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avec Allociné

 

 

Les autres
de Alejandro Amenábar, avec Nicole Kidman, Alakina Mann, James Bentley, Fionnula Flanagan, Christopher Eccleston
film hispano-américain, 1h45


Le cinéma fantastique actuel n'affiche pas une santé exceptionnelle. Il se complaît honteusement dans les éditions vidéo de seconde zone réalisés à la chaîne par des producteurs exploitant le filon d'un genre au public dévoué. Voici qui s'apparente d'avantage à un enterrement de première classe qu'à la célébration d'une catégorie cinématographique autrefois honnie. Et les multiples parodies post-modernes au vingtième degré commencent à taper sur les nerfs des spectateurs les plus patients. Le mépris pour le matériau traité s'affiche sans complaisance et creuse un peu plus chaque jour la tombe d'un genre sensuel. L'horreur exige abandon. Pour ressentir le petit frisson qui parcourt l'échine, la goutte qui perle sur le front, et tant d'autres signes qui soulignent le malaise, il convient de se laisser porter. Bien sûr, il est plus facile de rire que de se laisser gagner par la peur. Des films qui vous prennent aux tripes, vous fasse douter ou vous fasse vibrer, il y en a assez peu. Les autres est de ceux-là. Et moins on en saura en entrant dans la salle, mieux ça sera. Même si on a la furieuse impression d'assister à une relecture du Tour d'écrou de Henry James, on ne peut que se laisser gagner.

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Grace (Nicole Kidman) vit seule, en attendant que son époux revienne du front, entourée de ses enfants atteints d'une curieuse maladie incurable qui les contraint à ne pas s'exposer à la lumière du jour. Cependant, afin d'entretenir l'immense château qui leur sert de demeure, elle embauche un couple de serviteurs accompagné d'une jeune fille muette. Des éléments extérieurs viendront pertuber la vie de Grace et de sa famille.

Film à l'atmosphère pesante, Les autres bénéficie d'une photographie bien plus aboutie que sur les deux premiers films de l'Espagnol Alejandro Amenábar, Tesis et Ouvre les yeux. Le jeune prodige dessine une œuvre sombre sans être terne, percée par la chevelure blonde et le teint pâle de Nicole Kidman. L'actrice revêt l'allure d'une héroïne hitchcockienne, son maintien confine à la rigidité, la voix est perçante et la diction rigoureuse. Impeccable jusqu'au bout des ongles, diaphane, elle porte le film sur ses épaules. Rien de moins.

Gérald Duchaussoy

Amenàbar, entre Nerval et Hitchcock

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