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Cyber Culture
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mots-clefs : moteur / recherche / requêtes / altavista / navigation / organisation du savoir

Aidons les moteurs !
L’Internet ne peut pas résoudre la connerie ambiante

perdu dans la toile

"Je trouve pas ce que je veux ". " On s’y perd ". Une vague de désaffection menace le réseau. Le phénomène mérite une explication. Présenté sur le mode de la pensée magique, l’Internet a laissé penser aux nouveaux arrivants que, d’un coup de baguette magique, ils trouveraient sur le Web tout ce dont ils ont toujours rêvé et que, par une intervention du Saint Esprit, ce savoir mis à disposition opérerait directement pour transformer leur vie. Le fantasme, c’est qu’on va tous devenir des spécialistes de physique quantique en se connectant au site du CNRS. Or, il y a un faussé entre information et savoir, accès à l’information et assimilation des connaissances, construction systématique et personnel d’un monde intellectuel, fait de références, de certitudes, de doutes.

Les moteurs, en particuliers, ne font que ce pour quoi ils ont été conçus (recherche de mots clefs notamment). On vient sur le réseau avec ses armes et ses bagages, il n’y a pas d’égalité. Le con fait des recherches à la con.

95 % des recherches sur AltaVista sont des requêtes simples. Même en simplifiant la navigation sur l’interface et en améliorant l’ergonomie du site, le taux des recherches complexes n’évolue pas. A croire que les requêtes booléennes (restaurant AND poisson), (girls NOT moustache) sont trop compliquées pour le sapiens de cette fin de 20° siècle. D’autre part, le classement des 10 requêtes les plus fréquentes donne à peu près ça (no comment) :

  1. SexGirl

  2. Playboy

  3. X

  4. Penthouse

  5. Netscape

  6. Tits

  7. MP3

  8. Linux

credits : Village Voice

Il existe aujourd’hui tout un ensemble d’outils et de fonctionnalités offertes par les logiciels de navigation ou par les sites eux-mêmes et qui sont délaissés par les utilisateurs. Qui utilise correctement son fichier de bookmarks ? Qui utilise correctement les fonctions de filtres et d’organisation de dossiers dans sa messagerie ? Les fonctions de recherche au sein des sites et, surtout, au sein d’une page ? Les logiciels d’aspiration de site pour consulter peinard, en local, le contenu d’un service ? Les agents qui détectent automatiquement un changement de contenu sur une page, les fonctions avancées des moteurs (comme le datascape), etc. Le tout améliore fortement la qualité et l’agrément de la navigation, en réduisant notamment le temps inutile passé sur le réseau.

L’abrutissement télévisuel a encore de beaux jours devant lui. Le silence éternel des espaces infinis du cybermonde effraie tant le quidam qu’il court se réfugier sur les portails. Une enquête américaine a d’ailleurs montré que les internautes US n’avaient recours en moyenne qu’à 10 sites par mois.

Bref, tout ça c’est filer de la confiture à des cochons. Et encore, les cochons bouffent la confiture, à défaut de l’apprécier. Là, le cochon d’internaute ne profite même pas des outils mis à ses dispositions. Après s’être rendu compte qu’il n’utilisait que 10 % de ses capacités cérébrales (que faire du reste ?), l’homme moderne s’aperçoit qu’il n’utilise les nouvelles technologies qu’à 1% de leurs capacités. Voir la pauvreté hypertexte du Web aujourd’hui : Netscape a inventé les frames en 95 sous la pression des utilisateurs, soucieux de disposer de repères constants, linéraires et hiérarchiques (modèle du sommaire) dans leur navigation.

Arrêtons d’être cons et aidons les moteurs à faire un travail qui reste le notre : organiser le savoir pour structure le monde selon notre volonté.

KZ

 

 

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date de la dernière mise à jour 16/05/00