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Les trois lois de la robotique
Source : Le cycle des robots, Isaac Asimov

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Les hommes ont une peur instinctive des créatures mécaniques ou robotiques. Le mythe fondateur de Frankenstein et les figures modernes de HAL (l’ordinateur de 2001, l’Odyssée de l’espace) ou du Terminator illustrent l’angoisse de voir des artefacts se retourner contre leur créateur.

La science-fiction a abondamment exploité cette culture phobique. Le terme "robot", lui-même, se veut péjoratif à l’origine. Il apparaît en 1920, dans une pièce de l’écrivain tchèque Karel Capek. Robota, en tchèque, signifie "travail forcé" et la pièce, intitulée Les robots universels de Rossum mettait en scène une usine de robots, qui finissent – vous l’aviez deviné – par se révolter. 

Isaac Asimov inventa dans les années cinquante les Lois de la robotique, ouvrant la voie à un nouveau courant de littérature SF, où les robots sont invariablement les amis et les serviteurs de l’homme. Pour mettre au point ses lois, Asimov imagina les garanties dont l’humanité devrait s’entourer lorsqu’elle développera massivement la science robotique :

1) Un robot ne doit pas causer de tort à un humain ou, restant passif, laisser un humain subir un dommage.

2) Un robot doit obéir aux ordres d’un humain, sauf si l’ordre donné peut conduire à enfreindre la première loi.

3) Un robot doit protéger sa propre existence aussi longtemps qu'une telle protection n'est pas en contradiction avec la première et/ou la deuxième loi.

Dans ses romans et nouvelles, Asimov s’amusera à mettre en pratiques ces règles, imaginant toutes sortes d’aventures où les robots mis en scène sont soumis à des paradoxes ou des situations incongrues.

Plus tard, Asimov ajoutera une loi supplémentaire, prépondérante par rapport aux trois lois initiales et étendant la portée de la première : un robot ne doit pas causer de tort à l’Humanité ou, restant passif, laisser l’humanité subir un dommage. En effet, dans certaines circonstances, aucun homme n’est directement mis en danger à court terme alors qu’un phénomène mortel pour la communauté humaine peut avoir été mis en branle (exemple de la pollution …). On retrouve dans cette démarche l’optimisme technique hérité des mathématiciens et cybernéticiens qui inventèrent l’informatique. Asimov était d’ailleurs proche de Von Neumann et Norbert Wiener, les inventeurs de l’ordinateur, et il éprouvait le désir de proposer aux ingénieurs des outils conceptuels concrets pour les aider dans leurs recherches. En cela, les Trois Lois de la Robotique constituent une sorte de Code de déontologie pour les inventeurs de machines intelligentes.

Les Lois d’Asimov font désormais autorité dans le domaine robotique et dans le monde de la SF. Dans Les racines du mal, Maurice Dantec fait allusion à ce corpus théorique : sa neuro-matrice est programmée en tenant compte de ces bonnes vieilles règles, qui interdisent aux ordinateurs avancés de causer du tort aux humains.

Kz

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>> Pour en savoir plus 

Le dossier de Libération sur les robots : http://www.liberation.com/objets2000/index.html

Les robots, ambassadeurs de la Terre (seront-ils conscients?)
article de Norman Spinrad paru dans Libération (9/10/1999)

Botspot : le site des logiciels intelligents

En ce moment :
Exposition sur les robots à la Fondation Cartier, jusqu’au 14 novembre 

 

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