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Scabreux movie
"Scary movie" s'affiche plus effrayant et plus drôle encore que les films qu'il parodie. Jaloux de certains derniers succès du cinéma d'horreur ("Scream" et ses suites, "Souviens-toi l'été dernier", "Le projet Blair Witch"), de science-fiction ("Matrix") ou fantastique ("Le Sixième sens"), "Scary movie" prétend régler ses comptes avec ces films en (re)tournant en dérision les séquences qui firent leur gloire. Mais, on l'aura deviné, ce que cherchent réellement les producteurs de ce film, c'est surtout de profiter de la source à dollars découverte par leurs prédécesseurs.
Construit d'après le schéma du scénario de "Scream", l'intrigue de "Scary Movie" ne surprendra personne. C'est d'ailleurs essentiellement "Scream" que "Scary movie" s'attache à parodier : "Souviens-toi l'été dernier" n'est évoqué que par un long flash-back tandis que de simples clins-d'il rappellent les autres films. Que ceux qui avaient frissonné en voyant le très intelligent "Scream" pour la première fois au cinéma n'espèrent pas ressentir les mêmes émotions devant "Scary movie". Jamais on ne sursaute, jamais notre rythme cardiaque ne s'accélère. Et parce qu'il suinte de séquences montrant des sexes, des seins et du sperme, "Scary movie" se revendique plus radical que ses concurrents. Mais le réalisateur aura sans doute confondu l'érotisme avec le mauvais goût: au lieu d'émoustiller, les images ne font qu'écurer.
Certains penseront peut-être que je manque décidément d'humour. Mais j'assume en pariant que finalement l'esprit gras de "Scary movie" ne leur laissera que des tâches huileuses en souvenir.
Laure Charcossey
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