Films sélectionnés pour la
thématique (par séance)
(projetés tous les dimanches,
à raison d’une à deux projections au cours
du cycle)
Programme n°1
LOUIS LUMIERE d'Éric Rohmer
France, 1968, 16mm, N&B, 66’
Eric Rohmer filme une conversation entre Henri Langlois, fondateur-directeur
de la Cinémathèque Française et le cinéaste
Jean Renoir. Les deux hommes sont aussi passionnés
l'un que l'autre par les premiers âges du cinématographe
et sont heureux de revoir à cette occasion une sélection
de films de Louis Lumière. Renoir, né en 1894,
l'année qui précède la première
projection publique voit dans ces bandes la suite logique
des recherches picturales des impressionnistes qui ont prônés
le retour à la nature en peignant sur le motif.
Henri Langlois renchérit, soulignant qu'au-delà
de l'enregistrement du réel, s'inscrit, dès
le début, un souci de composition et l'amorce d'un
fictionnement.
Voir, en exercice, deux hommes qui ont compté dans
notre culture cinématographique est un vrai bonheur.
suivi de
LA PETITE MARCHANDE D’ALLUMETTES de Jean Renoir
France, 1928, 35 mm, N&B, muet, 29’
"Ça serait bon de se réchauffer à
la flamme d'une allumette" se dit Karen, la petite marchande
d'allumettes qui grelotte de froid sous la neige en cette
période de Noël. Réfugiée sous une
palissade, alors qu'elle s'est fait rabrouer par des bourgeois
pressés qui ne lui ont rien acheté, elle s'endort
sous le froid, et elle rêve.
suivi de
POST-FACE A LA PETITE MARCHANDE D’ALLUMETTES de Jean
Eustache
France, 1972, Beta SP, couleur & N&B, 26’
Un film de la série Rencontres, produite par Georges
Gaudu.
Georges Gaudu interroge Jean Renoir à propos de son
film La petite marchande d’allumettes, sur la scène
du Théâtre du Vieux-Colombier, lieu de tournage
du film en 1928. Un entretien documenté et pédagogique,
interrompu par des extraits magnifiquement choisis et montés.
Dimanche 4 janvier, 11h
Programme n°2
POLA A 27 ANS de Natacha Samuel
France, 2001, Beta SP, couleur, 55’
« Pola était une petite juive de Varsovie. Entre
1944 et 1945 - elle a 27 ans - elle a perdu ses grands-parents,
son père, sa mère, ses quatre frères,
son mari (et toute la famille de son mari) à Auschwitz,
où elle a elle-même vécu l'enfer pendant
un an. Moi, j'ai eu 27 ans cette année, et vraiment
très envie de comprendre la mémoire que ma grand-mère
Pola gardait de ses 27 ans. On a décidé de partir
toutes les deux sur les traces de ses souvenirs, dans ce pays
qui m'a toujours semblé beaucoup plus loin que la Chine...
» Natacha Samuel
suivi de
LES ENFANTS DE SAM de Pascal Magontier
France, 2002, Beta SP, couleur, 52’
"Coupable d'être vivant", seul rescapé
de sa famille disparue à Auschwitz, Sam Braun est rapatrié
en France fin juin 1945. Marié deux fois, il aura deux
filles et deux garçons. "Les enfants de déportés
sont une génération sacrifiée. Ils sont
soit enfermés dans le non-dit soit abreuvés
de souvenirs", dit-il.
Pendant quarante ans, Sam n'a rien pu dire. Ni à ses
deux femmes, ni à ses quatre enfants. Jusqu'au jour
où, cédant à une sollicitation amicale
il s'est décidé à témoigner, devant
des collégiens et des lycéens, de l'indicible.
Le réalisateur tente de faire le portrait de Sam à
travers les confidences croisées de ses enfants. Chacun
d'eux a développé une perception singulière
de son histoire, contraint de l'imaginer faute d'en connaître
les détails. Chacun à sa façon réajuste
peu à peu les pièces manquantes d'un puzzle
intime, et, derrière la souffrance cachée de
leur père, retrouve l'adolescent détruit qu'il
cherche depuis toujours à protéger.
Dimanche 4 janvier,
14h / Dimanche 1er février, 18h
La séance du dimanche 1er février sera suivie
d’un débat en présence des cinéastes,
avec la participation de Sam Braun et d’Antoine Spire,
conseiller éditorial du Monde de l’Education,
Universitaire, auteur de « L’obsession des origines
» Ed. Verticales, 2001.
Programme n°3
LE PAYS DES SOURDS de Nicolas Philibert
France, 1992, 35mm, couleur, 95’
A quoi ressemble le monde pour ces millions de gens qui, dès
leur naissance, vivent dans le silence ? Avec Jean-Claude,
Claire, Florent, Abou, Marie-Hélène et quelques
autres, Nicolas Philibert nous fait pénétrer
et découvrir ce pays lointain, régi par des
systèmes de communication spécifiques, où
tout passe par le regard et le toucher.
(...) Pendant longtemps en France, ce langage a été
interdit, on liait les mains des sourds pour les forcer à
parler. Aujourd'hui, ils luttent pour l'apprentissage des
deux expressions à l'école. La richesse de ce
document réside dans la balance délicate entre
les témoignages des interviewés qui démontent
tous les lieux communs sur la surdité (...).
Dimanche 4 janvier, 18h
La séance sera suivie d’un débat en présence
de Nicolas Philibert.
Programme n°4 INEDIT
ONE OF MANY – LE VOL DE L’ESPRIT
de Jo Béranger & Doris Buttignol
France, 2003, 35mm, couleur, 95’
Sally est une jeune femme autochtone originaire de la réserve
de Lower Post située à la lisière du
Yukon. Très jeune, Sally a été enlevée
à sa mère pour être placée dans
une famille d’accueil loin de sa communauté d’origine.
Parvenue à l’âge adulte et devenue elle-même
mère, elle reconstitue difficilement l’histoire
de sa famille dont tous les membres ont été
dispersés. Aujourd’hui, elle cherche à
comprendre pourquoi et comment tout cela est arrivé.
Du Yukon au Sud de l’Alberta, la quête de Sally
réveille le souvenir de plusieurs générations
d’enfants autochtones enlevés en bas âge
à leurs parents pour être placés de force
dans des pensionnats. L’histoire personnelle de Sally
lève le voile sur un chapitre méconnu de l’histoire
des Premières Nations, éclairant sous un jour
nouveau les enjeux du combat actuel pour le contrôle
de l’éducation.
Acculturation, perte d’identité, souffrances
mais également guérison et espoir pour les générations
à venir, telles sont les différentes étapes
du périple que nous allons vivre avec Sally.
Dimanche 4 janvier,
21h / Dimanche 1er février, 14h
La séance du dimanche 4 janvier sera suivie d’un
débat en présence des cinéastes, avec
la participation d’Edith Patrouilleau, Présidente
du Comité de Solidarité avec les Indiens des
Amériques, de Nelcya Delanoë, Professeur d’histoire
américaine à l’Université de Paris
X, et Joëlle Rostkowski, Ethnohistorienne Consultante
à l’Unesco, co-auteurs de l’ouvrage “Voix
indiennes, voix américaines - Les deux visions de la
conquête du Nouveau Monde” Ed. Albin Michel 2003.
Programme n°5
FRANCE, TOUR/DETOUR, DEUX ENFANTS de Jean-Luc
Godard & Anne-Marie Miéville
Episodes n°3, 4 et 7
France, 1978, Beta SP, couleur, 3 x 26’
Conçue comme un feuilleton, cette série suit
le parcours quotidien de deux enfants, Camille et Arnaud,
regardés, interrogés par Jean-Luc Godard dit
Robert Linard. Il explore avec eux et à travers eux
les frontières entre le monde des adultes et celui
des enfants, leur apprentissage de la réalité
et du langage. Des surprises naissent des questions et réponses
mais aussi des voix qui commentent et déchiffrent les
images, les jeux de mots...
Dimanche 11 janvier,
11h
La séance sera présentée par Serge Toubiana,
directeur de la Cinémathèque, auteur de “Exils
et territoires, le cinéma d’Amos Gitaï”
Ed. Cahiers du Cinéma 2003.
Programme n°6
AU COURS DE MUSIQUE de Marie-Claude Treilhou
France, 2000, Beta SP, couleur, 95’
Les conservatoires de musique ont parfois l'injuste réputation
de dispenser un enseignement aux méthodes dépassées.
Edouard Exerjean, personnage principal du film, enseigne le
piano au conservatoire du XIIIe arrondissement de Paris. Attaché
à la rigueur inhérente à la pratique
de l'instrument, il parvient néanmoins à transmettre
sa passion en douceur...
“Si ce film réussit à communiquer l’enchantement
de ces cours de musique, sa mission sera accomplie. Car c’est
bien dans ce labeur sans relâche que se trame un jeune
musicien. C’est dans cette patience - et dans cette
impatience que s’offre la lisibilité - la possibilité
même - d’un tel héritage. Edouard Exerjean,
remarquable pianiste lui-même, est de ceux qui montrent
le chemin avec une impitoyable générosité
: un vrai maître, pour ses élèves, et
peut-être au-delà.
Marie-Claude Treilhou
Dimanche 11 janvier,
14h / Dimanche 21 mars, 18h
La séance du dimanche 21 mars sera suivie d’un
débat en présence de la cinéaste avec
la participation du professeur Edouard Exerjean.
Programme n°7
WATCH ME ! de Xavier Baudoin
France, 2003, Beta SP, couleur, 52’
Des élèves du collège Louise Michel de
Clichy-sous-bois chantent la musique composée pour
eux par Ernest Dawkins. Le saxophoniste américain a
laissé à des lycéens de la Seine-Saint-Denis
le soin d'écrire les textes. Ceux-ci parlent de la
cité et de la vie. Une chanteuse, une pianiste et un
percussionniste les font répéter pendant deux
mois. La musique composée par Dawkins, "The Last
Diaspora" se fraie petit à petit un chemin dans
le quotidien de ces jeunes de banlieue. Une semaine avant
le concert, l'artiste arrive à Chicago. Il se rend
dans les classes, improvise avec ses musiciens un standard
de jazz, explique sa démarche et prend en charge la
direction de cent cinquante choristes, des percussionnistes
et trente musiciens de la fanfare. Dawkins dirige tout le
monde avec des mimiques et des grands gestes, utilise tout
son corps pour solliciter et canaliser l'énergie des
jeunes et la restituer ensuite dans sa musique. "Le plus
important - répète-t-il en anglais - c'est de
me regarder." Captivés par le personnage, les
jeunes interprètes s'appliquent comme jamais et son
mot d'ordre "Watch me", prend un sens nouveau le
jour du concert, lorsque, placés sur le devant de la
scène, ils se produisent en public.
suivi de
A L’OMBRE D’UNE MEMOIRE de Mustafa Balci INEDIT
Belgique, 2003, Beta SP, couleur, 60’
"Sur mon chemin, j'ai rencontré un vieil homme
qui m'a invité à écouter. Une mémoire.
Cet homme, Ramazan Güngör, marqué parfois
durement par les vicissitudes du temps et de l'âge,
n'est pas une personne comme les autres. Il est l'un des derniers
bardes d'une époque en passe d'être révolue.
Une transmission orale a eu lieu et un film prend forme, pour
partager cette transmission. Ce vieux sage turc m'a transmis
une part de son savoir. Ce savoir se présente sous
la forme d'un luth à trois cordes, un üçtelli,
qui s'ouvre sur un monde. Le monde de Ramazan Güngör,
le dernier maître du üçtelli." Mustafa
Balci
Dimanche 11 janvier,
18h / Dimanche 22 février, 14h
La séance du dimanche 11 janvier sera suivie d’un
débat en présence des cinéastes, avec
la participation de Stéphanie Touré, responsable
des actions musicales de Banlieues Bleues et de Jérôme
Cler, ethnomusicologue, maître de conférence
à l’université de Paris IV – Sorbonne.
Programme n°8
GRANDS COMME LE MONDE de Denis Gheerbrant
France, 1998, 35 mm, couleur, 95’
Ils disent l'enfance qui s'en va, la cité qui fait
peur et qui fait envie. Ils parlent du bien et du mal, de
la religion et des résultats scolaires. Ils sont en
cinquième et vivent l'âge où l'on naît
au monde. Denis Gheerbrant a su susciter et capter la parole,
entre l'enfance et l'adolescence, sur la vie dans le quartier,
à la maison et au collège. Filmé à
Gennevilliers, dans un environnement réputé
difficile, le film nous tend un miroir à travers des
conversations qui révèlent une surprenante maturité
face au défi représenté par l'entrée
dans l'adolescence, et plus loin dans la société.
Dimanche 11 janvier,
21h / Dimanche 21 mars, 14h
La séance du dimanche 11 janvier sera suivie d’un
débat en présence du cinéaste.
Programme n°9 INEDIT
DIE II PHASE (PHASE II) de Lukas Schmid
Allemagne/Suisse, 2002, Beta SP, couleur, 87’
"Etre adulte, c'est "avoir une vie normale".
Maintenant que tu es grand, tu dois utiliser tes dons, du
mieux que tu peux. Je n'ai pas envie de grandir, jamais, jamais..."
("Rappa")
Robert Rappacinski, dit "Rappa", 18 ans, est toxicomane
et délinquant. Ce n'est plus possible ! Avec sept autres
jeunes, il est placé à Kalrchain, un ancien
monastère transformé en AEA, institution de
rééducation pénitentiaire, où
ils apprendront à se fixer pour but "une vie normale".
On leur donne trois mois pour changer d'attitude, sinon ils
en prendront encore pour deux ans ! Pendant ces trois mois,
la caméra suit le quotidien du service où ils
sont détenus.
Dimanche 25 janvier,
18h / Dimanche 8 février, 14h30
La séance du dimanche 25 janvier sera suivie d’un
débat en présence du cinéaste avec la
participation du docteur Jean Dugarin, psychiatre à
l’Espace Murger de l’Hôpital Fernand Widal
à Paris.
Programme n°10 INEDITS
TERRE D’EXIL de Yohan Laffort
France, 2002, Beta SP, couleur, 59’
Quatre marocains travaillent dans l'une des dernières
briqueteries traditionnelles du Nord de la France. Ils ont
en commun d'être arrivés du Maroc dans les années
soixante et soixante-dix, en quête d'un travail. À
travers leur parcours personnel, c'est une partie de l'histoire
de l'immigration marocaine récente qui se dévoile.
Au sein de l'usine, ils partagent leur vie de travail avec
les autres ouvriers, tous embarqués dans la même
galère.
suivi de
DU COTE DE CHEZ SOI de Rahma Benhamou El Madani
France, 2003, Beta SP, couleur, 56’
Ce film raconte l'histoire de mes parents, et de leurs différents
voyages : le principal c'est celui qu'ils accomplissent fréquemment
vers leur pays d'origine le Maroc. Ce voyage en rappelle d'autres
accomplis vers l'Algérie dans les années 40
puis celui vers la France. Ces voyages d'immigrations ont
fait d'eux des êtres à part. La question que
je me pose est là dans ce regard que je pose sur leur
quotidien, leur histoire, leur environnement. Et le chez soi
prend des allures, des tons, des rythmes où je les
retrouve et où je les perds. Où le chez soi
est commun aux autres, à ceux à la même
histoire, à ceux qui partent aussi.
Dimanche 25 janvier,
21h
La séance sera suivie d’un débat en présence
des cinéastes, avec la participation d’Aïssa
Kadri, directeur de l’Institut Maghreb Europe, Université
Paris VIII.
Programme n°11
L’ABECEDAIRE DE GILLES DELEUZE (L’ENFANCE)
de Pierre-André Boutang
France, 1996, Beta SP, couleur, 36’
Deleuze ne voulait pas d'un film sur lui, mais il avait accepté
l'idée d'un film avec lui, et avec Claire Parnet qui
fut son élève. C'est un abécédaire
dont chaque lettre renvoie à un mot, de A comme animal
à Z comme zigzag. Existe-t-il un lien entre Spinoza
et Minelli ? Entre Marcel Proust et Francis Bacon ? Entre
les poux et la culture ? L'abécédaire nous montre
l'expérience d'une pensée à l'œuvre,
d'une parole qui fit dire à Michel Foucault : «
Une fulguration s'est produite qui portera le nom de Deleuze...
Un jour peut-être le siècle sera deleuzien ».
suivi de
ZERO DE CONDUITE de Jean Vigo
France, 1933, 35 mm, N&B, 44’
Dans un pensionnat de province, entre chahuts, punitions,
études et récréations, trois gamins fomentent
une rébellion. Un joyeux vent de révolte souffle
sur ce film largement autobiographique de Jean Vigo. C’est
sans doute ce qui valut à Zéro de conduite d’être
interdit par la censure jusqu’en 1945.
suivi de
EN RACHACHANT de Jean-Marie Straub & Danièle Huillet
France,1982, 35mm, N&B, 7’
Un petit garçon têtu et sérieux comme
un pape derrière de grosses lunettes de myope réalise
le rêve de tous les enfants en âge d'aller à
l'école primaire : celui de dire une bonne fois pour
toutes "merde" au professeur et à ce qu'il
représente.
Dimanche 1er février,
11h / Dimanche 22 février, 18h
La séance du dimanche 22 février sera suivie
d’un débat en présence Jean-Marie Straub
et Danièle Huillet.
Programme n°12 INEDIT
EN MARGE DES CAHIERS de Bernard Kleindienst
France, 2002, Beta SP, couleur, 78’
L'école Oscar Romero a été créée
un peu par hasard, il y a 20 ans, par des frères des
Écoles Chrétiennes et des jeunes de la banlieue
nord de Paris. Aujourd'hui elle continue sa mission d'origine
: accueillir d'abord et avant tous, les enfants mis hors du
système scolaire classique, dans des lieux où
elle devient maintenant le dernier service public. Le film
n'est pas rassurant. Il montre un lieu incroyablement fragile.
Le monde qui l'entour l'est tout autant. La vie, comme on
dit, risque à tout moment de piétiner les démarches,
les efforts répétés par des adultes souvent
dans le doute. Pourtant les enseignants, les éducateurs...
avec Amar, un ancien élève, croient toujours
"qu'au fond de toute personne, même la plus grosse
des crapules, il y a un truc de bien." Mais il faut le
chercher.
Dimanche 1er février,
21h
La séance sera suivie d’un débat en présence
du cinéaste, avec la participation de l’enseignante
Moktharia Louadit, de Nicolas Capelle, co-fondateur de l’école
Romero et de Marie-Danielle Pierrelée, à l’initiative
de structures scolaires expérimentales.
Programme n°13
CE QUI ME MEUT de Cédric Klapisch
France, 1989, 35mm, N&B et couleur, 23’
Un hommage à Jules Marey - chronophotographe - dont
les recherches sur le mouvement sont célèbres
et en qui certains voient l'un des inventeurs de la cinématographie.
Hommage qui est une prouesse technique par la reconstitution
des conditions de filmage et de tirage des travaux de Jules
Marey, et qui témoigne déjà de l'invention
scénaristique dont fera preuve Cédric Klapisch
par la suite. Savoir raconter un moment de l'histoire du cinéma
avec grâce et humour relève du grand art.
suivi de
UNE JOURNEE D’ANDREÏ ARSENEVITCH de Chris Marker
France, 1999, Beta SP, couleur, 55’
Chris Marker nous offre un voyage à travers les films
de l'un des plus grands stylistes du cinéma, Andreï
Tarkovski. A partir de l'un des derniers bonheurs du cinéaste
(l'arrivée à Paris de son fils longtemps retenu
comme otage par les soviétiques), Marker plonge avec
respect dans cette œuvre mystérieuse et tranquille,
dont on revoie des fragments, et notamment la préparation
périlleuse d'un plan-séquence du Sacrifice.
Un mois plus tard, Tarkovski, cloué sur son lit par
la maladie, découvrira sur un écran télé
la première mouture de ce qui sera son dernier film.
Dimanche 8 février, 11h
Programme n°14
LA LOI DU COLLEGE de Mariana Otero
Episodes n°2, 3 et 4
France, 1994, Beta SP, couleur, 3 x 28’
Jour après jour, tout au long de l'année scolaire
1992-1993, Mariana Otero a filmé les élèves
d'un collège implanté au cœur d'une cité
en banlieue parisienne. Âgés de 10 à 16
ans, ces jeunes découvrent dans l'établissement
scolaire un lieu de socialisation avec ses règles et
ses sanctions. Dans les salles de cours ou le bureau du Principal,
pendant les conseils de classe ou les conseils de discipline,
la réalisatrice a capté les moments ordinaires,
exceptionnels ou dramatiques de la vie d'un collège.
(Primé au festival de Lisbonne 94)
Dimanche 8 février,
18h
La séance sera suivie d’un débat en présence
de la cinéaste avec la participation de Denis Freyd
d’Archipel 35 Production.
Programme n°15 INEDIT
LE FUTUR DE L’IMPARFAIT de Sylvie Ditmann
France, 2003, Beta SP, couleur, 110’
"N'oublie jamais de regarder si celui qui refuse de marcher
n'a pas un clou dans sa chaussure." (Fernand Deligny)
“Animée par le désir de mieux comprendre
les mécanismes qui engendrent l'échec scolaire
et la violence, j’ai filmé une classe d’adolescents
de 13 ans durant une année scolaire dans une SEGPA
( Secteur d’Enseignement Général et Professionnel
Adapté). Les élèves sont regroupés
en 5ème par classe d’âge et non par niveau.
Tous sont en grandes difficultés scolaire, sociale
ou affective. Zowie est leur institutrice. Elle nous ouvre
sa classe et nous permet d’observer dans le quotidien
les difficultés de cette profession en manque de reconnaissance,
face à des enfants stigmatisés dans leur image
d'élèves "durs" et "mauvais".
Au-delà d’un documentaire sur l’école,
ce film est un huis clos dans lequel on prend le temps de
mesurer l’impact et les conséquences de chaque
geste et de chaque parole.” Sylvie Ditmann
Dimanche 8 février, 21h
La séance sera suivie d’un débat en présence
de la cinéaste avec la participation du producteur
Gérald Colas.
Programme n°16
CITIZEN LANGLOIS d’Edgardo Cozarinsky
France, 1995, 35mm, couleur et N&B, 65’
Primé à Berlin 1995
Henri Langlois a vécu une seule passion : l’obsession
de sauver, conserver, montrer tous les films de l’histoire
du cinéma. Pour plusieurs générations
de cinéphiles, il fut la mémoire vivante du
septième art. Le film retrace le parcours de celui
qui créa en 1936 la Cinémathèque Française,
et qui fut un formidable programmateur, un extraordinaire
pédagogue et un grand artiste de son temps.
Dimanche 22 février, 11h
Programme n°17
ON N’EST PAS DES BOUFFONS d’Hubert
Brunou
France, 2001, Beta SP, couleur, 52’
Des filles et des garçons, bons élèves
d'un collège situé dans une cité dite
"difficile" de la banlieue parisienne racontent
leurs espoirs mais aussi leurs difficultés d'apprentissage
au collège. Tous issu de l'immigration, Hichem, Lekbir,
Sonia, Sébastien et les autres vivent leurs études
avec des handicaps certains : habitat dégradé,
violence dans le quartier, faibles revenus des parents, familles
nombreuses... Tout cela pourtant, ils semblent s'en accommoder
grâce à une volonté farouche de réussir
leurs études. La pression vient d'ailleurs. Participer
au cours, répondre au professeur, vouloir réussir,
c'est prendre le risque de se faire traiter de "suceur",
ou de se faire exploiter par ses camarades.
Tableau effrayant de la remise en cause de l'enseignement
dans une zone défavorisée de la périphérie,
sauvé par la fraîcheur, l'intelligence, le fatalisme
teinté d'humour de ces enfants qui résistent
aux multiples handicaps de leur environnement. Comme le regard
généreux du cinéaste nous y invite, nous
aimerions que la vie consente à les épargner,
et encourage leur vaillance.
suivi de
PEUT MIEUX FAIRE d’Agnès Bert
France, 2001, Beta SP, couleur, 53’
Qu'est-ce que ce métier d'instituteur que nous croyons
tous connaître puisque nous sommes tous passés
par l'école ? Quand on débute sans formation,
comme Nathalie et la réalisatrice, on ne comprend rien
à ce que l'on fait. Et l'on a, pour seul outil, le
souvenir de ses anciens maîtres. En suivant les épreuves
de cette jeune institutrice (de la prise d'autorité
à sa réflexion sur la pédagogie) et ses
rencontres avec les autres enseignants, l'inspecteur, le conseiller
pédagogique, le film tente de mesurer le degré
de liberté des instituteurs. Bien que nous soyons seuls
et responsables de notre classe, tout dans l'école
induit la reproduction d'une norme que nous avons intégrée
lorsque nous étions enfants et il est difficile pour
l'instituteur de trouver sa propre voie. Et si l'autonomie
des enfants est le meilleur projet de l'école, peut-être
faudrait-il que l'institution s'intéresse à
celle du maître.
Dimanche 22 février,
21h
La séance sera suivie d’un débat en présence
des cinéastes avec la participation du philosophe Hubert
Vincent, auteur de Lieux et usages du monde. 2- Enseigner,
Ed. L’Harmattan, 2003 (sous réserve).
Programme n°18
A COMME ARITHMETIQUE de Pierre Kast & Raymond
Queneau
France, 1951, 35 mm, N&B, 7’
A comme Arithmétique, ou A comme absurde ?
Pierre Kast et Raymond Queneau se sont unis pour réaliser,
dans l'esprit d'une encyclopédie illustrée,
ce film amusant. On y voit Raymond Queneau faisant une démonstration
par l'absurde d'opérations simples.
suivi de
FERNAND DELIGNY, A PROPOS D’UN FILM A FAIRE de Renaud
Victor
France, 1987-88, 16mm, couleur et N&B, 67’
Après une collaboration avec Fernand Deligny à
divers titres et notamment pour ce document exceptionnel sur
l'autisme qu'est "Ce gamin-là", il était
naturel que Renaud Victor souhaite transmettre la parole de
celui qui fut pour lui un père spirituel et nous offrir
une trace de cette intelligence au travail. Ce qui frappe
dans le monologue éblouissant de cet homme à
la trajectoire singulière, c'est l'humilité
avec laquelle il avance ses hypothèses, l'humilité
d'un chercheur pour qui il ne s'agit pas d'imposer des conclusions
sur l'autisme mais de nous aider par tâtonnements à
nous approcher de la vérité.
L'habitude de tout remettre à plat, de tout reconsidérer,
y compris et surtout le langage, fait toute l'originalité
de sa pensée. Cette réflexion à voix
haute nous mène au cœur du problème : l'image
opposée au langage. L'autisme devient une métaphore
pour aborder le cinéma : un film qui est une fête
de l'esprit.
Dimanche 21 mars, 11h
Programme n°19 INEDIT
LA RENCONTRE de Jean-Patrick Lebel
France, 2000, Beta SP, couleur, 79’
Sous la direction artistique de Rachid Akbal
La rencontre entre trois apprenties comédiennes et
de jeunes handicapés mentaux à la faveur d’un
travail théâtral autour du thème du clown.
Au fil de cet échange le plaisir naît furtivement,
de la découverte du jeu, de l’édification
de soi-même mêlée à la construction
d’un personnage imaginaire.
Dimanche 21 mars, 21h
La séance sera suivie d’un débat en présence
du cinéaste, avec la participation de Rachid Akbal,
directeur artistique « Le temps de vivre ».
|