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I want
you |
| Entre Trash et Romantisme |
Réalisation :
Michaël Winterbottom
Avec : Rachel Weisz (Helen), Alessandro Nivola (Martin), Luka Petrusic (Honda),
Labina Mitevska (Smokey)
Directeur de la photographie : Slavomir Idziak
Ingénieur du son : Martin Trevis
Sortie : mercredi 16 septembre |
Haven est un petit port exposé aux rudes
vents du nord de lAngleterre, les habitants y sont taillés dans la pierre des
falaises. Extrêmes et entiers, ils ne sépargnent aucune brûlure, aucun penchant
pour leur perversions naturelles.
Après avoir passé neuf ans en prison pour meurtre, Martin revient chez lui. En liberté
conditionnelle, il cherche à retrouver Helen avec qui il a eu une relation passionnelle
avant sa condamnation. Mais Helen a grandi, elle a construit sa vie et cherche à oublier
ce crime originel qui les a séparé : le meurtre de son père, le jour où celui-ci a
surpris les deux amants ensemble dans la maison familiale.
Forts de ce moment, carrefour où ont été confrontées toutes les pulsions, brisés tous
les interdits, Helen et Martin sattirent et se repoussent. Entourés de
connaissances de passage - la chanteuse Smokey et son frère muet Honda ils
sexpliquent et sexposent entre amour et obsession.
I Want You est une histoire simple qui donne la primeur à lexploration des
sensations, leur mise à lépreuve sans condamnation. Sensations de personnages
écorchés vifs, blessés par une perte trop soudaine dun foyer trop peu fondateur.
Cest sans doute ce qui unit de manière sous-jacente Honda, le jeune adolescent
muet, et Helen, quil a percuté par hasard un matin sur la plage. Intrigué par la
jeune fille et sans doute un peu amoureux, il devient spectateur de la quête dHelen
et Martin, quête dune confrontation et dun apaisement.
Cest parce quil est muet et de surcroît étranger que Honda semble
inoffensif. Cest à travers son regard, curieux de lhumain qui se cache en
nous, curieux de cette voix de lautre quil sapproprie faute de retrouver
la sienne, que le réalisateur raconte une histoire qui se contente "de mettre les
éléments en place, de tout positionner pour que le drame prenne son ampleur et se
déroule à mesure que lon regarde évoluer les personnages et le dénouement".
Ainsi laisse-t-il à ses personnages une réelle liberté scénique. Filmés avec une
caméra dépaule, on les sent susceptibles de tous les mouvements brusques, dans une
fraîche spontanéité qui nous touchera.
On restera pantois devant les audaces, toutes de ruptures colorées, du directeur de la
photographie même si on peut légitimement se dire que le parfois "ça fait
un peu clip".
De même, le traitement sonore, tout en résonance des voix et des bruits qui construisent
lunivers du jeune muet, lisole par la distance dun écho, influe sur le
sens de limage.
Les familiers de Winterbottom retrouveront avec amusement des motifs déjà exploitées
dans Butterfly Kiss : lutilisation du piercing, le meurtre et la
disparition des corps dans les coffres de voiture. A la limite de la pornographie, il
montre ses personnages baisant de façon crue : Martin ne peut se défaire dune
attitude pleinement consumériste du sexe.
Cest peut être là ce qui le condamnera. Anne-Laure BELL |
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