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Colère
!
An
2000, New York, le roi de la Denmark Corporation voit revenir
son neveu le prince Hamlet de ses études universitaires. Celui-ci
voudra venger la mort de son père, en tuant son oncle, le nouvel
époux de sa mère. Puis le jeune Hamlet se rendra dans un vidéoclub
pour dire "toubi ornot toubi "…
Il y a des films qu'on n'oublie pas. Des œuvres à la beauté
singulière, à l'esthétique envoûtant et au charme divin. Des
purs moments de poésie filmée où l'émotion surgit de l'écran
pour assaillir un spectateur sous le choc. Cet Hamlet de Michael
Almereyda n'en fait pas partie. De la pièce de Shakespeare il
ne reste que des extraits assemblés au hasard et déclamés par
des acteurs pourtant prestigieux qui doivent, aujourd'hui encore,
regretter d'avoir participé à cet attentat. Un texte tronqué
donc qui sert d'épine dorsale à cette nouvelle production Miramax.
Surfant sur la vague "indépendante", ciblant un public jeune
(le même probablement qui a pris son pied devant le misérable
Roméo + Juliette avec Di Caprio), Almereyda a réalisé un film
bouffon, pompeux et prétentieux. La mise en scène est risible
du début à la fin, les comédiens semblent compter leurs pas
et méditer leurs mouvements en évoluant dans un cadre bâclé
qui laisse apparaître régulièrement la silhouette d'un technicien
ou la mousse d'un micro. Ajoutez à cela une musique imbuvable
omniprésente durant toute la durée du film et vous obtenez un
cocktail vomitif qui réussirait presque à faire rougir de honte
un amateur de films pornos. Je ne vous parlerai même pas de
l'esthétique kitsch des costumes et des décors, medley hipe
du look new-yorkais contemporain, qui fait d'Hamlet le
seul produit cinématographique démodé avant même sa sortie en
salle. N'en jetez plus, la coupe est pleine.
Il faudra quand même que l'on m'explique ce qui a pu motiver
l'élaboration d'un tel projet. En réalité, nous spectateurs,
ne faisons que récolter les fruits que nous semons. Il nous
faut réagir. La prise de conscience doit être immédiate et collective.
Cette sous culture américaine de bas étage, qui ne respecte
même plus les chefs d'œuvres de la littérature classique, prolifère
comme les morpions au bois de Boulogne. Les rois de l'entertainment,
présents partout dans le monde et même en France, nous servent
quotidiennement un beau plat de merde, nous regardent le bouffer
et attendent tout sourire qu'on en redemande. Alors, un peu
d'orgueil ! Faisons en sorte, tous ensemble et dans un élan
de solidarité culturel encore inédit, que cet Hamlet
de Michael Almereyda soit notre dernier supplice.
Jonathan
Lecarpentier
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