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Désirs humides
Hosuke (Yoshinori Furukawa), mendiant, trouve un portefeuille bien
garnit dans la rue et il décide, à partir de cette somme, de refaire
sa vie. Il devient « séducteur professionnel »,
cest-à-dire proxénète. Les péripéties qui le feront sortir du
cadre, peu à peu remplacé dans la narration et à limage par ses
conquêtes parmi les streap-teaseuses, sont montrées de façon légère,
sur un rythme enlevé et dans un ton burlesque.
Dans Désirs humides le projet de parler de sexe et des mécanismes
érotiques libère le ton et le mouvement du film. Nous sommes, dès
les premières minutes, de toutes façons dans la jouissance dune
caméra rapide, de personnages truculents, de courtes aventures qui
senchaînent et nous mènent, de rebondissements en rebondissements
érotiques, vers une fin bouffonne.
Les femmes, tout au long du film ne cessent de se redire lhistoire
de leur patronne qui sest lancée dans la carrière de
streap-teaseuse à plus de trente ans, et qui a réussi puisquelle
possède maintenant plusieurs « maisons ». Elles se
rappellent son exemple pour se donner du cur à louvrage. Cest
à légard de leur univers que Kumashiro communique sa curiosité.
Hosuke, le séducteur qui mène le projet narratif et laction au début
du film, est lui-même happé et soumis à la fascination du jeu et du
spectacle des femmes. Cette idée très cinématographique dune
fascination à laquelle on se pique et qui nous perd, est développée,
en termes érotiques, dans Le Rideau de fusuma. On est alors
entraîné dans la thématique mystérieuse des noces cannibales, le
couple Eros-Thanatos y bataille dune façon qui reste légère,
libertine. Mais avec les Désirs humides, la part maudite de
lérotisme est entièrement résorbée par un projet de réussite
sociale. Le film pose donc la question dune libération ambiguë de
la femme, de son autonomie économique par rapport à lhomme,
autonomie quelle gagne en faisant commerce de ce qui se donne dans
la relation amoureuse. En se vendant les femmes échappent à la
domination traditionnelle de lhomme au sein de la famille.
Cependant, ce quelles vendent cest encore leur soumission au désir
masculin.
Kumashiro, quoiquil en soit, ne sappesanti pas. Il effleure ces
problèmes de fond pour concentrer limage sur le motif de la
caresse qui, au Japon en 1974, pour un spectateur occidental
aujourdhui, a un goût assez inédit, piquant.
Le
rideau de Fusuma
Laction de ce film, dont le scénario sinspire dun roman
attribué à Nosaka, se situe en 1918 dans une maison de geishas que
les crises sociales accompagnant la guerre contre la Russie affectent
à peine. Cest au milieu de cette vie de plaisirs et de perversions
que se tisse la relation de la jeune geisha Sodeko (Junko Miyashita)
avec son nouveau client Shinsuke (Hideaki Ezuma), qui lui fait découvrir
les sommets de la jouissance. Filmées dans la pénombre, derrière
les moustiquaires, les scènes érotiques font état de tout lart
de Kumashiro. Le rideau de fusuma (1973) et la suite que
constitue les Le rideau de fusuma-la peau pudique ont suffi, en
moins de trois ans, à établir la réputation de Kumashiro au Japon.
(source d. de presse)
Les
deux films, projetés en avant-première à la Cinémathèque, avaient
il y a quelques mois à Paris largement dépassé les capacités
daccueil de la salle des Grands Boulevards. Plusieurs centaines de
personnes aguichées par la thématique « cinéma japonais »
sétaient vues contraintes de sen retourner bredouilles, ce
vendredi soir ; il va sans dire que ces deux sorties du 26 avril
auront été précédées dun bouche-à-oreille patenté.
Hélène
Raymond
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Action Christine
(Paris 6ème) en VO
Désirs humides: 21 ouvreuses en scène
mercredi vendredi dimanche mardi
14h, 15h40, 17h20, 19h, 20h40, 22h20.
Le Rideau de Fusuma
Séances: jeudi samedi lundi 14h, 15h40, 17h20, 19h, 20h40, 22h20.
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