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Cyber Culture
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...Le droit d’être laissé tranquille

Inversement, les pirates informatiques (hackers) sont désignés comme des fauteurs de troubles. Pourtant, leur résistance aux systèmes informatiques " officiels " sert les intérêts des citoyens en garantissant la fragilité de dispositifs qui, sans cela, pourraient offrir le visage effrayant d’un totalitarisme techniciste omnipotent. Le piratage informatique est d’ailleurs fortement lié, sur le plan idéologique et humain, à l’activisme des associations de défense des libertés publiques.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que certaines innovations techniques défraient la chronique, alimentant la méfiance à l’égard des systèmes informatiques. Deux exemples récents en témoignent :

  1. Le nouveau microprocesseur d’Intel, le Pentium III, intégrait initialement un numéro de série (Processor Serial Number, PSN) permettant l’authentification de l’utilisateur d’un PC. Ce projet a provoqué un tollé dans l’opinion internationale, certaines associations américaines suspectant même le gouvernement américain d’en être l’initiateur (Mulder, où es-tu ??). On se souvient, en effet, que les Agences fédérales (FBI, NSA, CIA, etc.) avaient tenté d’imposer en 1993 le principe de la Clipper chip, puce permettant aux détenteurs d’une clef informatique (justice, police, autres) d’accéder via l’Internet au poste d’un individu. Les associations engagées dans le conflit contre Intel se rassemblent sur le www.bigbrotherinside.com, ironiquement nommé d’après le slogan de l’industriel.
  2. Partenaire historique d’Intel, Microsoft a également suscité de vigoureuses critiques lorsque la sortie de son nouveau système d’exploitation, Windows 98, s’est accompagnée de rumeurs concernant l’existence d’une " porte " logicielle permettant à l’éditeur d’interagir avec le poste d’un utilisateur. Ces inquiétudes, dont on ignore encore si elles sont fondées, semblent en tous cas légitimes au regard du poids croissant de Microsoft dans les services en ligne et des procès anti-trust intentés contre l’éditeur.

Vu

Vers de nouvelles formes de personnalisation

Le succès d’Amazon a montré qu’il était possible de personnaliser efficacement un service Web sans connaître l’identité d’un internaute ni solliciter de sa part quelque information confidentielle que ce soit. En effet, Jeff Bezos, le créateur d’Amazon, a inventé un système original de personnalisation, fondé sur le concept des filtres coopératifs. Pour proposer à chaque internaute " une boutique sur mesure ", ce mathématicien rompu aux techniques d’arbitrage statistique a développé un moteur qui, en procédant par association d'idées, recommande des produits à un visiteur en fonction de ses précédents achats et du comportement des clients ayant choisi les mêmes références que lui. L’internaute n’a besoin de donner aucune information sur son compte, qu’il s’agisse de son sexe, de son âge, de ses revenus ou de toute autre information encore demandée aujourd’hui avec avidité par la plupart des sites. L'analyse des données s’effectue en temps réel et le système s'enrichit à chaque nouvel achat. Si, par exemple, l’utilisateur sélectionne l’ouvrage A l’ombre des jeunes filles en fleur, le serveur d’Amazon lui proposera les ouvertures suivantes :

  • Les autres romans d’A la recherche du temps perdu
  • Les autres œuvres de Marcel Proust
  • Les ouvrages critiques sur Marcel Proust et La recherche
  • Les œuvres littéraires de la période 1871 – 1922
  • Les romans français
  • Les romans autobiographiques

Jeff Bezos considère que ce système de filtres coopératifs

date de la dernière mise à jour 16/05/00