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Le sujet mérite qu'on s'y arrête. Maria de Meideros, la comédienne
internationale qui joua dans Pulp Fiction, réalise son premier
long métrage en s'attachant à raconter l'histoire de son pays,
le Portugal et de sa révolution, celle des œillets. Le scénario
est suffisamment fort pour justifier d'un film quand bien même
celui-ci serait loin d'être parfait. Pas d'énervements cependant,
juste un développement un peu trop carré, un peu trop emprunt
de sentimentalisme, un peu trop naïf. Pourtant le téléfilm fonctionne
plutôt bien.
Nous sommes en 1974. Antonia est professeur. C'est une intellectuelle
reconnue dans les milieux parallèles pour ses positions démocratiques.
Quand un de ses élèves est arrêté, elle tente de faire jouer
toutes ses relations pour le libérer sans y parvenir. Il est
promis à une mort atroce suite aux tortures que la police politique
ne manquera pas de lui infliger.
Si la comédienne tente par ses regards humides et ses tenues
vestimentaires dignes des amoureuses éplorées, de nous faire
passer une émotion cruciale, la réalisatrice, en acceptant de
nous livrer des images trop propres, ne parvient pas à nous
émouvoir.
En superposant trois destins qu'elle réunit autour de cette
révolution pacifique, elle sclérose une histoire, et élude les
différentes approches, les sentiments contradictoires sans doutes
éprouvés par ses personnages. Ainsi le mari d'Antonia, policier
au service de la dictature, est en fait un résistant de l'ombre,
tout comme Maia, militaire de carrière. Tous deux sont des agents
de cette marche sur Lisbonne, artisan de la libération du peuple
qui les oubliera une fois l'effervescence libertaire passée.
Peut-être par peur, par innocence, par discrétion, la réalisatrice
évoque des personnages intéressants en ne s'attachant qu'à leur
aspect extérieur, leur histoire, leur vie personnelle. Là où
il aurait été plus passionnant qu'elle pénètre dans l'esprit
des protagonistes, qu'elle scrute leur chair, elle reste toujours
à des échelles de plan conventionnelles. Ses quelques propos
mièvres achèvent de nous faire regretter qu'elle ait choisit
le support film : Capitaines d'Avril aurait été définitivement
plus servi par une diffusion télévisuelle, mais n'y voyez pas
là une injure, car en définitive cette première tentative n'est
franchement pas une catastrophe…
Anne-Laure
Bell
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