6/ Vous venez de la radio, où vous animiez une émission à 20h tous
les vendredis soirs sur FMR à Toulouse et vous semblez être directement
passés au web, sans passer par la case papier. Radio, presse, réseau
internet : Portez-vous un attachement particulier au support
ou cela vous était-il indifférent ? Votre lectorat est-il circonscrit
à la région toulousaine ou le meilleur de l'internationale clarknoviste
est-il disséminé dans tous les endroits stratégiques, aux quatre coins
de la planète ? Quel regard portez-vous de façon générale sur
le web culturel francophone ?
Franck
: Clarknova a connu la radio, la presse écrite et maintenant le
web. Si cela n'avait pas été pour une histoire d'argent encore une
fois, alors nous aurions continué à distribuer des fanzines gratuitement
à travers le pays. C'était un moyen de diffusion beaucoup plus intéressant
et qui pouvait toucher des gens qui aujourd'hui n'ont pas encore
un accès raisonnable à internet. D'un autre côté, internet nous
a permis d'élargir notre "champ d'action" à travers la planète,
et je trouve ça pas mal. En ce qui concerne, le web culturel francophone,
je n'ai pas trouvé de sites particulièrement attractifs mais je
ne perds pas espoir.
Julioff
: La première réponse donne des éléments d'explication. Pour l'auditoire
du site, il semble qu'il y ait des gens de partout (même dans des
pays bizarres comme la Malaisie). Je ne connais pas bien le web
francophone, mais je trouve que compte tenu de la somme d'informations
disponibles, il est dur d'opérer un tri satisfaisant, et l'on trouve
beaucoup de conneries sans nom, ou de sites convenus sans aucune
originalité. J'aime bien votre site, par exemple. :)
7/ Un des
parties les plus actives et les plus réjouissantes du site est son
forum, tour à tour incisif, pertinent et récréatif. Quelle importance
accordez-vous à cette dimension participative, non-hiérarchisée,
du cyberspace ? Etes-vous des habitués des forums ? En
français ? En anglais ?
Franck
: c'est vrai que le forum est une des rubriques qui marchent le
mieux. Il nous permet déjà, à nous Kamarades clarknovistes, de nous
rencontrer et d'échanger, ce qui efface un peu les distances qui
nous séparent. et puis tout le monde se lache et c'est vrai qu'à
la fin cela donne un forum, comme tu le dis si bien, incisif, pertinent
et récréatif. Au tout début, je me baladais sur des forums, mais
beaucoup plus ciblés (forum de musique, cinéma etc....) et finalement
c'était un peu pénible alors j'ai vite abandonné.
Julioff
: Le seuf forum est celui de Clarknova ! Les autres n'ont jamais
existé ! C'est un espace "fourre-tout", qui me fait très souvent
rire, et je dois dire que "maître", mon ami et camarade, a le don
de taper juste. En revanche, je pense que le web est une illusion
de démocratie : on peut crier tant qu'on veut, les échos se perdent
dans les abysses du réseau.
7/ Comment
envisagez-vous dans les années à venir le développement du réseau,
maintenant que la manne de la nouvelle économie s'est tarie ?
Comme un gage de liberté supplémentaire, avec une prolifération
des sites et des échanges, ou comme un espace qui ira en s'appauvrissant
et se rétrécissant, faute de moyens, faute d'initiatives nouvelles ?
Franck
: le réseau pourrait se développer en France s'il n'y avait pas
que 17% des foyers connectés. Là, ça ne va pas en s'améliorant.
Les gens vont se lasser et tout le monde s'en foutra d'internet.
De toutes façons, je pense que beaucoup ont déjà pris des habitudes
et qu'ils ne sont pas prêts à changer (lire ses mails, ensuite acheter
un CD sur le site de la Fnac, télécharger quelques photos de cul
et finir par un tour sur Clarknova et au lit !!).
Julioff
: Je pense que d'ici quelques années, il n'y aura pas un, mais une
multitude, de réseaux qui n'interagiront pas. Je n'ai rien à faire
avec un collectionneur de boites de calendos pas plus qu'avec un
fan de Luc Besson. Aussi, chacun aura son "monde" au sein duquel
il naviguera. Cela dit, des incursions en terre ennemie peuvent
être drôles. L'espace va se parceller, à mon sens, comme une galaxie
dont on ne connaîtra jamais les frontières.
8/ Existe-t-il
selon vous un modèle de développement durable pour le net culturel ?
Pensez-vous qu'il faille qu'il bénéficie comme la presse ou les
autres domaines artistiques d'aides sous la forme de subventions,
de mécénat ? Ou tout son intérêt réside-t-il dans son indépendance ?
Franck
: Si certains ont besoin d'argent pour développer quoi que ce soit
sur le net ou autre, c'est leur problème. Je sais que je n'ai pas
envie de rendre des comptes. Dans le cadre de Clarknova, hors de
question d'avoir des aides, au contraire !! C'est une de nos forces
! Et puis développer quelque chose de culturel sur le net ne coûte
finalement pas beaucoup d'argent, on peut faire des trucs avec juste
un peu de temps et des idées.
Julioff
: C'est toujours le même problème : pauvre et libre ou riche et
dépendant ? Notre site ne demande pas de sommes astronomiques pour
vivre sans pub. Le fait de devoir rendre des comptes me paraît incompatible
avec l'idée que j'ai du site. Bien sûr, si dans un monde idyllique,
les rédacteurs de Clarknova étaient des fonctionnaires d'une grande
agence culturelle nationalisée, je m'engagerais tout de suite. Pour
le moment, il me semble que ce dont a besoin internet, c'est de
l'idée et non du fric.
9/ Quelles
sont, selon vous, les tendances les plus lourdes de la cyberculture ?
Quelle est selon vous, l'innovation la plus significative de ces
dix dernières années ? En quoi a finalement consisté la "Révolution
internet" ?
Franck
: La cyberculture ? un terme pour se faire du fric, ça fait style,
c'est tout. A mon avis, il est incontestable qu'internet, populaire
et accessible, est la grande innovation des ces dix dernières années.
Un nouveau moyen de communication, un accès à des infos plus simple,
des échanges par milliers... C'est sûr, c'est très classe mais cela
ne concerne qu'une minorité de gens, comme nous, ayant un "minimum"
d'argent pour se payer un ordinateur, un modem et une connexion
pas chère. Alors pas terrible comme révolution !
Julioff
: Y-a-t-il vraiment eu une révolution internet ? Dans sa grande
majorité, le net ne fait que reproduire les schémas de la grande
consommation. Ce qui semble intéressant, c'est de pouvoir contourner
ces grosses machines pour avoir accès à des données librement. Ce
côté "sans limite" change le rapport que l'on entretient avec le
monde. C'est aussi la révolution du tout et n'importe quoi, qui
a ses aspects fascinants. L'innovation la plus fascinante de ces
dix dernières années est selon moi la démocratisation de l'image
numérique. Elle permet à tout les clampins de mon espèce de manipuler
des tonnes d'images à loisir.
10/ Les cinq
sites sans lesquels le web ne serait plus qu'un interminable dédale
de panneaux publicitaires et de sites marchands ?
www.yugop.com
www.designershock.com
www.netbabyworld.com
www.dhky.com
www.cmart.design.ru
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