Mamoro Oshii a apporté
quelques-unes unes des révélations qui ont fait du manga ce qu'il est aujourd'hui. Il a
été l'un des premiers à décliner une série sur différents supports avec succès : Patlabor,
décliné en OAV, BD, jeux vidéos, et même transformé en roman
Après le succès
au cinéma, il réalise lui-même la suite : Patlabor 2. Un film qui avait ceci
d'exceptionnel qu'il se présentait comme une sorte de fiction politico-philosophique sans
la moindre once d'action. Pour preuve, ce dessin animé ancré dans la catégorie ultra
classique de mangas avec combats de robots (style Goldorak), n'en montrait
réellement qu'à sa toute fin. Ont suivi : Ghost in the shell, qui se révélait
bien plus contemplatif et philosophique que son manga d'origine et ce Jin-Roh,
adapté cette fois-ci d'une de ses propres bandes dessinées et traitant d'une brigade
d'intervention policière dans le Japon mouvementé de l'après-guerre.
Devant la réussite
évidente de Ghost in the Shell qui avait relevé de beaucoup le niveau général
du manga filmé (au côté toutefois de petits chefs d'uvres tels que Akira,
Mon voisin Totoro ou bien encore Le Tombeau des Lucioles
), on était en droit
d'attendre beaucoup de ce Jin-Roh qui réunissait le même générique. Pourtant,
l'attente n'a d'égale que la déception. Pour ce film qui ne restera dans les mémoires
que par le fait qu'il est le dernier entièrement fait à la main (tout en cellulos et
sans le moindre apport des nouvelles techniques numériques), on est en tout point déçu.
Animation laide et partielle (seul le personnage qui parle est animé), personnages
inexpressifs (une seule expression faciale pour exprimer tous les sentiments !), histoire
lourde (des métaphores plus qu'appuyées, une thématique animalière qui est usée
jusqu'à la corde par le film et par les nombreux autres qui l'ont précédé)
A
vouloir jouer les grands mangas intellos (lenteur soutenue, silences, absence d'action) Jin-Roh
ne parvient, au mieux, qu'à devenir un simple cartoon lourd et chiant.
Yves Le Corre |