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Par Troudair
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  • Introduction

  • Qui a réalisé la trilogie Flesh / Trash / Heat ?

  • Notion de performance dans le cinéma de Warhol

  • La Factory

  • Galerie de superstars


  • - Gerard Malanga
    - Edie Sedgwick
    - Brigid Polk
    - Candy Darling
    - Billy Name
    - Le Velvet Underground & Nico

  • Sur Paul Morrissey

  • La trilogie
  • Galerie de superstars - Candy Darling
    New York UndergroundCandy Darling
    http://www.swinginchicks.com/candy_darling.htm

    Les avis divergent sur la date de naissance de James (Jimmy) Lawrence Slattery dit « Candy Darling ». Entre 1944 et 1948 en tout cas, mais il faut croire que l’incertitude fut le maître mot de la vie de cette superstar car dès son adolescence, un autre paramètre important de son existence demeura dans le flou : son sexe. Pourtant, il/elle assuma cette ambiguïté assez rapidement, et étant donné le contexte de l’époque, on peut difficilement s’imaginer à quel point cela témoignait d’un tempérament solide et d’un courage à toute épreuve.

    Après avoir quitté le nid familial, Candy Darling se mit à frayer avec les personnes qui lui ressemblaient. Comme l’expliqua Andy Warhol, « même en 1967, les drag queen n'étaient toujours pas acceptées dans les cercles branchés. Elles traînaient là où elles avaient toujours traînées - à la marge... se raccrochant à leurs propres cercles - brebis galeuses aux dents pourries, sentant la sueur, avec du rouge à lèvres bon marché et des fringues atroces ».

    La rencontre de Candy et Warhol se passe en 1967, après la pièce de théâtre « Glamour, Glory & Gold », écrite en une heure par Jackie Curtis (ami(e) de Candy) à l’âge de quinze ans dans le train de banlieue qui la ramenait à Long Island. Après la représentation, tout le monde se rendit au club Salvation, où Warhol rejoignit Mick Jagger, Keith Richards et Brian Jones. Candy et Jackie s’incrustèrent à la table, et le tour était joué.

    Quelques mois plus tard, Candy était contactée par Warhol pour tenir un rôle dans Flesh, lequel fut assez convaincant pour lui permettre de prétendre à une participation plus importante dans Women in Revolt, le dernier film auquel Warhol participera en personne en tant que cadreur, pour la seule et unique raison que Jackie (aussi présente dans le film) ne supportait pas que Paul Morrissey soit derrière la caméra.
    En apparaissant dans ces deux films, en particulier Women in Revolt, Candy Darling fut l’une des premières drag-queen a révéler publiquement, non seulement la réalité de ce mouvement, mais surtout son aspect naturel et humain, à l’opposé de l’utilisation commerciale qui en sera faite par la suite, jusqu’à nos jours d’ailleurs, dans de honteuses productions traitant les homosexuels ou les travestis comme de vulgaires phénomènes de foire.

    Candy Darling meurt d’une leucémie en mars 1974 à l’âge de 25 ans. Avant de s’éteindre, elle aura le temps de laisser un mot à ses amis, qui résumera tout le malaise auquel elle avait réussi à faire face sans que personne, ou presque, ne s’en aperçoive :
    « Au moment où vous lirez ceci, je serais mort(e)13. Malheureusement, avant ma mort, je n'avais aucun désir de rester en vie. Malgré tous mes amis et ma carrière, je me sentais trop vide pour continuer à progresser au travers de cette existence irréelle. Je suis juste fatigué(e) de tout. Fatigué(e) à en crever, vous pourriez dire. Cela peut sembler ridicule, mais c'est vrai. »

    Dans ce que l’on peut considérer comme la plus belle chanson de Lou Reed14, Candy says, il lui fera dire :
    « Candy says, I’ve come to hate my body, and all that it requires in this world. »
    Puis plus tard, dans ce qui doit être sa chanson la plus célèbre, Walk on the wild side :
    « Candy came from out on the island, in the back room she was everybody's darlin'
    But she never lost her head
    Even when she was givin' head
    She says hey babe, take a walk on the wild side
    Said hey babe, take a walk on the wild side »…

    Galerie de superstars - Billy Name [Suite]

    13 La langue anglaise possède cette faculté de ne pas faire de distinction entre les sexes, du moment qu’on parle à la première personne du singulier. Notre traduction préserve donc le masculin et le féminin.

    14 Sur l’album « Velvet Underground » (1969)

     
    New York Underground 1968-1972 / Fluctuat.net - Dossiers 2003