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[ Des-information et Infowar ]

La désinformation au quotidien

le site de Richard Metzger, desinfo.com

 

Comme l’homme moderne s’informe de plus en plus, il est logique qu’il soit de plus en plus désinformé, toutes choses étant égales par ailleurs. Notre démocratie d’opinion a pour carburant des mass media dont le principal objectif est de restituer, à un moment donné, le sentiment général. Tout ça a été dit et redit. Pour les distraits, il suffit de voir Jospin naviguer à vue, au gré des sondages et de l’humeur des éditorialistes vedettes pour s’en souvenir.

 

On a beau le savoir, on ne prête pourtant pas une attention suffisante aux multiples manipulations dont nous faisons l’objet. Rien n’est accidentel et il n’existe pas de quiproquo collectif. En matière diplomatique comme en politique, le concept d’information dominance sert de manuel aux ambitieux de tous poils. Selon cette théorie, formalisée notamment par David Bouden, " il est possible de maîtriser son environnement en maîtrisant l’information ".

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La désinformation classique se transforme ainsi en guerre de l’information (infowar), aux objectifs et au spectre plus larges. Les multinationales, par exemple, entrent dans le jeu. Plus puissantes que la plupart des Etats, elles se battent il est vrai pour des motifs plus sérieux que les quelques hectares de terre dont on fait les Verdun. Derrière les termes plus policés de veille stratégique ou d’infowarning, les entreprises veulent à tout prix maîtriser l’information juste le plus tôt possible et nuire à leurs concurrents en le dotant d’un maximum d’handicaps. D’abord, il convient de les priver de la bonne information. Il est encore plus profitable de les intoxiquer pour qu’ils orientent leurs efforts dans la mauvaise voie. Enfin, les firmes peuvent également être tentées de décrédibiliser leurs adversaires aux yeux de l’opinion ou de certaines catégories (pouvoirs publics, clientèle, etc.).

Plus triviale, la désinformation quotidienne qui produit les passions populaires s’appuie sur la rumeur. Il y a deux ans, Le Monde Diplomatique publia un dossier pour montrer Comment Roubaix est devenue une "ville à majorité musulmane". Vue la persistance de certaines croyances populaires (voir l’histoire du crocodile retrouvé dans les égouts, qu’on peut entendre dans à peu près n’importe quelle ville, pourvue qu’elle soit dotée du tout-à-l’égout), il faut craindre ces phénomènes psychologiques collectifs lorsqu’ils sont politiquement orientés.

A qui profite le crime ?


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