"There’s
a natural mystic flowing through the air/ If
you listen carefully now you will hear/ This
could be the first trumpet, might as well be
the last …"
Natural mystic
A la fin des années
70, Bob apprend qu’il est malade. Atteint
d’un cancer, il sait qu’il ne
lui reste plus beaucoup de temps à
vivre. Il décide de poursuivre son
œuvre, soucieux d’exploiter au
mieux le laps de temps dont il dispose, pour
aider ceux qu’il a toujours défendus.
En 78, la délégation
sénégalaise aux Nations-Unies
attribua à Bob Marley la médaille
de la paix dans le tiers-monde (Third World
peace medal) en remerciement de son influence
en tant qu’artiste au service de la
révolution. Pour le Zimbabwe, Marley
organisa un concert au Boston’ Harvard
Stadium afin de récolter des fonds
pour la nouvelle Nation.
Lorsqu’il rentre d’Harare,
où les Wailers viennent de donner un
concert en l’honneur de l’indépendance
du Zimbabwe, le 18 avril 1980, Bob sait qu’il
est en phase terminale. Il travaille comme
un lion pour mettre au point le journal de
Tuff Gong, son studio d’enregistrement.
Il le baptisa Survival et, malgré l’approche
mystique et les passages consignant "les
enseignements de Sa Majesté",
le journal de Marley faisait l’effort
de toucher les jeunes. Bob Marley termina
sa vie en prenant soin d’aider durablement
les causes pour lesquelles il avait lutté.
Il céda les droits d’auteur de
certaines chansons à une Fondation
dont l’objectif était d’aider
les enfants du ghetto à s’alimenter
correctement (the Hunger project). Il laissa
aussi un Testament en faveur de la cause africaine
:
"I and I made our contribution
to the freedom of Zimbabwe. When we say Natty
going to dub it up in a Zimbabwe, that’s
exactly what we mean, " give the people
what they want " Now they got what they
want do they want more ? " Yes ",
the Freedom of South Africa. So Africa unite,
unite, unite. You’re so right and let’s
do it."
En septembre 80, Bob Marley
donne son dernier grand concert au Madison
Square Garden de New-York, devant 20 000 personnes.
Le jour suivant, il est pris d’un malaise
alors qu’il court un jogging dans Central
Park. Quelques jours après, il a un
nouveau malaise, cette fois lors d’un
concert, à Pittsburgh, au cours de
ce qui devait s’avérer être
son dernier show. Bob lutta plusieurs mois
contre la maladie, un cancer du cerveau, dans
la clinique du Dr. Joseph Issel, en RFA. Il
mourut le 11 mai 1981 à Miami, au cours
d’une escale alors qu’il rejoignait
la Jamaïque pour y vivre ses derniers
instants. Il avait 36 ans. Il fut enterré
dans un caveau à St. Ann, près
de la maison familiale, par sa femme, Rita,
qui l’embauma comme les Égyptiens
et les Africains le faisaient pour leurs rois.
Sa mort fut ponctuée
de célébrations divers. Le mercredi
20 mai fut un jour de deuil national. Une
cérémonie officielle eut lieu
au Stade national, en présence de Sir
Florizel Glasspole, le gouverneur général,
de Michael Manley, le leader de l’opposition,
et d’Edward Seaga, le premier ministre.
Ce dernier annonça l’érection
d’une statue en l’honneur de Bob
Marley, la première du genre, dans
le Jamaica Park. Il conclut en disant "May
his soul find contentment in the achievment
of his life and rejoice in the embrace of
Jah Rastafari". A ce moment, les milliers
de Rastas venus rendre un dernier hommage
à leur prophète acclamèrent
Jah en reprenant en chœur "Rastafari
! Rastafari !". Dans la mort, la société
officielle reconnaissait finalement Marley
et son Dieu.
Agacés par cette
forme de récupération, les Wailers
poussèrent les barrières de
police, prirent le cercueil dans lequel reposait
Bob Marley et l’embarquèrent
sur une camionnette. Ils partirent, suivis
par un cortège incroyable, fait de
bus, de voitures, de motos, de vélos
et de gens courant derrière cette procession
motorisée qui s’enfonçait
dans le cœur de la Jamaïque, en
direction des montagnes natales de Bob. Edward
Seaga, décidé à ne pas
se laisser écarter de l’événement,
se fit transporter par hélicoptère
jusqu’au temple qui devait accueillir
la dépouille. Ce faisant, il arriva
avant tout le monde, évitant le trajet
sous le soleil, au milieu de la foule. La
cérémonie eut lieu dans le plus
grand désordre, une foule de plus de
10 000 personnes priant et chantant pour le
départ du Dieu du reggae, tandis que
les forces de police, à cheval, faisaient
mine de vouloir ramener un ordre que personne
n’entendait troubler.
Quelques évenements devenus historiques