Enfin rassuré après avoir navigué dans les
arcanes hostiles du métro, voici notre internaute
transi au portail de son premier cyber-café : le Webbar.
Voici
un lieu construit comme un site : navigations horizontale
et verticale sont de rigueur. La terrasse ouvre sur
une première pièce puis sur une deuxième [avec le
bar, détail non négligeable d'autant plus qu'il est
dépourvu de cookies] et qui débouche elle-même sur
l'espace principal. Sur la frame de gauche [une fois
n'est pas coutume] il y a l'ascenseur en forme de
colimaçon. Le premier étage atteste de la présence
de nombreuses inbox. Notre internaute retrouve ses
cyber compatriotes en pleine conversation silencieuse,
les yeux dans les yeux avec leur écran, alors qu'à
l'étage suivant un freenaute se perd dans la contemplation
lumineuse de photographies.
Après
cet aperçu rapide des différentes rubriques, il redescend
et s'installe pour entamer un chat et comprendre un
peu mieux ce qui se passe au Webbar.
Le créateur du lieu, Steve Gabison, la trentaine, ingénieur
Sup'Aéro et MBA, décide après plusieurs années sous
les ailes d'Airbus, de lancer en 1995 l'Atelier SA /
Web Bar Paris. L'idée de départ : une galerie d'art
[peinture, sculpture, photographie] point trop coincée
où il serait possible de boire un verre en échangeant
des propos débraillés sur les dernières présentations
du lieu, tout en bidouillant les quelques ordinateurs
mis à la disposition des premiers zartistes intéressés
par le cyber. Un mélange détonnant d'art et de technologies,
le tout dans un café !

Quelques
clics plus tard, le Webbar, à la marque déposée, s'est
augmenté de quelques pages supplémentaires. Il y a le
Webart en 1997, l'association chargée de la programmation
des expositions, uniquement photographiques maintenant,
et dirigé par Barbara. 1999, c'est la créa de Webstudios,
une vraie start-oup avec ses commerciaux, ses graphistes,
ses ingénieurs réseaux, ses développeurs, ses intégrateurs,
ses monteurs, ses réalisateurs… dont les travaux multimédias
[site du FIAC, du Salon du livre, de Bettina Rheims],
musicaux [Cake and Milk, Batofar cherche Londres, Louise
Attaque, ColdPlay, Les Femmes s'en Mêlent] et autres
en imposeraient à plus d'un !
Et
puis, et puis…, il y a l'autre Webbar, "celoui de Mar-sei-llee
" l'année dernière. Conçu sur le même principe que son
grand frère, il est cependant quatre fois plus grand.
Entre eux, ils s'échangent les expositions photos ou
organisent des concerts, en live d'un côté, sur écran
de l'autre. Marianne James a ainsi pu tester une impensable
ubiquité dans une atmosphère toute en réseau.

Le
Webbar, c'est donc bien plus qu'un café : c'est un lieu
d'agitation culturelle. Il y a le DJ qui s'essaye parfois
à des VDJ [Video Jokey] en mixant des sons, des images,
des graphs. Il y eu, au mois d'avril dernier, l'incroyable
performance de Chman, une boîte de Lille, qui associée
à d'autres graphistes européens [Allemands, Italiens,
Anglais] qui a créé en 24 heures, Banja, le premier
jeu conçu tout en flash où les épisodes se déroulent
en temps réel. Après une présentation le lendemain à
Beaubourg, ils sont tous repartis pour se reposer de
leur "vector lounge". Et puis actuellement il y a les
rendez-vous avec le festival d'Avignon jusqu'à la fin
du mois de juillet, les débuts d'un festival de courts,
et toujours les fameuses soirées salsa du lundi. Un
rendez-vous précieux aux salseros qui avec un enthousiasme
certain n'hésitent pas à pousser les tables et les chaises
contre les murs.
Sur
les banquettes vertes émeraudes et les chaises en bois,
il est possible de faire des rencontres devant un cocktail@webbar
[c'est sur la carte !]… C'est là que notre internaute
décidément converti a décidé de rester jusqu'à sa prochaine
virée en milieu cyber.
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