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avril 1978 : One love Peace Concert à
Kingston : Bob réconcilie pour quelques
heures les factions politiciennes qui déchirent
la Jamaïque
"Emancipate yourself from
mental slavery/ None but ourselves can free
our minds …"
Songs of freedom
Cet événement
marque le retour triomphant de Bob Marley en Jamaïque après l’exil
auquel l’avait forcé la tentative
d’assassinat dont il avait été
la victime. Au-delà de ces retrouvailles
entre le dieu du reggae et ses fans, le concert
est une date historique car elle marque la
réconciliation, au moins symbolique,
entre le Premier Ministre Michael Manley et
le leader de l’opposition, Edward Seaga.
Leur rivalité avait conduit l’île
au bord de la guerre civile, les membres de
chaque camp s’opposant de façon
violente dans les rues de Kingston et des
autres villes de l’île. Seul Bob
Marley était en mesure d’initier
un tel rapprochement. Par son charisme, il
permet au peuple jamaïcain de retrouver
un semblant de paix.
Au début de 1978, deux
sujets de conversations occupaient les Jamaïcains.
Le premier était la pénurie
de produits alimentaires, orchestrée
par les Etats-Unis pour déstabiliser
le gouvernement de Michael Manley. Le second
concernait l’imminent retour sur l’île
de Bob Marley après son exil volontaire
aux Etats-Unis.
Les deux partis du pays, le
PNP (People's National Party) et le parti
de droite, le JLP (Jamaican Labour Party)
avaient constitué des groupes armés
pour porter dans la rue leur opposition idéologique.
Les deux groupes recrutaient des hommes de
main dans le ghetto, où les voyous
étaient prêts à tout contre
quelques dollars. Certains leaders, comme
Claudie Massop pour le JLP ou Bucky Marshall
pour le PNP, commencèrent même
à acquérir un statut de superstar.
L’avion de Bob arriva
à Kingston (aéroport Palisadoes/Norman
Manley) le 26 février 1978. Dès
cet instant, Bob Marley savait que son retour
n’avait de sens que s’il parvenait
à mettre fin à l’escalade
de la violence, qui divisait l’île
et effrayait ses habitants. Heureusement,
le rapprochement avait été initié
un peu plus tôt à Londres, début
février. Lors d’un tournage vidéo,
Bob avait été approché
par des miliciens des deux camps, venus lui
demander s’il accepterait de participer
à un show, le "One Love Peace
Concert", dont l’objectif était
de mettre fin aux rivalités meurtrières.
Le concert connut un succès
qui dépassa toutes les espérances,
d’autant que les médias saisirent
l’occasion pour se pencher sur la situation
politique de l’île. Toutes les
stars du reggae étaient présentes,
dont Jacob Miller, Inner Circle, The Mighty
Diamonds, Trinity, Dennis
Brown, Culture,
Dillinger,
Big Youth et Ras Michael and The Sons of Negus.
Pour marquer le coup, les Wailers décidèrent
de sortir un album dédié à
l’occasion, Kaya.
Pendant le concert, Bob Marley
harangua Michael Manley et Edward Seaga, leur
reprochant de persécuter les rastas
pour leur amour de l’herbe. Il alluma
un joint sur scène, puis leur demanda
de le rejoindre pour se serrer la main, montrant
par leur exemple que le combat politique devait
rester un dialogue entre frères :
"To make everything come
true, we've got to be together, yeah, yeah.
And to the spirit of the most high, His Imperial
Majesty Emperor Haile Selassie I, run lightning,
leading the people of the slaves to shake
hands. . . To show the people that you love
them right, to show the people that you gonna
unite, show the people that you're over bright,
show the people that everything is all right.
Watch, watch, watch, what you're doing, because
. . . I'm not so good at talking but I hope
you understand what I'm trying to say. I'm
trying to say, could we have, could we have,
up here onstage here the presence of Mr. Michael
Manley and Mr. Edward Seaga. I just want to
shake hands and show the people that we're
gonna unite . . . we're gonna unite . . .
we've got to unite . . . The moon is high
over my head, and I give my love instead.
The moon is high over my head, and I give
my love instead."
Pour donner plus de force à
cette réconciliation symbolique, Bob
exhorta la jeunesse jamaïcaine à
travailler pour la paix.
"Yes, the Peace,
is really the Youth of Jamaica started it
really. Asked me to help and get it together,
y'know, knowing that I was one of the victims
during the time of the politics. This peace
work, it don't stop ... it never stop ...
We know it never stop. That mean, we the youth
got a work to do."
Quelques évenements devenus historiques
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