retour maison                  fluctuat.net.........................archives 99


  

West-Beyrouth

Réalisation et scénario : Ziad Doueiri.
Avec les enfants : Rami Doueiri (Tarek) - Mohamad Chamas (Omar) - Rola Al Amin (May)...
...et les adultes : Carmen Lebbos (Hala - la mère de Tarek) - Joseph Bou Nassar (Riad - le père de Tarek)
Musique : Steve Coppland
beyrouth.jpg (12169 octets)

"L' instabilité et la complexité du Moyen-Orient, si elles exacerbent ces tendances, rendent par le fait cette région riche au niveau culturel et humain.
De mon point de vue, le Moyen-Orient connait une culture chaotique, inconstante, voire archaïque. Le respect de la Loi, tel qu'on le définit en Occident n'a pas son équivalent au Moyen-Orient. Je dirais que nous vivons une culture "extravertie". Un mouvement de joie n'est jamais contenu, il explose. Le chagrin n'est jamais silencieux, il se propage.
C'est pourquoi le style de West-Beyrouth s'appuie sur le réalisme. Ce qu'une personne exprime ouvertement ne laisse pas place à l'interprétation : ce que nous voyons est tout ce qu'il y a à voir."

Ziad Doueiri.

Entre France et Etats-Unis, Ziad Doueiri, libanais d'origine, a été assistant cameraman et cadreur sur tous les films de Tarantino, il a également travaillé sur une Nuit en Enfer de Roberto Rogriguez. West-Beyrouth, inspiré de sa propre histoire,  est son premier long-métrage.
Ce film présente la simple tragédie de la guerre, aussi radicale qu'une balle en pleine tête, aussi absurde que la stupidité des miliciens qui organisent ces petites morts rapides et définitives.
Tarek, Omar et May sont trois adolescents à l'age des premières clopes, des premiers flirts, à l'age du cinéma au super-huit. Ils ont 16 ans en Avril 1975, la belle époque de Donna Summer et des bikinis ; la belle époque de la guerre du Liban aussi.
Loin de radicaliser son propos sur un axe politico-religieux, Doueiri, nous offre un film rythmé par la curiosité des enfants. Leur bravoure et leur naïveté agit comme un contre-point comique à l'ambiance tendue de la guerre civile dans laquelle on baigne. Et on finit par rire entre deux moments de tension extrême.
Voilà la force de ce film pudique qui ne tombe jamais dans la dramatisation. Les références historiques et politiques, la réflexion socio-philosophique sont bien présentes mais, sous-jacentes, elles ne perdent jamais le spectateur ignorant de ce moment de l'histoire libanaise.
West-Beyrouth est un film qui nous ouvrira les yeux pour peu qu'on ait la curiosité d'aller le voir...

Anne-Laure BELL