Candy
Darling
http://www.swinginchicks.com/candy_darling.htm
Les avis divergent sur
la date de naissance de James (Jimmy) Lawrence
Slattery dit « Candy Darling ».
Entre 1944 et 1948 en tout cas, mais il faut
croire que l’incertitude fut le maître
mot de la vie de cette superstar car dès
son adolescence, un autre paramètre
important de son existence demeura dans le
flou : son sexe. Pourtant, il/elle assuma
cette ambiguïté assez rapidement,
et étant donné le contexte de
l’époque, on peut difficilement
s’imaginer à quel point cela
témoignait d’un tempérament
solide et d’un courage à toute
épreuve.
Après avoir quitté le nid familial,
Candy Darling se mit à frayer avec
les personnes qui lui ressemblaient. Comme
l’expliqua Andy Warhol, « même
en 1967, les drag queen n'étaient toujours
pas acceptées dans les cercles branchés.
Elles traînaient là où
elles avaient toujours traînées
- à la marge... se raccrochant à
leurs propres cercles - brebis galeuses aux
dents pourries, sentant la sueur, avec du
rouge à lèvres bon marché
et des fringues atroces ».
La rencontre de Candy et Warhol se passe en
1967, après la pièce de théâtre
« Glamour, Glory & Gold »,
écrite en une heure par Jackie Curtis
(ami(e) de Candy) à l’âge
de quinze ans dans le train de banlieue qui
la ramenait à Long Island. Après
la représentation, tout le monde se
rendit au club Salvation, où Warhol
rejoignit Mick Jagger, Keith Richards et Brian
Jones. Candy et Jackie s’incrustèrent
à la table, et le tour était
joué.
Quelques mois plus tard, Candy était
contactée par Warhol pour tenir un
rôle dans Flesh, lequel fut assez convaincant
pour lui permettre de prétendre à
une participation plus importante dans Women
in Revolt, le dernier film auquel Warhol participera
en personne en tant que cadreur, pour la seule
et unique raison que Jackie (aussi présente
dans le film) ne supportait pas que Paul Morrissey
soit derrière la caméra.
En apparaissant dans ces deux films, en particulier
Women in Revolt, Candy Darling fut l’une
des premières drag-queen a révéler
publiquement, non seulement la réalité
de ce mouvement, mais surtout son aspect naturel
et humain, à l’opposé
de l’utilisation commerciale qui en
sera faite par la suite, jusqu’à
nos jours d’ailleurs, dans de honteuses
productions traitant les homosexuels ou les
travestis comme de vulgaires phénomènes
de foire.
Candy Darling meurt d’une leucémie
en mars 1974 à l’âge de
25 ans. Avant de s’éteindre,
elle aura le temps de laisser un mot à
ses amis, qui résumera tout le malaise
auquel elle avait réussi à faire
face sans que personne, ou presque, ne s’en
aperçoive :
« Au moment où vous lirez ceci,
je serais mort(e)13.
Malheureusement, avant ma mort, je n'avais
aucun désir de rester en vie. Malgré
tous mes amis et ma carrière, je me
sentais trop vide pour continuer à
progresser au travers de cette existence irréelle.
Je suis juste fatigué(e) de tout. Fatigué(e)
à en crever, vous pourriez dire. Cela
peut sembler ridicule, mais c'est vrai. »
Dans ce que l’on peut considérer
comme la plus belle chanson de Lou
Reed14, Candy says, il lui
fera dire :
« Candy says, I’ve come to hate
my body, and all that it requires in this
world. »
Puis plus tard, dans ce qui doit être
sa chanson la plus célèbre,
Walk on the wild side :
« Candy came from out on the island,
in the back room she was everybody's darlin'
But she never lost her head
Even when she was givin' head
She says hey babe, take a walk on the wild
side
Said hey babe, take a walk on the wild side
»…
Galerie
de superstars - Billy Name [Suite]
13
La langue anglaise
possède cette faculté de ne
pas faire de distinction entre les sexes,
du moment qu’on parle à la première
personne du singulier. Notre traduction préserve
donc le masculin et le féminin.
14 Sur l’album
« Velvet Underground » (1969)