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Par Troudair
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  • Introduction

  • Jour 1 :
    mercredi 28 mai


  • Jour 2 :
    jeudi 29 mai


  • Jour 3 :
    vendredi 30 mai


  • Jour 4 :
    samedi 31 mai


  • Conclusion
  • Jour 1 : mercredi 28 mai

    Journal de Bord : Festival Frictions 2003
    17H00

    Nous débarquons du TGV climatisé, balançons nos paquetages sur le quai comme des GI sortants de leur Huey et première impression, étouffante : le soleil.
    Il fait un temps magnifique ici, bien plus agréable qu’à Paris où la terne exposition de Harmony Korine à la Galerie du Jour de Agnès B. avait transformé notre vision de la capitale en tableau sinistre, gris défilés de spectres d’un autre temps se réunissant entre eux, parlant entre eux, vivant entre eux pour se persuader qu’ils n’étaient pas déjà morts. Nous ne regrettons pas d’avoir fui ce spectacle du spectacle pour frayer dans des réseaux un peu moins exposés, quoique tout aussi efficaces, on y reviendra.
    Avant même de voir la première pièce, avant même d’arriver à Dijon, c’était donc déjà de théâtre qu’il s’agissait, et comme vous l’avez déjà compris, puisque le théâtre est dehors et que le dedans recèle des mystères bien plus singuliers, il ne sera pas question ici de journalisme au sens entendu pour la couverture d’un festival résistant indubitablement à la critique.

    17H15

    Première impression, le soleil, et première réaction à cette chaleur anesthésiante, la terrasse d’un café où l’on croise Enzo Cormann (http://www.cormann.net) tout juste sorti d’un colloque sur la transmission des écritures contemporaines. Il était initialement prévu que nous y assistions mais le beau temps, l’arrivée tardive et la durée (7 heures, ouch !) ont achevé de nous décourager.
    On aurait pourtant bien aimé causer de la spécificité de tout ce qu’on appelle « contemporain », de la nature fondamentalement non-dogmatique du sujet et de la liberté associée au refus de l’enseignement que cela contient, mais nous sommes décidément trop jeunes, trop bêtes ou trop arrogants sur l’instant pour nous consacrer à autre chose qu’à la fleur écarlate que dessine sur la table les rayons du soleil passés au prisme du ballon de Mâcon-Village. D’après les commentaires glanés par la suite, on apprendra que le colloque était malgré tout « drôlement intéressant ». On se gardera donc d’en parler davantage de peur de raconter n’importe quoi…

    19H30

    Après une première prise de contact avec les rues piétonnes de la ville et un saut au Parvis Saint Jean, QG du festival, où nous récupérons nos places et pass (20 ridicules euros pour la totalité des spectacles), nous voici maintenant paumés dans une zone para-urbaine étrange où l’on croise, comme dans l’Est de la France, des tanks véridiques en guise de monuments et où les noms des rues piochent sans tourment dans le champ lexical militaire (rue du drapeau, rue du 26e Dragon, …).
    A quelques mètres de nous, une mignonne Twingo s’arrête pour nous demander où se trouve la Caserne Heudelet. Ca tombe bien, c’est là qu’on va aussi. On embarque. Direction : le King Lear de Travis Preston.

    20H30 - KING LEAR (de W. Shakespeare, m-e-s : Travis Preston)

    Dire qu’en France, on connaît peu le théâtre américain est un bel euphémisme...
    >> Lire la chronique de King Lear (m-e-s : Travis Preston) en rubrique scènes.

    00H30

    Après ces 3 heures 30 de spectacle, nous ne nous sentons pas vraiment le cœur à écumer les bars de la ville et rentrons nous coucher, d’autant qu’une rude journée nous attend demain.
    Nous sommes logés chez un ami étudiant qui après une maîtrise de philo, prépare un doctorat d’infocom. Il nous parle de médiologie, de marketing politique et de la superproductivité de Habermas. On discerne les grandes lignes de ce qu’il raconte, et en bons synthétiseurs de pensée, on s’imagine qu’on a compris avant de s’endormir à l’ombre de sa massive bibliothèque.
    Une fois de plus, même si cette information peut paraître superflue, on s’apercevra qu’elle finira par avoir son importance au moment voulu… comme si les rhizomes n’avaient pas de sens, et que finalement, la progression de notre pensée n’était pas régie par le chaos mais par une suite intrigante de coïncidences.
    Tout ça reste encore trop compliqué pour le moment.
    Nous y reviendrons…

    Introduction
    Jour 1 : mercredi 28 mai
    Jour 2 : jeudi 29 mai
    Jour 3 : vendredi 30 mai
    Jour 4 : samedi 31 mai
    Conclusion

    Jour 2 : jeudi 29 mai 2003 [suite]

     
    Festival Frictions 2003 / Fluctuat.net - Dossiers 2003