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L'avenir du sexe en ligne me semble tout tracé. Pas
besoin d'études de marché, d'analyses stratégiques ou
de matrices marketing pour cerner l'enjeu. Dans une
société hyper-sexuée mais bourrée de phobies, le cybersexe
ne peut que cartonner. Chacun trouvera un moyen d'exploiter
à bon compte les usages naissants, même ceux qui ne
goûtent pas encore les plaisirs électroniques. Pour
un jeune homme sain comme moi, par exemple, le plus
excitant, c'est surtout de penser à toutes ces nanas
qui se masturbent devant les sites pornos, les magazines,
les films et tutti quanti. J'aimerais bien en rencontrer
quelques-unes, je les imagine belles et lascives, libérées
et exigeantes, cérébrales et volontiers salopes. L'émotion
m'étreint rien que d'y penser.
Attention,
quand je parle de cybersexe, je ne parle pas de la multitude
de sites plus ou moins glauques déjà disponibles sur
le réseau. Pseudo portails aux mille promesses, sites
persos d'exhibitionnistes aussi nuls en orthographe
qu'en design, films de mauvaise qualité, forums peuplés
de tristes sires qu'on dirait sortis d'un roman de Houellebecq,
applications débilo-trash en tous genres, couleurs criardes,
chatte béante en gif animé, hot hot hot viens-me-baiser-j'aime-sucer.
Le
problème ne se limite d'ailleurs pas au Web. Nous pouvons
affirmer sans crainte d'être démentis que, globalement,
les supports et les contenus existants dans l'industrie
du porno sont nuls. Ici ou là, évidemment, on peut trouver
en cherchant bien une revue érotique haut
de gamme, une excitante encyclopédie
des fantasmes, des galeries
de photos carrément bandantes, une superbe blonde.
Le problème, c'est qu'on tombe la plupart du temps sur
des services de très mauvaise qualité, rappelant les
étals malodorants des poissonniers les moins scrupuleux,
ou reproduisant les ghettos communautaires (vous voulez
une brune, une rousse, une asiatique, une femme entre
deux âges, une adolescente, une "fat and sexy" ?).
Du coup, le jeu perd de sa saveur. Et encore, ces classifications
ne constituent pas le pire travers des sites porno.
Comme les films, ceux-ci souffrent surtout d'une mise
en scène défaillante, de décors approximatifs et de
dialogues souvent pauvres.
L'autre
jour, scotché devant ma télé câblée, porté aux limites
de la conscience par l'absorption des substances sans
lesquelles l'abandon à la télévision n'est pas possible,
je tombai sur cette chaîne d'une médiocrité à pleurer,
XXL.
Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit d'une chaîne
qui parle de bagnoles dans la journée, et de cul la
nuit. Là, sous mes yeux ébahis, un pilote d'hélicoptère
prenait par derrière et contre l'hélicoptère une demi-belle
à la peau flasque habillée d'un uniforme kaki. Le pilote
n'avait pas pris le soin de retirer le casque intégral
qui cachait son visage, sans doute pour signifier que
son désir était trop ardent pour que sa résolution ne
puisse être différée d'une minute. La demi-belle ne
s'en formalisait pas puisque, comme elle nous l'apprit
dans un râle rauque, c'était sa bite qu'elle voulait.
Même en forçant, il me fut impossible d'utiliser ce
stimulus audio-visuel pour me livrer à ce petit exercice
solitaire que la scène semblait favoriser.
Pour
le dire autrement, faut être particulièrement indulgent,
niais ou pervers pour jouir des médiocres nourritures
fantasmatiques servies par la presse spécialisée, les
cyber-maques et autres producteurs prognathes, fussent-ils
candidats aux Hots
d'or. Va falloir que ça change, et fissa ! Bien
sûr, y'a du boulot. Mais, globalement, j'vois pas l'intérêt
d'aller se faire chier sur Mars si déjà on n'est pas
capable d'organiser des services pornos qui tiennent
à peu près la route. C'est pas la peine d'aller terraformer
des planètes hostiles tant qu'on aura pas réglé la misère
sexuelle qui règne sur cette pauvre Terre. Heureusement,
les pistes ne manquent pas : il faut cloner les bonnes
meufs et les meilleurs étalons, améliorer les
technologies et les interfaces homme-femme-machine,
créer des écoles de formation aux métiers de la baise
en ligne, subventionner à gogo tout ce que la France
compte de talents pour relever le niveau des scénarios,
des dialogues, des mises en scène et des tournages.
Peut-être devrons-nous aussi nous résoudre, enfin, à
financer un plan de restructuration de l'industrie du
X - comme l'Etat le fit pour la sidérurgie ou les chantiers
navals.
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Introduction
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Technologies orgasmiques pour aventuriers sexuels
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