Il était tout animé depuis qu'il avait appris la nouvelle.
Il était cordialement invité à la conférence de presse
programmée à l'occasion de l'ouverture du second espace
easyEverything à Paris. Tout d'un coup il voyait la
vie en orange. La tête haute, le torse bombé, le pas
décidé, il traverse les quelques kilomètres qui le
séparent de la rue de La Harpe. Il distingue de loin
la devanture orange dont il se rapproche promptement.
Il y a des hommes en noir, le téléphone greffé sur
les oreilles. Ils parlent anglais. Bon ! Il réfléchit,
écarte la possibilité du tournage d'un remake de Men
in black qui prendrait lieu et place dans le 6ème
arrondissement et franchit le pas de la porte après
avoir justifié de sa présence auprès du gardien des
lieux, aussi sérieusement cravaté que baraqué. Pas
de risque inconsidéré, l'agneau du réseau file doux.
L'atmosphère
est plutôt électronique à l'intérieur : les journalistes
écrits et audio-visuels sont en place, les managerzzzz
s'agitent tels les ouvrières d'une ruche alors que
les employés peaufinent les derniers détails pour
optimiser l'accueil imminent des internautes en vue
de l'ouverture post-conférence de presse de l'espace.
Tout
le monde en place : le spectacle commence ! C'est
autour de Mister Stelios Haji-Ioannou, Président d'Easy
Group, que tout ce petit monde se rassemble dans une
des salles du easySpace. Les cameramen sont en place,
les dictaphones sont branchés, les appareils photos
armés et prêts à déclencher, les stylos levés, les
dossiers de presse distribués… Au commencement, il
y avait "Power Point", des traducteurs, pour évoquer
la création de ce nouvel espace, ensuite il y eu "le"
discours. Enfin … l'exposé de la stratégie du Groupe
Easy et de l'ensemble de ses activités : le transport
aérien avec "easyJet", la location de voiture "easyRentcar",
le service de comparaison de prix en ligne avec "EasyValue.com"
et puis les débuts prochain de "easyMoney" laquelle
"fournira toute une gamme de services financiers en
ligne, à des prix imbattables".
Impressionnant
! Il y a certainement du talent dans la progression
de cette société créée en 1995 par le fils d'un armateur
grec, alors âgé de 28 ans, à en croire l'exposé des
choix effectués depuis pour "minimiser les coûts"
et le taux de progression de "easyJet" [25 % / an].
Les résultats de la société sont assez déconcertants
et feraient certainement rêvé plus d'un CEO [Chief
Executive Officer, You know what i mean]. Et "easyEverything"
? Elle est la seconde activité du groupe à être créée
[juin 1999] à l'occasion de l'ouverture du plus grand
cybercafé [disons web center] du monde, au centre
de Londres. "EasyEverything" offre alors aux consommateurs
un accès à Internet 24 heures par jour pour seulement
1£. Depuis quatre autres sites ont été ouverts à Londres
et d'autres encore à Amsterdam, Rotterdam, Édimboug
et Barcelone, de plus 60 nouveaux espaces devraient
être ouverts d'ici fin 2001. À Paris, depuis quelques
mois il y avait déjà le easyBoulevard Sebastopol,
il y a maintenant le easyLaHarpe et bientôt le easyChampsélyséees
!

Alors
comment çà marche ? Tout d'abord, il faut acheter
un ticket sur lequel il y un code d'accès, le "userID".
Munit de cette nouvelle identité, le quidam se transforme
en internaute. Trouver une chaise libre avec un coin
d'écran n'est pas toujours chose facile et pourtant
lorsque cela arrive, cela peut être intéressant :
le temps de connexion est calculé au moment de l'achat
du ticket à partir d'un taux variant selon le remplissage
du easySpace. Autrement dit : plus çà ressemble à
une boîte de sardines plus c'est cher et moins y a
de monde au portillon plus çà vaut le détour... si
ce n'est que ces espaces ont été conçus pour être
remplis [rentabilisés] 24h/24. Surfer sur le net revient
sans doute moins cher que dans un cybercafé " traditionnel
" [à échelle humaine] mais les tarifs d'utilisation
de tous les outils informatiques connexes [traitement
de texte, impression, scanner pour les plus courants]
coûtent chers en temps de connexion !
Coude
à coude avec ses voisins, les oreilles bercées de
musiques sirupeuses interrompues de temps à autres
par le leitmotiv enchanteur d'une hôtesse qui lui
rappelle que des "boissons froides, des boissons chaudes,
ainsi que des chips et autres friandises" sont en
mesure de le sustenter [histoire de lui rappeler qu'il
faut aussi manger à easyLand de peur de se déconnecter
de la réalité], notre easyNaute un peu penaud finit
pas shaker ses e[asy]-mails en "slurpant" son easyDrink
!