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- Polémique, ludique, hermétique
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1/ Mitraillette
introductive : Qui êtes-vous ? Comment est née le webzine ?
Quelle est la ligne éditoriale de Clarknova ?
Franck
(ouvrier infographiste, "chef" de Clarknova) : Clarknova webzine
est né un beau soir de printemps suite à une discussion grave et
intense avec un Kamarade webmaster qui écrivait déjà dans Clarknova
magazine (version papier, et oui cela a existé !) Comment remplacer
cette version papier, gratuite pour les lecteurs mais trop coûteuse
pour nos troupes ? Réponse : le webzine. Et hop nous avons foncé...
La ligne éditoriale ? Je ne sais vraiment pas s'il y en a une !
Vu la diversité des opinions des clarknovistes qui écrivent, il
est certain que nous ne pouvons pas nous faire valoir d'une ligne
éditoriale. Mais ce n'est que mon avis !
Julioff
: Je suis Julioff. Le webzine est né d'une évidence: après une version
radiophonique (ndlr: sur FMR à Toulouse), puis une version papier
(5 numéros publiés), l'idée d'envahir la toile s'est fait ressentir.
De plus, le comité de rédaction étant disséminé à divers endroits
du globe, la fin justifiait les moyens.
2/ Qui décide
de la ligne "éditoriale et politique défendue par le mag ?
Ya-t-il un Polit Buro dûment organisé ou chacun d'entre vous réagit-t-il
selon ses opinions, ses convictions personnelles ?
Franck
: Il y a bien un Polit Buro "fantôme" à Clarknova composé, finalement,
de tous les membres du webzine. Mais il ne décide pas de la ligne
éditoriale, il dort, mange et boit !! Comme auparavant, avec l'émission
radio, le fanzine papier, les Kamarades sont libres de leurs opinions
et de leurs dires. Avant, il y avait au moins une relecture du fanzine
pour de pas diffuser des milliers de fautes mais maintenant chacun
lance ses chroniques, ses articles de chez lui vers le site et c'est
la surprise. J'ai juste un avantage par rapport aux autres, c'est
que je suis averti par mail que quelque chose de nouveau vient de
sortir sur le site. Dès qu'il y a un problème avec un article ou
autre, c'est toujours sur le chef que cela retombe. Mais bon c'est
un jeu et ça a toujours été comme ça. Certains se détestent, d'autres
sont presque comme des frères. De toutes façons, un de nos points
communs à tous, c'est Clarknova ! Vive Clarknova !
Julioff
: Comme le disait Erich Honecker : "La démocratie, c'est le
bordel". Plus sérieusement, la ligne éditoriale évolue en temps
réel, au gré des ajouts et des goûts de chacun. Il peut arriver
que quelque chose ne plaise pas à tout le monde ; hors cas
graves, nous nous connaissons suffisamment et sommes plutôt souvent
d'accord.
3/ Pensez-vous
que la culture - les sorties, concerts, ciné, plans techno - puisse
être estampillée de "gauche" ? Qu'il peut y avoir une sensibilité
et une lecture politiquement connotée sur des sorties de disques,
de films, des lectures de bouquins ? je pense par exemple à
votre chronique sur Beidgebeder, et "99 francs", qui s'est
montrée particulièrement cinglante contre ce fils de pub passé à
la littérature.
Franck :
De gauche ? Je n'espère pas. De droite, encore moins ! Ah ah ah
!!! Non la culture, en elle-même, n'a pas besoin de tout ça... Les
rédacteurs de Clarknova écoutent, regardent, lisent ce qu'ils veulent
et chroniquent par la suite. Il est certain que, vu les opinions
de certains, ils iront plutôt lire ou voir des choses dont ils sont
proches mais nous ne sommes pas là pour faire l'apologie d'écrivains,
de cinéastes ou de musiciens qui se diraient de "gauche".
L'exemple
de Beidgebeder ? Julioff a lu, Julioff a dit. Si réellement, le
livre avait été bon, il l'aurait dit, le connaissant bien, il ne
se serait pas arrêté au fait qu'il soit un fils de pub passé
à la littérature. C'est pareil pour les disques et les livres, on
aime, on n'aime pas, mais on le dit, même si les autres clarknovistes
ne sont pas d'accord. Et là, nous avons droit à des batailles rangées
durant des soirées mais sans la présence de la personne visée et
moi ça me fait rire... cela fait des années que cela dure.
Julioff
: C'est une excellente question, je vous remercie de nous l'avoir
posée. Mon avis (et qui n'engage que moi) est qu'il faut être prudent
avec ces concepts. Qu'est-ce que la gauche ? Aujourd'hui, les idéologies
sont, pour la plupart des gens de notre génération (25-35), en sommeil.
Pour autant, chacun d'entre nous porte en lui des convictions fortes,
ce qui est mon cas, mais cela ne rentre pas en rapport avec l'échiquier
politique actuel. Pour ce qui est de la culture, car c'est de ça
qu'il s'agit, je pense que le fait de défendre les mouvements underground
renforce, à notre échelle, la diversité de création (voir notre
manifeste pour un art approximatif). Mais on peut cependant aimer
un produit de grande consommation comme un disque de Radiohead ou
un film de Lar Von Triers. Pour ce qui est de "99 fr",
j'ai trouvé ce livre baclé, pas fini et un peu trop poseur. Le thème
était fort, c'est dommage, et il y a quelques passages brillants.
Je ne crois pas, par exemple, que ce soit un livre de gauche.
4/ Quel est
l'article que vous avez publié sur Clarknova dont vous êtes les
plus fiers ?
Franck
: c'est vraiment difficile. Ils sont tous différents. Après, on
est plus attiré vers le style de tel ou tel "rédacteur"... Certains
préfèrent jouer la carte de l'ironie, d'autres se font plus sérieux
et réfléchis. Quelques-uns dépassent les limites, qui ne sont pas
encore fixées et qui ne le seront jamais. Alors le choix est difficile
et pratiquement impossible...
Julioff
: Là aussi je parle en mon nom. C'est une chronique littéraire sur
un livre qui n'a jamais existé. Je me suis beaucoup amusé.
5/ Politique
intérieure : pourquoi cet acharnement contre José Bové ?
Franck
: Qui ? Aaah José !! Non il n'y a pas vraiment d'acharnement contre
José B. C'est un gars de chez nous ! José B est une personne populaire
et incontournable dans le paysage clarknoviste. Et là, c'est pareil,
des kamarades aiment bien et d'autres moins, alors ils ne se gênent
pas.
Julioff
: Peut-on parler d'acharnement? Je suis aveyronnais et j'ai tout
même une sympathie "a priori" pour cet homme. Mais notre rôle n'est
pas d'hurler avec les loups. Il est un peu trop tendance dans les
salons parisiens, je crois qu'il ne maîtrise pas totalement le déferlement
médiatique qui l'entoure. Mais, "volem viüre al pais!"
[ suite de l'interview ]
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