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Du 31 octobre au 4 novembre 2001, la quatrième édition
du Festival international de science-fiction, Utopiales
2001, se déroulera à la Cité des Congrès de Nantes autour
de deux thèmes : "2001, est-ce la fin de l'odyssée ?"
et "Comment le futur va-t-il construire ou reconstruire
l'homme ?".
Créé
il y a trois ans, ce grand festival de l'imaginaire
a plus que jamais l'ambition de faire découvrir au plus
grand nombre le meilleur de la science-fiction en France
et à l'étranger, aussi bien en littérature, au cinéma,
en bande dessinée, que dans le domaine des arts plastiques
et des jeux vidéo. Flash-back.
En
1998, la première édition du festival crée l'événement,
pendant trois jours, au beau milieu du parc d'attractions
futuriste du Futuroscope, à Poitiers (le festival s'appelait
alors Utopia). En réunissant 140 professionnels européens
(auteurs, traducteurs, directeurs de collection, illustrateurs)
autour de la littérature de science-fiction, elle démontre
qu'un rêve peut devenir réalité, et donc qu'une utopie,
celle d'organiser annuellement un festival "grand public"
autour de la S.-F., a des chances de se concrétiser,
à condition qu'elle mette toutes ses chances de son
côté. Ce qui fut fait, avec l'aide - précieuse - du
Conseil Général de la Vienne et du Ministère de la Culture.
Les invités se sont donc déplacés, parmi lesquels Jack
Vance (récompensé par le prix Utopia pour l'ensemble
de son œuvre), Michel Houellebecq (qui se demandait
visiblement ce qu'il faisait là…), Serge Lehman, Ayerdhal,
René Laloux et Norman Spinrad (c'est un pro : il ne
rate aucun festival) ; en revanche, les visiteurs eux,
n'ont pas vraiment répondu à l'appel, malgré la gratuité.
Des débuts timides et quelques milliers d'entrées n'empêcheront
pas les organisateurs de persévérer dans l'effort.
En
1999, toujours installé au Futuroscope, le festival
Utopia passe à la vitesse supérieure. Débats, cafés
littéraires, expositions, projections de films et animations
multimédia rythment la grand messe européenne de la
S.-F. quatre jours durant. Cette année-là, la S.-F.
allemande succède à la S.-F. italienne. Et, de nouveau,
auteurs et artistes font le déplacement. Parmi eux,
une belle brochette : Brian Aldiss (Prix Utopia), Orson
Scott Card, Bernard Werber, Jean-Michel Truong, Christopher
Priest, K.W. Jeter, Fred Beltran, Wojtek Siudmak et
H.R. Giger. Cette fois-ci, malgré une entrée payante,
les visiteurs et les sponsors affluent, un peu plus
nombreux.
Téléportation.
Pour célébrer à sa façon le passage au troisième millénaire,
le festival s'établit désormais à Nantes, ville natale
de Jules Verne, au sein de la majestueuse Cité des Congrès.
Le festival ne change pas de cap : promouvoir les littératures
de l'imaginaire quelles que soient leurs origines géoculturelles
demeure son objectif principal. Six jours d'aventures,
35 000 mètres carrés de territoires à explorer, plus
de 4 millions de francs de budget… Le festival met les
petits plats dans les grands. Et opère une mutation
en s'ouvrant plus largement sur les autres domaines
d'expression de la science-fiction contemporaine, à
savoir : les arts plastiques, la bande dessinée et le
cinéma. Certains approuveront, d'autres détesteront,
quelques mondains seront sollicités pour soutenir la
manifestation. Les cravates feront donc leur entrée
avec Daniel Toscan du Plantier et Louisa Maurin (leur
sélection de films est un fiasco), quelques stars défraîchies
et un petit parterre de nymphes, sans doute à la recherche
d'une hypothétique Croisette. Les vraies stars de la
S.-F., elles, seront toujours au rendez-vous. Andreas
Eschbach, Terry Bisson, James Morrow, Frederik Pohl
(Prix Utopia), Valerio Evangelisti, Jean-Marc Ligny,
Jean-Pierre Andrevon, Pierre Bordage, Philippe Curval,
Eric Serra, Andrej Zulavski, Philippe Caza, Enki Bilal
et Jean-Claude Mézières, pour ne citer qu'eux, sont
accueillis à bras ouverts par les Nantais. Au total,
le festival enregistrera près de 20 000 visiteurs. On
est encore loin des 50 000 visiteurs du festival Etonnants
Voyageurs de Saint-Malo, mais les chiffres sont là :
en nette progression, sans que la qualité de l'événement
ne soit sacrifiée.
Cette
année, le festival, résolument tourné vers l'international
(la France, la Russie, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie,
le Danemark, la Suisse, le Mexique, les Pays-Bas, le
Royaume-Uni, la Jamaïque, les Etats-Unis et la Pologne
sont représentés - excusez du peu !), accueillera près
de 60 auteurs (Brian Aldiss - auteur de la nouvelle
dont est inspiré le film A.I., Christopher Priest, Mike
Resnick, Octavia Butler, notamment) et consacrera une
large place à la littérature "jeunesse". Présidée par
le réalisateur Marc Caro, la section cinéma présentera
quant à elle une trentaine de films (parmi les inédits
: Avalon, Stranded, Mutant Aliens, Series 7), un hommage
à Stanley Kubrick, Shinya Tsukamoto et Mamoru Oshii,
ainsi qu'une très bonne sélection de courts-métrages
et de films publicitaires, toujours liés à la S.-F.
Le monde de la BD ne sera pas en reste, avec la dédicace
de 22 auteurs (dont Juan Gimenez, Olivier Vatine, Crisse,
Le Tendre, Gess, Duval, Rabarot, Morvan, Buchet et Blanchard).
Enfin, la section "arts plastiques" offrira un panorama
des illustrateurs français les plus en vogue - six expositions
en tout, et huit jeux vidéo seront présentés par leurs
éditeurs respectifs, dont quatre en avant-première (Dune,
Silent Hill 2, Starship Titanic, Schizm). Au final,
plus de dix prix récompensant écrivains, dessinateurs,
éditeurs, réalisateurs et illustrateurs seront remis
à l'issue de ce festival devenu incontournable - le
plus important en France, si ce n'est en Europe et dans
le monde.
Cyril
Cavalié
"Le
genre est mort, vive le genre !" (dixit Enki Bilal).
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