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Cyber Culture
 L'article de la semaine
Les Cybercafes

 

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(suite du bordel)

 

N’importe quel ingénieur informatique sait que, pour optimiser le fonctionnement d’un réseau aussi imposant (25 000 postes, des millions de transactions quotidiennes), il faut répartir la charge en désynchronisant les opérations demandées au système. On pourrait par exemple répartir le versement des allocations familiales sur 10 jours pour éviter les engorgements informatiques de début de mois et – incidemment – éviter aux personnes en situation précaire de perdre leur temps dans les files d’attente. Malheureusement, la rationalité technique n’est pas de cette fin de siècle. Au nom de l’indécrottable " égalité des citoyens devant le service public ", toutes les prestations doivent être servies en même temps, partout en France. Les systèmes continueront donc de planter, obligeant les agents postaux à jouer les médiateurs et les pauvres à manger leur poing entre le 1 et le 5 de chaque mois.

Qu’on demande à la Poste et à son système informatique (Keops) d’assumer la gestion mensuelle de la précarité est regrettable. Qu’on lui impose des règles débiles de fonctionnement est effrayant. L’exemple trahit les mécanismes de la décadence :

Les petites pannes révèlent les régressions techniques et scientifiques d’une société.

Les petites pannes révèlent le mépris d’une classe dominante pour ses membres qui souffrent.

ville3000

Les petites pannes conduisent aux grandes catastrophes lorsqu’elle témoignent d’une inversion des logiques de fonctionnement de nos sociétés. Lorsque les principes idéologiques (le service public, la défense nationale, la famille) l’emportent sur les impératifs moraux, sociaux, esthétiques      ou – plus sobrement – sur le bon sens, des jours mauvais se préparent.

Il y a, dans les actions collectives, des dysfonctionnements " normaux ", correspondant à l’expérimentation, au développement scientifique, technique et social. Quand le petit robot de la Nasa se mange une pierre et se retrouve sur le dos à contempler les étoiles depuis Mars, c’est normal, et plutôt marrant. Quand on continue de vouloir faire fonctionner Superphenix contre toute logique (et en violation complète du principe de précaution), c’est un signe de pure régression. 

 

(suite du bordel)