Voilà un long métrage qui n'a rien à faire au milieu de cette rentrée cinématographique surchargée de petites merveilles comme chaque année. Sombre histoire de meurtre, ce film français pimente son intrigue d'une dose de psychanalyse et d'un brin de corruption. Un
Jean-Pierre Léaud pour la légende et nous voilà habillés pour une heure et demie.
François Marcorelle est juge d'instruction à Chambéry. Critiqué et craint par ses pairs, il mène une banale vie de famille parsemée de quelques cauchemars. Il rêve qu'il est accusé de meurtre dans une salle de cinéma. Il y a sans doutes une complexe explication psychanalytique là dessous, une culpabilité de juge mal réglée, une peur de mal faire, un fantasme d'être acteur plutôt que juge, que sais-je encore. Un jour de vacances, alors que sa famille le laisse seul, il rencontre une jeune et jolie polonaise dans un bar, il la suit dans l'appartement qu'elle dit partager avec son père et le tue malencontreusement. Du moins c'est ce qu'on croit car à cette simple situation se succèderont de nombreux quiproquos. Le père de la jolie polonaise se révèlera être le chef d'un réseau de prostituées.
Submergé par ses doutes et un flagrant complexe de culpabilité le juge est affaibli ce qui donne prise à ses adversaires pour l'attaquer, notamment à Fourcade petit juge qui cherche à se faire un nom grâce à une grande affaire.
Serge Le Péron, réalisateur qui officia aux Cahiers manipule son spectateur en lui faisant prendre des vessies pour des lanternes, et des rêves pour une réalité. On ne se soucie bientôt plus d'essayer de démêler le faux du vrai, Marcorelle assassin ou schizophrène nous importune plus qu'il ne nous importe et ce n'est même pas dommage.
On remarquera pourtant la prestation des seconds rôles. Loin des personnages de gentils dont il a l'habitude, Mathieu Amalric campe à merveille Fourcade, un opportuniste délateur. De même on a grand plaisir à retrouver Dominique Raymond (Y'aura-t-il de la Neige à Noël) et Philippe Khorsand. Ni vraiment énervant, ni exceptionnel, L'Affaire Marcorelle n'a que le goût fade d'un honnête téléfilm. Décevant.
Anne-Laure
Bell
lire
aussi le portrait de Jean-Pierre
Léaud
|