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[Chiapas, juillet 2002] Quel avenir
pour les Indiens du Chiapas ?
Ce travail photo a été réalisé pendant
le séjour de la Compagnie Icosaèdre au Chiapas, Mexique,
en juillet 2002. Il essaie de questionner la place des Indiens du
Chiapas, et plus généralement celle des minorités
culturelles, dans le monde d’aujourd’hui. Comment se
raccordent les peuples et les cultures de cette région à
la modernité ? Quel espace de vie, quel droit à
la parole, quelle émancipation leur accorde-t-on ? Tojolabales,
Tzotziles, ou Tzeltales, les Indiens de cette région du sud-est
mexicain, médiatisés au moment du soulèvement
zapatiste en 1994, sont toujours dans l’attente de leur devenir.
Nous avons rencontré des femmes, issues de différents
milieux, des artistes, des paysannes, qui ont accepté d’être
photographiées, filmées, et qui nous ont raconté
leur histoire, leur difficulté à faire coexister leur
lutte pour le droit de leur peuple et leur lutte pour l’émancipation
des femmes. Des portraits dans différents groupes ont été
réalisés : les réfugiées d’Acteal
qui survivent à San Cristobal, les femmes de la FOMMA, compagnie
de théâtre de San Cristobal, les tisseuses de la coopérative
zapatiste d’Oventic, les femmes de Bajucu et de Napite, villages
perchés près de Comitan. Des interviews vidéo
peuvent compléter l’exposition des portraits - soit
en projection soit en retranscription. Isabel, de la FOMMA, raconte
comment elle a fui son village et fondé avec d’autres
femmes une compagnie théâtrale ; Maria Roselia Jimenez
parle des conditions de vie dans les villages et de son combat pour
la reconnaissance culturelle des Indigènes ; les femmes paysannes
de Bajucu témoignent de leur quotidien.
C’est à travers leurs regards, parfois durs, parfois
tendres, et ceux de leurs enfants, que l’exposition interroge
cette confrontation « des mondes qui composent le monde ».
Ces femmes incarnent pleinement cette revendication qui veut que
le monde moderne occidentalisé reconnaisse et encourage leur
permanence, l’émancipation de leur société
traditionnelle et par là même l’avenir de leurs
enfants. [Paris, décembre 2002]
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