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6/ L'article, le scoop, le reportage, le dossier spécial, la couverture
dont tu es le plus fier sur Transfert ?
Je pense qu'on
a fait un beau boulot quand on a publié le projet de loi sur la
société de l'information, avant que Matignon ne rende ses arbitrages.
Cela a lancé un débat, et a permis de mettre à jour les positions
des différents ministères, et donc de permettre aux associations
diverses de présenter leurs arguments pour éviter les aspects trop
répressifs, trop attentatoires aux libertés publiques. Mais je pourrais
citer un paquet de sujets, car nous sommes le quotidien en ligne
le plus repris par les quotidiens nationaux... Quand on a révélé
que Vivendi avait dû payer 24 MF à Ababacar
Diop et ses associés à cause de Vizzavi, on était aussi assez
contents... ;-)
7/ Question
de fond, sur la ligne éditoriale : les mags comme Transfert donnent
de plus en plus l'impression de faire la chronique des innovations
produits et des faits divers du réseau. Est-ce que la ligne éditoriale
ne perd pas en consistance ? On tourne en boucle sur les mêmes
sujets, devenus des marronniers (la démocratie directe et le net,
la confidentialité, les promesses de la nouvelle économie, etc.)
N'y a-t-il pas un problème structurel de positionnement éditorial
en phase d'accalmie techno ?
Je ne pense
pas que nous tournions en rond. Et franchement, nous n'avons qu'un
papier par jour sur les innovations produits, donc je ne peux être
d'accord avec cette généralisation. Nous continuons à être en veille
sur toutes les innovations et expériences sur l'utilisation des
nouvelles technologies pour la science, la culture, la politique,
etc. Nous ne sommes pas du tout en phase d'accalmie techno :
il n'y a qu'une accalmie économique. Au contraire, de plus en plus
de personnes utilisent les nouvelles technos pour faire des choses
intéressantes. Et celle-ci prennent de plus en plus d'importance
dans notre vie, dans le travail, dans nos activités de tous les
jours. Autant d'occasions de faire du journalisme. Transfert.net
et Transfert magazine ont une vocation de "raconteur". Raconter
ce qui se passe. Pour que chacun puisse en tirer ce qu'il souhaite.
Mon principe est toujours le même, et je pense que Transfert.net
et Transfert magazine y répondent très bien : tout le monde
a droit d'utiliser ou de ne pas utiliser les nouvelles technos,
mais dans tous les cas, il est important de connaître leur impact.
Car nous sommes tous concernés.
8/ Existe-t-il
un modèle de développement durable pour le net à valeur éditoriale ?
Devrait-il bénéficier comme la presse quotidienne ou les autres
domaines artistiques d'aides sous la forme de subventions, de mécénat
?
Sans doute que
cela aidera dans les premières années, mais je ne crois pas à une
activité durable subventionnée. Ce n'est pas logique. Les subventions,
pour moi, sont pour des actions culturelles ou sociales, pas pour
des titres de presse. Un titre de presse doit être équilibré avec
son lectorat (et la publicité, bien sûr). Et je reste convaincu
que nous ne sommes qu'au début de l'histoire des titres de presse
en ligne. Attendons encore quelques années pour leur donner le temps
d'inventer un modèle économique autonome et efficace.
9/ Quelle
est selon toi l'innovation la plus significative de ces dix dernières
années ? Rétrospectivement, en quoi a finalement consisté la "Révolution
internet" ?
Le mail. Il
a changé énormément de choses. En Inde, il permet (via les comptes
Hotmail consultés à partir des cybercafés, très nombreux) de conserver
le contact avec toute la famille pour un prix dix fois moindre que
le téléphone. En France, il a changé la façon de travailler (parfois
en négatif), et permis à certains de quitter les villes pour les
campagnes. Partout, il a multiplié les échanges. J'ai des histoires
d'autistes qui ont commencé à sortir de leur isolement car ils n'avaient
pas peur d'échanger via une machine. Des histoires de personnes
qui ont retrouvé leur famille disparue par des recherches en ligne,
etc. La révolution Internet, c'est le fait de permettre des échanges
autrefois impossibles, de mettre des connaissances à la portée de
plus de monde, de mettre le monde et ses activités (culturelles,
économiques, etc…) à la portée d'un clic. Et ce pour un prix raisonnable
(si on pense aux nombreux points d'accès gratuit, ou quasi gratuits).
10/ Les cinq
sites sans lesquels le web ne serait plus qu'un dédale de sites
inactualisés, de start down et de lucarnes de promotion d'entreprises
en mal de notoriété ? (et pourquoi)
Je ne vais pas
citer Transfert.net, même si cela me démanger... ;-)
Alors disons
:
Salon.com. Un site américain qui essaye de faire du journalisme
intelligent en ligne.
http://www.salon.com
Nationalgeographic.com. Pour rêver sur des images et des histoires
magnifiques.
http://www.nationalgeographic.com
Indymedia.org. Pour savoir ce que pensent et préparent les anti-mondialisations
du monde entier. Parfois très bon, parfois très mauvais. Toujours
intéressant.
http://www.indymedia.org
Minirezo.net. Pour discuter, s'engueuler, s'énerver, approuver
aussi parfois.
http://www.minirezo.net
Killingpablo.com, un véritable essai de journalisme en ligne.
http://www.killingpablo.com
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