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décembre 1976 : La tentative d’assassinat
de Bob Marley en plein concert ne l’empêche
pas de conclure sa performance mais le contraint
à l'exil
" I have to run like a
fugitive to save the life I live "
Iron Lion Zion
Cet événement
historique témoigne de la violence
endémique qui règne en Jamaïque
et qui conditionne le contexte social, politique
et culturel dans lequel le reggae s’est
développé.
Bob avait accepté de
participer au Smile Jamaica concert, programmé
au National Heroes Park de Kingston le 5 décembre
1976. Bien qu’il se défende de
faire de la politique, Le concert apparaît
clairement comme un soutien de Bob au gouvernement
de l’époque, dirigé par
Michael Manley, le leader du parti de gauche,
le PNPN. L’affiche du concert 'Smile
Jamaica' contenait d’ailleurs la mention
suivante : 'Concert presented by Bob Marley
in association with the Cultural Department
of the Government of Jamaica'. Bob reçut
des menaces de mort de la part des hommes
de main du JLP, le parti de droite, convaincu
que cette publicité faite à
leurs adversaires politiques leur permettrait
de gagner les élections à venir.
Quelques jours avant le concert,
Bob et sa famille sont victimes d’une
tentative d’assassinat à leur
domicile, au 56 Hope Road. Un homme armé
débarqua et se mit à tirer sur
les personnes présentes. Don Taylor,
le manager des Wailers, reçut quatre
balles. Rita Marley fut également blessée
de plusieurs balles. Bob, lui, fut touché
à la poitrine et au bras gauche. Lewis
Griffith, un ami de Bob, fut également
blessé, assez sévèrement.
Heureusement, personne ne fut tué cette
nuit là. Choqué, tous se réfugièrent
dans les montagnes au-dessus de Kingston,
pour se mettre à l’abri. A ce
moment, les Wailers ne savent plus s’ils
doivent participer au concert.
Lorsque le moment de jouer
arrive, c’est le groupe Third World
qui débute le concert, Bob, Bunny et
Peter étant absents. Burning Spear,
également inscrit au programme, n’est
pas là non plus. Attirée par
l’affiche, plus de cinquante mille personnes
s’amassent pourtant sur le lieu de l’événement.
Finalement convaincu de venir par talkie-walkie
– il peut entendre la foule réclamer
sa venue – Bob descend à Kingston
escorté par la police, dans une Volvo
rouge où Bunny et Peter ont également
pris place. Prévenue de l’arrivée
imminente des Wailers, la foule de Heroes’s
Park exulta, donna à l’instant
une profonde intensité.
Lorsque Bob arriva sur scène,
il s’adressa au public pour affirmer
sa neutralité et apaiser les conflits
latents.
"When me decided ta do
dis yere concert two anna 'alf months ago,
me was told dere was no politics. I jus' wanted
ta play fe da love of da people."
Affaibli, incapable de tenir
sa Gibson à cause de sa blessure, Bob
annonça qu’il ne jouerait qu’une
chanson. Sur ce, il entama un set époustouflant
de 90 minutes, ouvert avec War. Heureux, victorieux
et rigolard, Bob quitta la scène en
mimant un cow-boy en plein duel, exhibant
sa blessure puis partant dans une danse africaine.
Après ce succès, Bob s’envola
pour Londres, où il devait séjourner
18 mois, à l’abri des violences
de la Jamaïque.
Quelques évenements devenus historiques
- Love Peace Concert [Suite]