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avec Allociné

With or without you
de Michael Winterbottom

Avec Yvan Attal - Dervla Kirwan - Christopher Eccleston - Julie Graham

Grande-Bretagne - Durée : 1h35 - 1999


With or without You est sorti il y a trois semaines. Il n'est plus diffusé que dans une seule salle parisienne et on peut se demander pourquoi.
Car ce film s’il n’est pas un chef-d’œuvre, vaut tout de même le déplacement. Au-delà des tribulations de Vincent et Rosie, qui veulent avoir un enfant, il y a la question de l’amour qui s’use peut-être au bout de dix ans de vie commune. L’arrivée d’un français, Benoît, ancien correspondant de Rosie quand elle avait quinze ans, inquiète Vincent. Les anciennes lettres sont là pour le prouver : Benoît fût son premier amour, le réconfort du temps de son adolescence…

Une fois de plus Winterbottom cerne son sujet au plus près, comme s’il resserrait son cadre au fur et à mesure que l’histoire se déroule. Il ne tombe jamais dans le romantisme d’une histoire d’amour mal en point. Il ancre ses personnages dans la vraie vie, faite de lâchetés, d’hésitations et de frayeurs. Ainsi, il semble laisser ses protagonistes vivre leurs vies, et éprouver leurs échecs. Témoin à la caméra, il scrute ce couple qui se désespère d' avoir un bébé. Les rendez-vous à heure fixe pour des courses à l’ovulation, des aliments qui optimisent l’état des spermatozoïdes, autant de situations ridicules et attendrissantes traversées par ces amoureux. A force d’efforts, ils en perdent presque leur joie de vivre.

Face à Benoît, ce témoin du temps où tous les espoirs étaient permis, tous les compromis d’adultes, faits pour le bonheur d’une vie à deux, se retrouvent plus ou moins assumés. D’autant que le passé est réactivé par ces lettres toujours citées. Les regrets, les lâchetés, Rosie les expose dans une voix-off sobre et des splits-screen, malheureusement trop souvent inutiles. Bien souvent ils ne servent pas l’histoire, et semblent n’être que des essais cinématographiques d’un réalisateur interrogeant la technique, en l’exploitant au maximum.

Néanmoins on ne saurait taxer Winterbottom de complaisant. Il ne va pas jusqu’à s’attarder à quelque joliesse, mais on pourra lui reprocher ses trop grosses ficelles. Si With or Without You reste un film agréable, les fidèles de cet expérimentaliste du cinéma resteront un peu sur leur faim, heureux pourtant d’être les témoins d’une recherche formelle.


A-L.B.