| retour au N° actuel | |
Ma concierge sur le Web |
|
David Hirschmann est désormais plus célèbre quAndy Warhol. Bien sûr, cela ne durera pas. Lartiste lavait prédit : chacun dentre nous aura ses quinze minutes de célébrité. Sur le Web, aujourdhui, la tendance se confirme sous la forme dune mise au pilori électronique. Tout le monde a entendu parler de David Hirschmann, cet étudiant dHEC pris au piège dun échange de mails méchants entre lui, une jeune camarade et des représentants de sociétés daudit. Laffaire a pris des proportions hallucinantes, débordant le cadre privé et lanecdote initiale. Un site officiel a même été créé par un petit malin, davidhirschmann.com (le site ne fonctionne plus depuis quelques jours). Un type qui sen laisse pas compter a vivement réagi à tout ce bordel, assurant quil sagissait dun " pipo " (je cite mais je ne montre pas, parce que le site a lui aussi fermé. Bizarre cette épidémie de fermetures). La preuve de cette grande supercherie : Hirschmann ressemble étrangement à Tom Cruise (!). Et aime l'omelette bavarienne, c'est Philippe Vandel qui nous l'apprend sur un site où il est en fait question de placer des bandeaux vers des webrings pornos. Une joyeuse pagaille qui se suit comme un polar médiologico-commercial. Un autre site, sur Respublica, propose une revue de presse très complete et suit l'affaire de près (quasiment en temps réel, ce qui est un bel exploit).
Soucieux de sa neutralité, Fluctuat ne souhaite pas prendre parti dans cette polémique internationale. Toutefois, il faut bien tirer les conclusions de cette affaire. On remarque alors quelle comporte tous les ingrédients nécessaires pour occuper le devant de la scène médiatique aux côtés de Star Wars (il paraît dailleurs que David Hirschmann a couché avec Chewbacca) :
Le Web est décidément un réseau puissant pour générer et diffuser des légendes urbaines, ces rumeurs modernes qui servent de ciment noir à notre culture. David rejoint les crocodiles dans les égouts new-yorkais comme figure totémique de nos fantasmes collectifs. Plus étonnant, laffaire Hirschmann révèle que les sociétés occidentales, en voie dunification culturelle accélérée, se transforme en un vaste sitcom dont on naurait pas expurgé les éléments non politically correct. Friends, ça va bien cinq minutes. A la longue, les neuneus trentenaires deviennent gonflants : jamais de dope, jamais de baise, jamais de baston (prévenez-moi si jai raté un épisode). Le public, accro, veut passer à un truc plus dur. Aujourdhui, avec le Web, il la trouvé : un sitcom planétaire avec des vrais gens (des gens présentés comme vrais, en tous cas). On commente les derniers développements de laffaire comme on sesclaffe sur le coup tordu que Chandler a fait à Joey dans le dernier épisode. Les noms prennent une charge émotive et symbolique inédite. Fétichiste et puéril, le cirque médiatique consume les stars de la rue les unes après les autres. Après Monica Lewinsky, David Hirschmann entre en scène.
Nous avons contacté HEC pour savoir si David Hirschmann est bien étudiant à HEC et, le cas échéant, si dhabitude il est plutôt bon camarade. Pas de réponse pour le moment. Simultanément, nous avons posté un mail à David Hirschmann (hirschmannd@hec.fr) pour lui demander sil existait vraiment. Réponses bientôt. |
|