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Il y eut plusieurs variantes du cas French Cancan. Du traitement
de la couleur par un Renoir flamboyant ("French Cancan",
1954) en passant par une étude psychologique des extravagants
artistes dans "Moulin Rouge" de John Huston, pour
terminer par le grotesque "Lautrec" (Roger Planchon,
1998) qui se voulait une vision rocambolesque du Paris du XIXè
siècle. Cette fois-ci, c'est au tour du cinéaste australien
Baz Luhrmann de proposer sa vision toute personnelle de la folie
ambiante de cette fin de siècle !
L'histoire est très
simple. Satine (Nicole Kidman en courtisane et danseuse du Cancan)
tombe amoureuse d'un écrivain romantique (Ewan McGregor toujours
égal à lui-même) sans le sou, qui a pour objectif d'écrire une
comédie musicale dont le thème principal serait l'amour.
Autant l'affirmer
sans détour : "Moulin Rouge" est nul ! Il est
très difficile de se concentrer sur le moindre plan que nous
propose l'auteur du très grotesque "Roméo + Juliette",
tant la durée n'excède pas plus de deux, voire trois secondes.
Pas de rigueur, pas de montage ou alors une suite de mini-plans
tous mal fichus qui feraient passer les célèbres clips MTV pour
du Bresson ! On soulignera également l'énorme originalité
qui consiste à utiliser des vieux tubes pop (voire la
séquence où Kidman interprète pêle-mêle "Diamonds are Girl's
Best Friends" de Marylin Monroe et "Material Girl"
de Madonna), qui nous plongent dans une anachronie du plus misérable
effet.
Au final, le troisième
film de Baz Luhrmann est une suite de saynètes grotesques où
déambulent des personnages aux sourires esquintés par les fards
outranciers, à l'émotion facile et aux gestes dénués de bon
sens. Sans âme.
Samir Ardjoum
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