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avec Allociné

Capitaines d'avril
Réalisation : Maria de Meideros
Avec : Maria de Meideros (Antonia)- Stefano Accorsi (Maia) - Frédéric Pierrot (Le mari d'Antonia, Manuel)
France - 2h04


Le sujet mérite qu'on s'y arrête. Maria de Meideros, la comédienne internationale qui joua dans Pulp Fiction, réalise son premier long métrage en s'attachant à raconter l'histoire de son pays, le Portugal et de sa révolution, celle des œillets. Le scénario est suffisamment fort pour justifier d'un film quand bien même celui-ci serait loin d'être parfait. Pas d'énervements cependant, juste un développement un peu trop carré, un peu trop emprunt de sentimentalisme, un peu trop naïf. Pourtant le téléfilm fonctionne plutôt bien.

Nous sommes en 1974. Antonia est professeur. C'est une intellectuelle reconnue dans les milieux parallèles pour ses positions démocratiques. Quand un de ses élèves est arrêté, elle tente de faire jouer toutes ses relations pour le libérer sans y parvenir. Il est promis à une mort atroce suite aux tortures que la police politique ne manquera pas de lui infliger.
Si la comédienne tente par ses regards humides et ses tenues vestimentaires dignes des amoureuses éplorées, de nous faire passer une émotion cruciale, la réalisatrice, en acceptant de nous livrer des images trop propres, ne parvient pas à nous émouvoir.

En superposant trois destins qu'elle réunit autour de cette révolution pacifique, elle sclérose une histoire, et élude les différentes approches, les sentiments contradictoires sans doutes éprouvés par ses personnages. Ainsi le mari d'Antonia, policier au service de la dictature, est en fait un résistant de l'ombre, tout comme Maia, militaire de carrière. Tous deux sont des agents de cette marche sur Lisbonne, artisan de la libération du peuple qui les oubliera une fois l'effervescence libertaire passée.

Peut-être par peur, par innocence, par discrétion, la réalisatrice évoque des personnages intéressants en ne s'attachant qu'à leur aspect extérieur, leur histoire, leur vie personnelle. Là où il aurait été plus passionnant qu'elle pénètre dans l'esprit des protagonistes, qu'elle scrute leur chair, elle reste toujours à des échelles de plan conventionnelles. Ses quelques propos mièvres achèvent de nous faire regretter qu'elle ait choisit le support film : Capitaines d'Avril aurait été définitivement plus servi par une diffusion télévisuelle, mais n'y voyez pas là une injure, car en définitive cette première tentative n'est franchement pas une catastrophe…

Anne-Laure Bell