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avec Allociné

 

 

Miklós Jancsó

Entretien avec
Miklós Jancsó


Quand, en 1994, dans Positif, Zsolt Kézdi-Kovács décrit la genèse des Sans espoirs, le troisième film de Miklós Jancsó, et déclare qu'ils "avaient compris tout de suite qu'un chef-d'œuvre était en train de naître", il ne fait que confirmer l'évidence d'aujourd'hui. Grâce à la rétrospective de l'Espace Saint-Michel, à Paris, on peut en effet contempler la beauté sans fard de cette oeuvre rare, ainsi que celle d'autres films de Miklós Jancsó : Rouges et blancs, Silence et cri et Psaume rouge. Tous ont été réalisé entre 1965 et 1971, et trois ont été présenté à Cannes où le dernier, Psaume rouge, a reçu le prix de la mise en scène en 1972. C'est dire si l'œuvre de Jancsó est d'importance.

Moins célèbre que son concitoyen Istvan Szabo, ce hongrois était néanmoins considéré dans les années 70 comme un des cinéastes les plus intéressants d'Europe de l'Est. Aussi l'amnésie partielle et parfois concertée qui nous touche de nos jours doit être comblée. Il faut redécouvrir ces oeuvres qui nous parlent extérieurement des mouvements insurrectionnels qui se sont joués en Hongrie entre 1860 et 1917, et intérieurement, avec profondeur, de toute résistance face à une domination inique. Leurs superbes plans-séquences expriment un symbolisme qui n'oublie jamais la réalité concrète de la lutte. Les révoltes dépeintes dans ces films trouvent ainsi leur écho dans une forme frondeuse, sans concession, alternative à l'hégémonie d'une imagerie issue des USA et d'un capitalisme trop sûr de lui.

Le parcours de Miklós Jancsó est empreint de cette liberté toujours obligée de lutter pour exister. Né en 1921, à Vac, il suit des études de droit, d'ethnographie et d'histoire de l'art, puis apprend la réalisation à l'Ecole supérieure de cinéma de Budapest entre 1946 et 1950. Ses premiers travaux sont des films d'actualité et des documentaires. Précisons qu'il a connu dans les années 40 l'expérience des prisons soviétiques. En 1958, commence sa carrière de cinéaste. Son oeuvre est reconnu internationalement au cours décennies 60 et 70. En 1970, il quitte la Hongrie pour l'Italie, où il restera jusqu'en 1979 tout en continuant la réalisation. En 1980, il débute dans la mise en scène théâtrale, et à partir de 1988, il enseigne le cinéma à Budapest. Il fera de même à Harvard de 1990 à 1992. En 1998, après deux retours isolés en 1985 et 1991, il repasse derrière la caméra. Depuis, il a trois nouveaux films à son actif et il en débute un quatrième. A 80 ans, son énergie semble intacte. C'est donc avec cet homme au riche passé que nous nous sommes entretenu, évoquant des films issus d'un passé pas si lointain que cela et qui résonnent encore de chants révolutionnaires entendus un certain printemps de mai.

Lire l'interview de Miklós Jancsó

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FILMOGRAPHIE
1958- Les Cloches sont parties à Rome / 1964- Mon chemin / 1965- Les Sans-espoirs* / 1967- Rouges et blancs* / 1968- Silence et cri* / 1969- Sirocco d'hiver / 1970- Agnus dei / 1970- La Pacifista / 1971- Psaume rouge* / 1974- Pour Electre / 1976- Vices privés, vertus publiques / 1978- Rhapsodie hongroise I et II / 1985- L'Aube / 1991- La Valse du Danube bleu / 1998- Le Seigneur me donna la lumière... / 1999- Putain! Les moustiques/ 2000- La dernière cène au " cheval gris arabe "
* Rétrospective à l'Espace St-Michel
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