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Versus, l'ultime guerrier
De Ryukei Kitamura, avec Tak Sakaguchi, Chieko Misaka et Hideo Sasaki.
Japon - 1999 - 1h59


Deux prisonniers sortent de nulle part. L'un d'eux porte encore une paire de menottes accrochée à sa main ; à l'autre bout, une main arrachée pendouille. Arrive un gang de mafieux, accompagné d'une jolie jeune fille dont on ne comprend pas bien ce qu'elle fait là. Pour une raison obscure, la rencontre dégénère en gunfight. L'un des gangsters est abattu. Un petit problème se pose : même mort, il se relève et attaque ses ex-compagnons. Quelques cinquantaines de douilles vides plus tard, le héros s'est enfui avec la jeune fille et les mafieux se dépêtrent avec leurs morts-vivants tout en partant à leur recherche. Dix minutes se sont à peine écoulées, tout le monde est recouvert de sang et deux zombis sont déjà morts. Le ton est donné : Versus ne va pas faire dans la dentelle.

On ne va pas cracher dans la soupe : un film de deux heures dont une heure quarante (au bas mot) enchaîne gunfight sur combats de sabre et de kung-fu, ça laisse rêveur. Un scénario prétexte, pour ne pas dire bidon, où l'on nous explique que la forêt en question est l'une des 666 portes des enfers, le tout sur un fond de destinée qui se répète de 500 ans en 500 ans… à vrai dire, on s'en tamponne pas mal le coquillard. Ca bastonne, c'est violent, voire gore, ça gicle dans tous les sens et même quand tout le monde est mort, ça bastonne encore. Yeahhhhh !!! Si cette perspective vous enchante, et que vous êtes inconditionnels des Baby Cart, de Bad Taste ou du final de Hard Boiled, Versus vous distraira sans aucun doute.

Néanmoins… Au-delà de l'aspect jubilatoire pour amateur des films de genre, Versus ne satisfait pas complètement. A la fois film d'action, de gunfight, film gore, jeu vidéo et manga, Versus, loin de transcender ces genres ou d'en proposer une véritable synthèse, s'enlise dans une mise en scène à l'emporte-pièce, poseuse et souvent agaçante. Le montage, hystérique, finit par fatiguer ; sur plus de 4 heures de rushes, restent 2 heures de film sans qu'on ait l'impression qu'aucun plan n'a été coupé. L'humour, gore, parfois potache et souvent bouffon, énerve de plus en plus au fur et à mesure que le film progresse. Et le combat de sabre final, calqué sur un modèle de jeu vidéo, est tristement filmé par une caméra flottante et approximative, incapable de rendre compte d'une chorégraphie pourtant assez minutieuse. On sort de là sonné, groggy, à la fois repu et sur sa faim, en repensant au charme de La Rage du tigre, de Une balle dans la tête ou encore de la trilogie des Morts-Vivants de Romero. Versus est un vaste copié/collé jouissif que l'on oublie vite, mais qui a cette qualité sure : celle de donner l'envie de se replonger dans ses multiples sources.

Nicolas Martin

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