de la Photographie



La bio établie par le CNP présente un certain nombre d'expositions et de publications du travail d’Araki. La sélection faite donne l'image d'une petite chenille photographe qui, après avoir mangé son pain noir d'artiste maudit, et exposé dans des lieux improvisés par quelques obscurs fanatiques de l'avant garde nippone, aurait éclos de sa chrysalide tel un papillon scintillant au firmament des grands artistes (CNP, Fondation Cartier, et autres grands musées européens). Sur Arakiss en revanche, le photographe apparaît avant tout comme une figure des milieux underground SM, et les dates phare de sa bio sont 1979 lorsqu’il il publie dans la revue américaine S&M Sniper et 1981, date à laquelle ses photographies des prostituées de New York et Mexico paraissent dans Playboy.

Au-delà de l'effet de mode cependant, l’œuvre photographique d'Araki possède indéniablement une valeur artistique intrinsèque qui tient à la fois à son esthétique douloureuse et sophistiquée et à la tension qui s'en dégage. Quand il ne photographie pas amoureusement sa femme (morte en 1990 à l’age de 42 ans), Araki s'affirme comme un grand maître du simulacre et de l'artifice. Il met en scène avec ironie des séries de situations dans lesquelles photos de femmes nues, attachées, mimant la mort ou évoquant d'une manière ou d'une autre la sexualité, côtoient des images de la vie tokyoïte, dans lesquelles de temps à autre Araki lui-même fait intrusion. A la fois voyeur et sujet de son propre travail, Araki se place ainsi, d'une certaine manière, dans le registre de la performance artistique.

Le sexe et la mort sont omniprésents et indissolublement liés dans son œuvre. Entre Thanatos et Eros, le dialogue que le photographe établit entre ses Vanités, ou autres mises en scènes de mort, et les scènes quotidiennes de Tokyo, dont émane une intense pulsion de vie, se rapporte en définitive à la condition humaine, et au temps. Dans l’interview qui est diffusée dans le cadre de l'exposition, Araki s’explique : "Mes photos c'est mon journal, un point c'est tout. Et toute photo n'est rien d'autre que la représentation d'un jour unique. Et ce jour unique contient à la fois le passé et la projection de l'avenir." Il ajoute : " Mon propre souvenir est capturé au moment même ou je prends la photo. C'est finalement l'appareil photo qui me sert de mémoire".


Comme dans l'œuvre-journal de Nan Goldin (qui a travaillé avec Araki pour la réalisation du livre Tokyo Love), l'exposition est au moins aussi importante que l'enregistrement photographique. Le temps est capturé en continu par l'objectif boulimique d'Araki, mais la mémoire ne devient sélective qu’a posteriori, dans le choix des photos, qui ne sera pas nécessairement le même selon le lieu et l'instant choisis pour l'exposition.

Isabelle Régnier

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Nobuyoshi Araki/
Voyage Sentimental

Mois de la photo à Paris, Novembre 2000

Jusqu’au 22 novembre au Centre National de la Photographie
11, rue Berrier, 75008 Paris
hôtel Salomon de Rotschild
01 53 76 12 32

horaires expositions : tous les jours, sauf le mardi, de 12h à 19h, fermé le 1er mai et le 25 décembre
prix d’entrée : 30 FF, tarif réduit 15 FF

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