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Les coins des experts |
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17.05.00
>> Le coin des experts :
Du B-to-B au C-to-C
Le B-to-B (« business-to-business », prononcez
bitoubi) a le vent en poupe. Réputé plus rentable que le B-to-C (« business-to-consumer », prononcez bitouci), le B-to-B
désigne lorganisation de relations fonctionnelles et commerciales entre entreprises sur le Web. Avec les
nouvelles technologies de linformation, les façons de travailler et de développer une activité au sein dun
secteur dactivité donné se modifient en profondeur. Tout ça, on le savait, et les experts tablaient sur une explosion
des projets B-to-B dans les prochaines années. Or, des voix sélèvent à présent pour corriger cette perspective :
lavenir ne serait pas au B-to-B, mais au C-to-C. Quezaco ? Une précision dabord : le C-to-C ne désigne pas ici le
« Consumer-to-Consumer » (si si, ça existe, voyez les sites denchères), mais le « Competitor-to-Competitor ».
Le C-to-C désigne ainsi des plates-formes de e-commerce regroupant des concurrents ayant décidé de sassocier
pour la gestion de leurs fournisseurs. Dans lautomobile, par exemple, General Motors, DaimlerChrysler et Ford ont
annoncé, en février 2000, leur décision de gérer ensemble leurs commandes de matières premières et de fournitures
diverses (pièces automobiles, moteurs, etc.). Cest pas parce quon est concurrent quon ne peut pas se mettre
daccord pour faire baisser les prix en amont de la construction des voitures ! Les Anglo-saxons, en avance
dans les affaires comme dans linnovation linguistique, ont même inventé un mot pour désigner ces nouvelles
pratiques : la coopetition, mot-valise forgé à partir des termes « coopération » et « compétition ». Cest une jolie
trouvaille, qui fonctionne parfaitement en français. Les organisations performantes, dans la nouvelle économie,
sont ainsi censées savoir faire la distinction entre les situations où elles doivent se battre contre leurs
homologues et celles où elles doivent faire copain-copain pour un tirer un bénéfice mutuel. Ici, lenjeu est évident :
gérer des volumes supérieurs pour avoir un impact plus important sur les prix, les conditions de fabrication, de
paiement et de livraison. Dans tous les secteurs dactivité, de la chimie à lénergie en passant par le textile et la
sidérurgie, des projets similaires apparaissent. Dans ce paysage mouvant, il vaut mieux être donneur dordres que
fournisseur. Les alliances actuelles ressemblent en effet aux keiretsu japonais, ces groupements industriels
organisés autour et pour le compte des grandes entreprises, qui disposent au travers de ce dispositif de la
puissance nécessaire pour structurer à leur guise un secteur dactivité. Le modèle peut savérer dangereux : on
commence par pressurer les fournisseurs et on finit par se mettre daccord sur le prix de vente final, comme le firent
naguère les grandes firmes françaises du BTP. Sans parler dentente illicite, cette tendance peut assez rapidement
conduire à des situations oligopolistiques (quarrive-t-il au fournisseur qui, pour une raison ou une autre, ne parvient
pas à être référencé sur la plate-forme de e-commerce gérée par les trois mastodontes de lindustrie
automobile ?). La mode actuelle du C-to-C prouve que lInternet, en passant sous le contrôle des conglomérats
industriels, peut aussi servir à renforcer les positions dominantes et à gélifier les marchés.
Pour en savoir +, lire un article du
Standard sur ce sujet.
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mercredi 1er mars 2000
Avec UareU, mettez le
doigt dans la serrure
La sécurité est devenue une des
principales préoccupations des internautes et des gestionnaires de services en ligne. Les
premiers craignent dêtre espionnés, dépossédés de leur numéro de carte bleue
ou violés sur leur clavier. Les seconds craignent que ces craintes ne tuent le petit
commerce électronique. Le couple login/password associé au cryptage SSL (le petit
cadenas qui se ferme sur les navigateurs quand vous entrez dans une zone sécurisée) ne
semblent pas suffire à conjurer les phobies sécuritaires. Pour rassurer tout le monde,
la société Alphasys a imaginé un
système de protection des accès aux PC et aux sites qui repose sur la reconnaissance des
empreintes digitales. La société se présente comme " le spécialiste de la
sécurité des réseaux et des personnes ". On aurait aimé que lordre des
priorités soit inversé, même si la raison commerciale nous pousse à la compréhension.
Pour linternaute, lintérêt est majeur : il nest plus utile de
mémoriser 247 codes secrets pour naviguer sur le Web, et la sécurisation des accès
gagne en performance. Ce périphérique coûte 990 francs, vite amortis pour les
paranoïaques, les days traders et les familles nombreuses, où les habitudes de surf
peuvent créer des drames domestiques (" qui se connecte sur asiangirls.com ? "). |
mercredi
23 février 2000
10 choses que je hais dans le Web
business
Dans son édition du 2 février, Emarketnewsletter attire
lattention de ses lecteurs sur une chronique désopilante de Sean Carton,
éditorialiste de lexcellent magazine Web Clickz.com. Corrosif, Sean Carton livre les 10 choses quil déteste le plus entendre et voir en ce moment,
dans lindustrie du Web. Le propos rassureront ceux dentre vous qui pensent
être tombés dans la quatrième dimension, suite à une fausse manuvre de votre
browser. La folie du Web produit un torrent de hype et de jargon auquel il est impossible
déchapper :
"Everywhere you turn - and every time you turn on the TV - the hype
about e-commerce and e-business comes faster and more furious than a horde of sugar-crazed
pre-teens at a "Free Pokemon Day" in the mall."
1. La définition
de l'eCommerce. Tout devient eCommerce. Tout le monde se prend pour Amazon dès
quil a monté un formulaire CGI sur son site.
2. E-Everything.
Pour être dans le coup, mettez un " e " devant tout ce que vous
faîtes. Les jargonneurs ont le vent en poupe.
3. E-Stratégie.
Les Citizen Kane autoproclamés du Web commencent à être légion. Cest pain bénit
pour les hagiographes et les flagorneurs de tous poils.
4. Tout le monde
est devenu consultant ! Ya-t-il encore quelquun qui fasse un autre
métier ? Certes, les entreprises ont besoin de beaucoup de conseils pour trouver
leur voie sur le Web, devenu de plus en plus complexe. De là à transformer la moindre
écriture de javascript en " mission de consulting "
5. L'ère des
partenaires. Tout le monde veut devenir " partenaire " de
quelquun dautre. Généralement, le partenariat consiste à vous vendre un
maximum de choses avec le sourire, ou à vous faire bosser gratos. Si en plus ce
partenaire vous aborde en imperméable à la sortie de lécole, méfiez-vous
vraiment.
6. La meilleure
position dans les moteurs de recherche. Etre correctement référencé est devenu
un challenge bien plus éprouvant que le Raid Gauloise. Pour sen sortir, mieux vaux
apprendre les techniques de survie dans le cyberespace que de croire les bonnes fées qui
vous promettent, contre une modique somme, un référencement en première page de
résultats des " 50 000 " principaux moteurs et annuaires (pourquoi
pas 274 000 tant quon y est ?).
7. Pure play.
Etre pure play aujourdhui, pour une société, cest le top du
hype. Littéralement, cela signifie que les sociétés se veulent "purement
virtuelles". Quid des locaux pour abriter les serveurs et les gens qui les
nourrissent de data ? Quid des infrastructures logistiques de distribution ? Le
pure play, ça ressemble aux plus belles escroqueries hollywoodiennes (quand
le héros arrive dans des bureaux vides, le lendemain de la conclusion dun gros
deal, signé au milieu des machines et des travailleurs en pleine activité).
8. Les conseils
en marketing qui pensent être devenus des génies techniques du web. Faire face à
des gens qui outrepassent leur champ d'expertise, ça peut être très marrant dans les BD
(cf. Dilbert) ou très agaçant dans
la vraie vie (ex : " on va personnaliser lapproche client en
développant un middleware transactionnel en ASP sous Linux ").
9. Les
techniciens du web qui se prennent pour des conseils en marketing. Même chose que
plus haut, mais dans lautre sens (ex : " On va proposer une
bibliothèque de plug-in pour attirer les gens ").
10. Qui sait ce
que signifie le "branding" ? La marque, cest super important pour
prétendre jouer un rôle sur le Web. Problème : les start-up tendent à confondre
martèlement publicitaire et développement dun service de qualité, seul vecteur
marketing viable sur le moyen terme. Répétez en chur " Tchou-Tchou.com
est le meilleur " finit par taper sur le système quand les temps de connexion,
le design, les délais de livraison ou le contenu éditorial sont moins bons que dans la
supérette du coin.
Finalement, cet agacement en 10 points
est assez rassurant, puisquil montre que la France nest plus en retard
sur les Etats-Unis : nous utilisons le même jargon et subissons la même fièvre
liée à lexplosion du e-business ! |
Mercredi
2 février 2000
WAPWAPWAP
Promis juré, disent les experts et les
industriels du Web, lannée 2000 consacrera lInternet sans fil sur supports
personnels. Cette (r)évolution est permise par le développement du protocole de
transmission de données WAP (Wireless Application Protocol). Il permet
denvoyer des messages, ou des pages Web, sur des téléphones portables, des
ordinateurs de voiture, des Palm Pilot et bientôt toutes sortes
dappareils électro-ménagers et de matériels Hi-Fi. Plein de bonnes fées se
penchent actuellement sur le berceau du Wap, pour gérer les flux, les terminaux, les
serveurs ou les contenus.
Comme dhabitude, cette phase de
développement est propice à la multiplication des idées et des projets, des plus
loufoques aux plus excitants. Loufoque : gérer son compte (soyez averti de tous vos
mouvements de compte en temps réel !). Excitant : prise de rendez-vous
automatique avec les top models des spots de pub LOréal (oui, il sera bientôt
possible déchanger des messages Wap entre la télé et un GSM). Parce que je le
vaux bien.
Tout sur le Wap
http://www.univ-lille1.fr/
http://www.solcities.com/
http://services.worldnet.net/ |
mercredi 19 janvier 2000
Une touche humaine pour améliorer les sites Web
Interactivité, temps réel, agents intelligents,
révolution cyber
Devant tant de technologies, linternaute lambda semble
fatigué, déboussolé, énervé. Evidemment, cest pas bon pour laudience, ni
pour le commerce électronique. Du coup, de plus en plus de sites se mettent à employer
des correspondants humains, capables dintervenir à tout moment pour aider le
visiteur dans sa démarche. Ils peuvent lui adresser directement une page, même à partir
dune requête approximative ("hé, banane, il est où larticle sur
Krudoft et Workmaister ?"), répondre à une question, faciliter un achat ou
débrouiller un problème technique. Ces correspondants peuvent intervenir via une
messagerie en temps réel, une fenêtre de vidéophonie, un canal de téléphonie IP ou
tout autre dispositif de communication en ligne. A terme, les centres de support Web
devraient fusionner avec les centres dappel téléphoniques, de plus en plus
utilisés par les entreprises. Déjà, des opérateurs spécialisés se positionnent sur
le créneau du support humain pour sites Web, comme la société Liverperson aux Etats-Unis. Webhelp, Expertcity (spécialisée dans le
domaine informatique), PeopleSupport
ou SiteBridge se proposent
également de chouchouter les internautes pour le compte des opérateurs de services Web.
Liveperson vient par exemple dannoncer la signature dun partenariat
avec le site Playboy.com, dont il gérera les contacts en ligne. Où sarrêtera
le développement de ces solutions ?
En somme, les services en ligne
réinventent les relations humaines pour faciliter ladoption des systèmes
électroniques. Lhistoire rappelle ce sketch où Alex Métayer évoque cette
formidable avancée technologique quest le magnétoscope à commande vocale. En
loccurrence, lorsquun programme lintéresse, il commande à son fils de
lenregistrer !
Tout cela est sympathique, mais il faut
espérer que le Web ne connaîtra pas un appauvrissement de ce canal humain, comme dans
les administrations ("parlez dans lhygiaphone" chantait Jean-Louis Aubert
pour se moquer des ronds-de-cuir kafkaïens). Si lobsession de la productivité et
la banalisation des tâches rendent les contacts avec des correspondants Web aussi peu
humains que le moteur dAltaVista, les internautes les rejetteront. A cette date, les
robots et les serveurs vocaux seront dailleurs suffisamment sophistiqués pour
prendre le relais. |
Mardi
21 décembre 1999
Le Web coince la bulle
La prodigieuse progression
des valeurs Internet en bourse commence à affoler les observateurs. Tous craignent une
faillite en chaîne des start-up, ces entreprises de haute technologie financées par les
marchés financiers en perspective dhypothétiques profits futurs (quand la nouvelle
économie aura définitivement remplacé lancienne). Pour linstant, tout
va bien : lInternet connaît une croissance explosive, le monde se connecte à
tout va, les consommateurs prennent lhabitude dacheter des biens et des
services en ligne, les annonceurs achètent de lespace publicitaire sur le Web, etc.
Les nouvelles technologies de linformation favorisent une croissance soutenue dans
les pays occidentaux, avec un chômage en baisse et une inflation contenue.
Linquiétude naît du fait que
les observateurs soupçonnent les industriels du Net de se préoccuper davantage de
plus-value directe que de leur métier à long terme (que vais-je vendre ? comment
mon service transformera-t-il la vie quotidienne des internautes ou lorganisation de
léconomie ?). De plus en plus de monde espère prendre le train du Web avant
quil ne soit trop tard, accélérant ainsi un mouvement spéculatif qui se nourrit
des espoirs des entrepreneurs et du manque de visibilité des investisseurs.
En fait, la folie financière qui
touche le Web depuis trois ans, partant des Etats-Unis et frappant aujourdhui
lEurope, suscite des inquiétudes croissantes à mesure que grandit la place prise
par linformatique et les nouveaux médias dans léconomie mondiale.
Lorsquune bulle spéculative apparaît sur un secteur représentant 1% de
léconomie, ses conséquences sont limitées. En revanche, lorsque la spéculation
affecte un domaine qui compte pour 30% de léconomie mondiale et conditionne toutes
les activités humaines (des transports aux loisirs en passant par la communication), il y
a du souci à se faire. Quelques exemples : la société Qualcomm a vu le prix de ses actions
croître de 1333 % en une année. Aujourdhui, sa valorisation boursière dépasse le
PIB (la production annuelle) de la Nouvelle-Zélande. La capitalisation des 5 stars du Nasdaq (Microsoft, Intel, Dell, Cisco et
SBC) représente le PIB du Royaume-Uni. Si Microsoft était un pays, il représenterait la
11° économie du monde.
Alors, bulle ou pas bulle ? Aucun
analyste nose prononcer franchement le terme, le simple fait dévoquer la
surévaluation des valeurs du Net risquant dentraîner un crash. Selon leur culture,
leurs angoisses personnelles et les spécificités de leur analyse économique, chaque
observateur en appelle aux vieux mythes, sur un ton plus ou moins alarmiste mais en
prenant toujours des précautions oratoires. Certains rappelleront les enchaînements qui
conduisirent au crash de 29, dautres évoqueront la folie des Tulipes, qui toucha la
Hollande au XVII° siècle, dautres enfin convoqueront lhistoire de
lautomobile, de lélectricité ou du téléphone pour prédire
lévolution de lindustrie du Web, promise selon eux à la concentration et à
la banalisation.
En définitive, ces interrogations
collent bien avec lesprit de cette fin de siècle/millénaire. Nos contemporains
expriment une confiance folle dans lavenir, tout en se montrant perclus de doutes et
dangoisses. Les agents économiques (ménages, entrepreneurs, investisseurs)
montrent une préférence pour lavenir tout en redoutant que cette confiance ne leur
soit dommageable. Les Américains claquent tout ce quils peuvent, népargnent
rien, parient en bourse et se montrent convaincus que le Web est à lorigine de la
plus rapide et de la plus fantastique création de richesses que lhumanité ait
jamais connue, même sil reste difficile de définir et de quantifier précisément
cette richesse électronique. Dans le même temps, ils se souviennent de la crise, du
crash de 88, des politiques de downsizing et du reste. Ils sont donc confiants, mais
certainement pas naïfs. Autrement dit, tout le monde reconnaît que la révolution
Internet bouleverse le monde, léconomie et les rapports humains mais,
simultanément, chacun se demande de quoi demain sera fait
et si Amazon vaut bien son prix (32 milliards de dollars au 21/12/1999). Lannée
2000 apportera son lot de réponses à ces questions décisives. Il importe donc de
profiter pleinement de ces moments dincertitude, où tout est possible, et
inversement. En attendant que la bulle explose, Champagne pour tout le monde !
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15.12.99
La presse tente de trouver un
positionnement viable sur le Web
Cette semaine sur Emarketnewsletter, Luc Carton
fait le point sur les stratégies des groupes de presse sur lInternet. Il constate
que tous les titres généralistes sont désormais en ligne, convaincus de leur obligation
à développer leur audience sur le Web, avec des services spécifiques. Le cas de la
presse professionnelle est plus problématique, car celle-ci se trouve confrontée à la
concurrence des multiples sites spécialisés, dont les contenus sont gratuits. Dans
chaque secteur dactivité, les " portails verticaux " prennent
actuellement des parts de marché significative, menaçant ainsi directement les journaux
papier. Il est vrai que les professionnels de la sidérurgie (oui oui, il en reste)
préfèrent maintenant utiliser le site eSteel.com
que lire lUsine nouvelle.
Le passage sur le Web pose de nombreux problèmes aux
journaux, dordre financier, culturel, humain. Surtout, la façon dont
sorganisent les sites posent un problème éthique. Puisquil nest pas
possible de faire payer les internautes la gratuité étant universelle sur le Web
les journaux en ligne ont recours aux techniques en vogue sur le Net pour
rentabiliser leurs investissements : publicité, publi-reportages, affiliation,
commerce électronique (cf. par exemple la boutique de Libé).
Ce mariage de raison entre les journalistes et les marchands provoque des inquiétudes
concernant la déontologie des médias dinformation.
Pour en savoir + : Emarketnewsletter |
1.12.99
Le Web, le temps, largent
Les temps sont durs pour les banquiers.
Personne nen parle, sauf le Guardian. Dans un article très marrant, un banquier
daffaires, par ailleurs chroniqueur sur le Web, se plaint de voir sa qualité de vie
remise en cause par lexplosion des projets de sites Web. Débordé, il regrette de
ne plus avoir de temps libre pour aller jouer au golf avec ses amis financiers :
"avant, on réalisait un ou deux investissements par an, ce qui nous laissait tout le
temps nécessaire pour nos activités ludiques. Aujourdhui, il faut réaliser un
investissement par semaine si on veut rester dans la course du Web. La raison : la
vitesse. Le e-business connaît une accélération globale qui contraint les entrepreneurs
du Web et les financiers à mettre les bouchées doubles. Business-angels,
capitaux-risqueurs, investisseurs en tous genres ; le grand public découvre depuis
quelques mois lexistence de ces bêtes étranges, dont le concours est si important
dans la création et le développement des start-up du Web, ces entreprises innovantes,
déficitaires et hyper-actives qui construisent lInternet marchand.
"Are the Money Men
Killing the Net? Or is the net killing the money men? In the pre-net era, we venture
capitalists (VCs) always thought we worked hard, but still found time for our golf game,
making one to two investments a year, and taking a leisurely month or two to go about it.
Now we each make four or five
investments a year, and the time between first meeting and commitment is often under two
weeks. This year at Atlas Venture
we all cancelled our vacations and started working 80-hour weeks, just like the
entrepreneurs we back. We're exhausted. Why?
The answer is speed. Building an
internet company is like F1 racing. You, the entrepreneur, you're Eddie Irvine: you need
an intense will to win, lightning fast reflexes, unbelievable dedication, and nerves of
steel. But that's not enough: you can't just jump in car and go racing
anymore. "
Pour en savoir +
Lire larticle du Guardian (inscription
requise) : Are the money men killing the Net ?
Les capitaux risqueurs vus par ZDNet :
http://www.zdnet.fr/actu/busi/stra/a0011728.html
"Le
capital-risque est devenu un vrai marché", interview de Bernard Maître,
l'un des dirigeants du fonds de capital-risque Galileo Partners et auteur du livre Les Business Models de la
nouvelle économie. |
27.11.99
W3C : l'O.M.C. du net ?Le
World Wide Web Consortium (W3C) est l'organisme qui élabore les standards de la Toile.
Fondé en octobre 1994 par le M.I.T, il devient international en 1995 avec le déploiement
d'une antenne française gérée par l'Institut National de Recherche en Informatique et
en Automatique (I.N.R.I.A.) et d'une autre au Japon en partenariat avec l'Université
Keio. Ces trois entités conduisent un programme commun de développement et
d'harmonisation des protocoles de communication et des langages. Elles ont anoncé la
sortie prochaine du X-HTML, à la fois plus performant et plus simple à utiliser que la
version précédente.
"Plate-forme d'échange entre les acteurs du milieu de Hi-tech", dixit
Daniel Dardailler, dirigeant de la branche française, le W3C, s'érigeant à l'occasion
en arbitre du web, peut grâce à sa "place centrale et neutre (
) prendre en
compte des besoins qui, sinon, seraient laissés de côté, comme le problème de
l'internationalisation et de l'ouverture à d'autres langues, ou celui de l'accès du web
aux handicapés."
Voilà pour le discours officiel et rassurant qui vise à nous faire croire que ces
gentils chercheurs travaillent dans le sens du bien commun et du nivellement des
inégalités d'accès à ce média. Mais, comme tout labo de recherche, surtout en
matière de T.I.C., le W3C fonctionne principalement grâce à des subsides privés. Pour
un montant de 5000$ à 50000$ annuels, toute entreprise peut adhérer au W3C, placer ses
ingénieurs au sein du consortium et infléchir la direction de ses recherches "en
faisant intervenir ses propres paramètres ou exigences". Parmi ses 300 membres, on
compte une grande majorité de groupes US dont AOL, IBM ou Microsoft. Dès lors, comment
concilier recherche institutionnelle et applications commerciales, standardisation et
application spécifique à tel ou tel de ses généreux donateurs ? M. Daniel Dardailler
ne s'effraie pas du paradoxe et, gymnaste de haut niveau, fait le grand écart sans
broncher en postulant que chacun, tout en tirant la couverture à soi, n'a pas intérêt
à n'en arracher que des lambeaux. World wide wait and see. |
17.11.99
La mode des "VaporChiffres"
Cette semaine sur EmarketNewsletter, Luc Carton fait le point
sur la mode actuelle consistant à mettre nimporte quel chiffre sur la place
publique, juste pour défendre les intérêts dune corporation, entretenir le rêve
Internet ou faire parler les bavards. Il parle de Vaporchiffres, déclinant le concept de
Vaporware, mot-valise conçu en accolant vapor (du vent) et ware (comme dans
hardware ou software). Se spécialiser dans le vaporware, cest être un
champion de lesbroufe, de leffet dannonce et du bobard. Avec assez
daplomb, on peut même passer pour un vrai expert. Pour démonter cette mode, Luc
Carton compare les chiffres annoncés par les opérateurs et les analystes concernant le
nombre dinternautes. Surprise : personne ne mesure la population du Net avec la
même méthode, et les chiffres sont très différent dune maison à lautre
Rien que pour la France, on oscille selon les estimations entre 500 000 et 5
millions dutilisateurs du réseau. Cette disparité, qui reflète la jeunesse du
media et des outils de mesure, permet en tout cas de poser la seule question qui
vaille : quest-ce quun internaute ?
Pour en savoir + : Emarketnewsletter |
10.11.99
Le dilemme des grands groupes
traditionnels face au net :
To Spin Off or not to Be ?
Cette semaine sur EmarketNewsletter, Luc Carton
fait le point sur les stratégies Internet des grands groupes industriels. Les monstres de
lancienne économie, pour sadapter à la nouvelle donne
et tirer parti des opportunités du Web, sont aujourdhui confrontés à un cruel
dilemme : confier le développement des services en ligne à leurs équipes internes
ou créer une filiale dédiée à cette activité.
Eléphants industriels embolisés par leurs règles de
fonctionnement, les grands groupes peinent en effet à inventer leur futur métier, alors
que tout est différent sur le Web : les modèles financiers, les processus de
conception, de production et de distribution, la culture client et le mode de management,
etc. Or, les leaders de léconomie actuelle viennent de réaliser que tous les
secteurs dactivité sont profondément bouleversés par le développement de
lInternet, de la presse à lassurance en passant par les jouets, la médecine
ou lautomobile. Il ne sagit pas seulement dun nouveau canal de promotion
mais dun système socio-technique à lorigine dune nouvelle révolution
industrielle, dautant plus effrayante quelle est largement immatérielle.
"Peur de se cannibaliser eux-mêmes,
problèmes de financement, structures inadaptées ... se lancer dans l'eCommerce comporte
en effet des risques de désorganisation interne mais également d'échecs souvent
cuisants par manque de culture spécifique." Le constat est désormais bien connu des
entreprises. Cest pourquoi elles sinterrogent aujourdhui sur
lopportunité dautonomiser leur activité Web, via une stratégie de spin
off. Ce terme désigne la création dune nouvelle entité sous
limpulsion dune entreprise existante. Le spin off consiste à installer
une nouvelle équipe dans des locaux dédiés, avec une plate-forme informatique
spécifique, des modes de rémunération et des objectifs propres au monde de
lInternet. Pour chaque entreprise, le choix dépend de son marché, de sa
stratégie, de sa culture, de son style de management. Le courtier Charles Schwab est
cité en exemple dune stratégie réussie de spin off. Devenu une entreprise
indépendante, le service www.charlesschwab.com
connaît un tel succès que la maison mère, toujours présente dans ses activités de
courtage traditionnel, se trouve désormais à la remorque de sa start-up. Elle est
désormais contrainte de suivre les règles que le courtier en ligne impose globalement à
ses concurrents (comme la diminution des marges), et espère tirer profit de la spirale de
succès dans laquelle le site est engagé. |
06.10.99
Le client est roi
Cette semaine sur Emarket, focus sur le
site ePubliceye.com, infomédiaire permettant aux internautes daccéder à 7 500
marchands en ligne et de fixer eux-mêmes les prix auxquels ils souhaitent acheter les
produits et services proposés sur le site. Le service est hyper bien fait :
- ePubliceye compare les offres et
affectent des notes aux commerçants pour aider les cyber-consommateurs dans leur
démarche. Un grand nombre de paramètres sont traités, depuis les délais de livraisons
jusquau taux de satisfaction des consommateurs.
- Lorsquil souhaite acheter
quelque chose, linternaute peut comparer les prix pratiqués ou indiquer lui-même
le tarif auquel il est prêt à conclure la transaction. Lorsquun internaute lance
(anonymement
) une telle enchère, son offre est envoyée à tous les commerçant de
la plate-forme. Si loffre de prix leur convient, ils apportent une réponse au
client. Le client nest pas engagé, il peut au dernier moment refuser de procéder
à lachat.
- Des options permettent
denrichir le service : linternaute peut par exemple demander un
papier-cadeau et une livraison pour un anniversaire.
Commentant ce retournement de logique
(le client fait une offre au vendeur, et non linverse), Luc Carton se réjouit de la
variabilité des prix suscitée par lInternet : " d'ici peu, la
notion de prix fixe disparaîtra de plus en plus pour faire place à une notion de prix
variables comme en connaissaient nos arrières grands-pères avant 1900 ".
Pour en savoir + : EmarketNewsletter |
29.09.99
Le Web européen, colonie
attardée de lempire US
Cest comme pour le rap, les bimbos et
les hamburgers : malgré leurs efforts méritoires, les Européens narrivent pas à
rivaliser avec les Américains dans le domaine des services Web. Ils ont beau essayé de
copier consciencieusement les recettes qui marchent, le Web est toujours aussi plouc de ce
côté-ci de lAtlantique. La bonne vieille technique du débarquement en masse ne
suscite même pas les résultats attendus, le développement de services par les filiales
de compagnies américaines témoignant dune méconnaissance étonnante des
murs du vieux continent. Les Américains, pressés doccuper la toile,
sadressent en effet à un hypothétique " européen moyen " dans une
langue barbare, mélange danglais et despéranto.
Malgré de légères différences, ce
constat est dressé par deux récentes études. Il y est dit notamment que 85% des
Européens pensent manquer de compétences et de culture cyber pour affronter le monde
étrange du eBusiness. Ceux qui, en France, ont des idées mais pas de capital-risque, se
réjouiront de cet archaïsme relatif, qui laisse aux artisans encore quelques mois de
répit avant dêtre éfinitivement laminés par les grosses majors du Web.
Pour en savoir + : EmarketNewsletter |
14.07.99
ThirVoice piraté
Nous vous présentions récemment, avec
frénésie, larrivée de ThirdVoice,
sorte de post-it électronique permettant dannoter les sites Web. Dans la dernière
livraison dEmarketNewsletter,
Luc Carton nous conduit à modérer notre enthousiasme, en montrant que ce logiciel
éminemment sympathique peut se retourner contre son utilisateur, mis en situation
dinsécurité, une faille dans le système permettant au premier hacker venu de
lespionner. Lhistoire, inquiétante, décline le mythe de Frankestein et
rappelle que la défense de la
confidentialité dans les espaces cybernétiques requiert une attention de tous les
instants. Les petits malins qui ont piraté Les logiciels ThirdVoice à laide de
commandes java script toutes bêtes se font appeler Netfishers. Convaincus dagir pour
le bien général, ils font paradoxalement le jeu des organisations effrayées par la
liberté de ton et la transparence permises par ThirdVoice. En attendant la suite
dune histoire dont ThirdVoice pourrait ne pas se relever, il apparaît que la
capacité à susciter la confiance des internautes est devenue lun des principaux
facteurs clefs de succès dun site Web.
Pour en savoir + : EmarketNewsletter
PS : laffaire Hirschmann est bel un bien
un gigantesque canular, une de ces rumeurs urbaines dont lInternet promet
dêtre un catalyseur fou. Dans son dernier numéro, Teknicart consacre un très bon
dossier à cette question, comparant notamment laffaire David H. et celle du
contrôleur RATP prétendument agressé par un vendeur indien. A vos kiosques ! |
07.07.99
COOP on the WEB
Cette semaine sur Emarket, Luc Carton fait
le point sur les nouvelles tendances du commerce électronique. Comme on pouvait sy
attendre, le consumérisme électronique exploite les logiques communautaires. Accompany
et Mercata sont deux sociétés qui réinventent actuellement le système Coop sur le Web,
en permettant aux internautes de sunir pour acheter en masse toutes sortes de
produits à des prix hyper-compétitifs (Mercata possède dailleurs le site
everything.com). Du barbecue à la cage pour oiseaux en passant par une télé dernier
cri, les coopératives dachat virtuelles se constituent tous azimuts, pour quelques
jours, autour dun objet. Désormais aussi puissants que les grandes centrales
dachat, les internautes peuvent arpenter fièrement les rayons du cyber-marché
mondial, ravis comme des touristes partant au soleil en charter.
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01.07.99
la
fuite en avant dAmazon
Amazon
a du plomb dans laile. Luc Carton analyse les raisons pour lesquelles le libraire
électronique devenu supermarché risque de faire face à quelques déconvenues dans les
mois ou les années à venir. Hégémonisme, fin dun cycle dinnovation,
banalisation de lactivité, perte dune identité spécifique, fatigue du boss
(Jeff Bezos) et attaques doutsiders agacés par les multiples fronts ouverts par
Amazon. Pour sen sortir, le libraire devenu, entre autres, vendeur darticles
pour chats et chiens, devra conserver la confiance de ses actionnaires, alors même que la
viabilité de son positionnement et la rentabilité à long terme de lentreprise ne
sont pas assurés. Dur pari.
En somme, lévolution de celui
qui fut longtemps un modèle pour les entrepreneurs du Web est significative du mouvement
général dinstitutionnalisation des start-up de la première génération (type
Yahoo) et de larrivée de nouveaux entrepreneurs, à la fois agressifs et
imaginatifs.
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