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Par Troudair
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  • Introduction

  • Jour 1 :
    mercredi 28 mai


  • Jour 2 :
    jeudi 29 mai


  • Jour 3 :
    vendredi 30 mai


  • Jour 4 :
    samedi 31 mai


  • Conclusion
  • Jour 4 : samedi 31 mai

    Journal de Bord : Festival Frictions 2003
    10H00

    Le réveil est quelque peu difficile mais puisqu’il s’agit de notre dernier jour ici, on se fait violence et sortons pour assister à la conférence informelle de Robert Cantarella et Benoît Lambert.
    Les réflexions de la veille semblent étrangement oubliées, sans que pourtant nous omettions de boire le même café que les autres jours dans le même bistrot que les autres jours en lisant les mêmes journaux que tous les autres jours.

    La serveuse, voyant passer un chanteur de rue, lance : « Quelle vie, la vie d’artiste ! Moi je ferai pas ce boulot là ! »

    Nous sourions en nous disant que c’est déjà un grand pas dans la compréhension par le public qu’être artiste ne signifiait pas forcément être oisif, contrairement à ce qu’assènent les médias télévisuels et la presse people à longueur d’année, sans oublier le festival de Cannes au mois de mai.

    On notera aussi que sur toute la communication de Frictions, programmes de salle compris, figurent les lignes : « Ce spectacle ne pourrait exister sans la présence des intermittents du spectacle (…). Leur statut est aujourd’hui menacé. L’équipe du Théâtre Dijon Bourgogne se mobilise et soutient le mouvement pour défendre l’avenir de la création et de la diffusion artistique. »

    Ca méritait d’être signalé.

    11H00 - FAIRE AVEC… (avec Benoît Lambert et Robert Cantarella)

    Il ne s’agit pas vraiment d’une conférence, ni d’un colloque, ni de rien de bien identifiable. Le terme de rencontre serait plus approprié(...).
    >> Lire le compte-rendu de Faire avec... dans la rubrique Scènes

    13H00

    Inutile de dire que cette conférence nous fait prendre des notes et la synthèse que nous en faisons élude de nombreuses digressions, mais à aucun moment nous n’avons pourtant pu trouver de réponses ou d’éclaircissements aux questions qui nous taraudaient depuis le début du festival.
    Au contraire même, ces questions ne se contentaient pas de ne pas être posées, elles étaient d’emblée écartées, nous faisant passer pour des extra-terrestres aux considérations tellement lointaines qu’elles en devenaient hors de propos.
    La viande, même au cœur du théâtre, n’était donc pas à l’ordre du jour. Le corps en revanche, physique et social, était une évidence que rien ne pouvait encore remettre en cause.
    Nous commençons à nous demander si nos fréquentes visites au pub n’ont pas pu altérer d’une manière ou d’une autre nos capacités de réflexion.
    Concluant que de toute manière, si c’était le cas, le mal était déjà fait, nous y retournons.

    16H00 - INVENTAIRE/INVENTION - PATRICK BOUVET

    On connaissait déjà Patrick Bouvet, en particulier pour ses brillantes participations à Inventaire/Invention que l’équipe de Flu avait déjà eu l’occasion de croiser ainsi que pour la mise en scène de l’un de ses textes, SHOT, par Véronique Caye, créé l’année passée à la Ménagerie de Verre (...).
    >> Lire le compte-rendu de la rencontre Inventaire/Invention dans la rubrique Scènes

    17H30

    C’est le moment de partir.
    Nous rejoignons notre ami étudiant et lui faisons part des réflexions qui nous occupèrent pendant le festival.
    Il nous regarde avec des yeux ronds par dessus son demi et même si nos suppositions ne lui paraissent pas totalement stupides, il affirme tout de même qu’il n’y a pas de dialogue possible sans incarnation et de plus que sans cette incarnation, définissant et régissant une part trop importante de notre identité, il est absolument impossible de prévoir, si on est philosophiquement rigoureux, ce qu’il peut dès lors se passer. Autrement dit, la réflexion est prématurée et toutes les conclusions que nous pourrions en tirer ne seront, au regard de la philosophie, que des suppositions sans presque aucun fondement stable.

    La balle est au centre, et nous sommes donc presque revenus à notre point de départ.
    Nous repensons à Deleuze, et à ses rhizomes, ces notions que nous avons entendu si souvent dans la bouche de gens de théâtre, flottant sans jamais devenir les agents actifs de toutes les réflexions entendues.

    Se pourrait-il malgré tout qu’elles nous aient guidées (ou non-guidées) et qu’effectivement, malgré notre acharnement à faire entrer dans notre cadre de pensée les événements de ces quatre jours, tout ça n’avait finalement été qu’une suite de connexions aléatoires et que les notions de début, de fin et de cheminement n’étaient que des vues de notre esprit tentant de restreindre la puissance imprévisible d’un chaos fondamentalement insensé ?

    Si oui, n’était-ce pas aussi le but même du théâtre qui, comme le soulignait Robert Cantarella, « à défaut de posséder le Temps, se devait d’inventer des durées », soit onstruire du sens là où originellement, il n’y avait peut-être rien ?

    Le spectacle aurait-il donc cette fonction de continuer à n’être que durées et non temps, afin peut-être de rester la métaphore de nos vies forcées de se conclure un jour ? Dotés d’un corps spatialement limité à la durée de vie temporellement restreinte, avons-nous créé l’art théâtral afin qu’il nous présente, par la construction et/ou l’expression des formes, un sens fermé nous rassurant dans la conviction que nos destinés aussi ont une cohérence thématique ?

    Et ainsi plus largement, si rien n’avait vraiment de sens, si rien n’était vraiment magique, si tout ne devait être que construction de notre pensée, agencements de données et synesthésies en cascade, alors quel avenir restait-il au corps, objet limitatif par excellence ?

    Devait-il jouer le rôle d’entrave qui empêche la toute-puissance de la volonté et le contrôle total de la donnée, menace dont on pressent déjà aujourd’hui l’imminence ?

    Devant cette masse de questions, nous préférons remettre à plus tard la discussion d’autant que d’autres préoccupations nous attendent. En effet, à cause de ce festival, nous n’avons pas pu prendre de places pour la finale de la Coupe de France de foot qui a lieu ce soir, ce qui est bien dommage, de l’avis de tous, car tout de même, voir le match au Stade de France, ç’aurait été vachement mieux qu’à la télé…

    Introduction
    Jour 1 : mercredi 28 mai
    Jour 2 : jeudi 29 mai
    Jour 3 : vendredi 30 mai
    Jour 4 : samedi 31 mai
    Conclusion

    Conclusion [suite]

     
    Festival Frictions 2003 / Fluctuat.net - Dossiers 2003