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Il est un nouveau média qui nen est
pas tout à fait un, et des médias anciens, traditionnels, reconnus,
qui se penchent au chevet du jeune babillard, mi-horrifiés, mi-fascinés.
Des médias, télévision, radio, presse, qui fustigent un espace de
non-droit et décrivent un océan virtuel où pirates et gros
armateurs se partageraient les subsides dune économie quils
nomment nouvelle. Nombre de reportages, dossiers, articles, sur les
jeunes pousses de léconomie et sur lEnfer de la pédophilie et
du racisme assistés par ordinateurs viennent étayer le propos :
Internet est un miracle qui fascine, crée des millionnaires et rend
fou.
Ainsi
le dernier ouvrage de Daniel Schneidermann, Les folies dInternet
(Fayard), recueil des articles parus dans le Monde cet été. Notez le
I majuscule. Divinité moderne, Internet est lobjet de cultes et de sacrifices ultra-ritualisés auxquels
cette odyssée numérique nous convie. Le problème,
et Daniel Schneidermann le relève lui-même, cest quon ne sarrête
pas sur le web comme on peut sarrêter sur les images de la télé :
on ne pense pas internet. Que peut-on en dire, dès lors, puisquil
faut en parler, puisquon ne peut décemment passer sous silence un
tel phénomène ?
Le spécialiste
des médias que prétend être Daniel Schneidermann a donc choisi le récit
de voyage pour rendre compte de sa brève expérience sur le réseau
des réseaux. Sexe, bourse, hackers et belles webcamées
Les
anecdotes se succèdent pour le plus grand plaisir du profane, à qui
lon donne loccasion de toucher la divinité, comme pour celui de
linternaute, qui y voit une reconnaissance de son culte. Mais
comment Daniel Schneidermann a-t-il réussi limpossible voyage, en si
peu de temps, avec une telle clairvoyance des processus compulsifs liés
au web ? Pierre Lazuly, sur son site Les
Chroniques du Menteur, donne une première
explication en racontant sa rencontre parisienne avec le journaliste
du Monde. Ayant inspiré de manière évidente la rédaction de létape
Clust, M. Lazuly regrettait ensuite, toujours sur son site, de ne pas
être cité par larticle de M. Schneidermann, qui lui promettait
cependant dans un « droit de réponse » quelque peu méprisant
un meilleur avenir lors la parution de ses écrits en librairie.
Malheureusement...
(suite de l'article)
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