| Pas de cyber sans culture Difficile
de ne pas parler de cyberculture sur fluctuat.net. Paris, ville sur leau, qui
traverse lHistoire en flottant sans jamais couler, est encore un port pour les
boucaniers curieux, les marins encyclopédiques, les artistes sans attaches et autres
navigateurs hâbleurs. De la Sorbonne à la Commune, des Lumières à
lexistentialisme, la ville a longtemps servi de phare aux modernes et aux rebelles.
Même si elle nest plus le centre du monde, la ville reste un lieu privilégié pour
assister aux changements de siècles et à la course chaotique de nos civilisations. Alors
que, comme on dit au JT de 20h00, nous entrons dans lère de linformation, la
coque de noix qui orne le blason de la ville peut encore servir à quelque navigation dans
le cyberespace, pour peu quon souffle dans ses voiles endormies.
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Si
fluctuat.net est bien le lieu pour parler cyberculture, cest aussi le moment. Nous
entrons dans une période où la compréhension technique des nouvelles technologies cède
la place à la réflexion sur le projet politique, social et culturel que nos sociétés
connectées doivent mettre en uvre. Comme le dit le Critical Art Ensemble,
"la nouvelle géographie est virtuelle et le cur de la résistance politique et
culturelle doit simposer dans cet espace électronique". Ni techno-gogos ni
nostalgiques béret-baguette, nous voulons aujourdhui concevoir les modalités
dappréhension et dorganisation du cybermonde.
Attention ! On na pas
lintention de parler modems, bauds ou finesse des tags HTML dans la version 4.0. Si
tous les médias émergents ont connu ces périodes de discours techniques auto-centrés,
nous voulons justement élargir le débat et le centrer sur les préoccupations du monde
réel, en profitant de la démocratisation du média. Un peu à la façon des routiers
avec la CB (Citizen Band). Souvenez-vous : au début, les cibistes
néchangeaient entre eux que des informations techniques sur le fonctionnement de la
CB (style "salut Dédé, passe sur le canal 615, ya moins de friture").
Progressivement, ce mode de communication sest banalisé, permettant
louverture du champ des discussions (style "Dédé, on tattend chez
Monique, le Relais sur la N15, direction Joinville. Ya des moules à midi").
Loutil est là, oublions-le. Parlons
maintenant de ce que nous pouvons en faire, selon une double logique : définir ce
quest le cybermonde et comprendre ce que devient le monde réel, à partir
dune vision héritée de la cyberculture. Comment doit évoluer la démocratie dans
un monde hyper-communicant, entre démocratie directe et démocratie dopinion ?
En quoi lADN informatique et les agents intelligents modifient-ils notre conception
de la vie ? Comment la fréquentation des espaces numériques modifie-t-elle la
psychologie contemporaine et les pathologies associées : schizophrénie,
dépression, paranoïa, narcissisme ? Comment la réalité virtuelle
modifie-t-elle le rapport au corps et la jouissance sexuelle ? La Techno est-elle
anti-fasciste ? Les robots sont-ils nos amis ? A quelle heure mange-t-on dans le
cyberespace ?
Dans cette démarche, nous nous ferons
petits et humbles, cloportes agenouillés face aux théoriciens de la cyberculture :
Alan Turing, Norbert Wiener, Isaac Asimov, Timothee Leary, Pierre Levy, William Gibson,
Philippe Breton ou Gérôme Bonaldi pour nen citer que quelques-uns. Nous ferons
souvent référence à leur pensée pour soutenir notre démarche balbutiante.
En pratique, nous vous proposerons des
articles sur lactualité médiatique, des dossiers thématiques, des critiques
douvrages et un agenda sur les événements à venir. De façon complémentaire,
vous trouverez ici un glossaire de la cyberculture, sorte dEncyclopédie que nous
enrichirons chaque semaine pour formaliser cette idéologie du monde à venir. Nous
comptons sur votre participation pour faire avancer le schmilblick et, conscients que les
joies de linteractivité et de lexpression directe ne suffisent pas toujours
à intéresser les foules abruties par 50 ans de télévision et de tiercé, nous
offrirons royalement des places de spectacles, des CD, des livres, des PC, des voyages et
des voitures de sport à ceux dentre vous qui apporteront leur pierre à
lédifice virtuel. Comme le dit un proverbe indien décrivant la façon dont les
hommes domestiquent les terres nouvelles : "les pionniers prennent les flèches
(dans le dos), les colons prennent la terre". Quant à nous, citoyens de
lInternet, prenons la parole !
K.Z.
NB : pour les cadeaux, un stupide
problème de stock nous met dans limpossibilité doffrir des PC, des voyages
et des voitures de sport lors des premières semaines. Nous remercions pas avance les
grincheux et les maniaques de ne pas nous poursuivre devant les tribunaux pour publicité
mensongère. |