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avec Allociné

Correspondances

«mille et une lettres de cinéma»
Du 31 mai au 30 juillet,
au Forum des images.


Fictions
The shop around the corner, de E. Lubitsch : mardi 20 juin, 19h.
Le corbeau, de H.G. Clouzot : 23 juillet, 19h.
Doc’s Kingdom, de R. Kramer : di 2 juillet 21h, me 5 juillet 14h30, sa 22 juillet 19h

Documentaires
Rachida, lettres d’Algérie, de F. Dauchez : me 7 juin 16h30, je 22 juin 14h30, ma 4 juillet 21h.
Le temps détruit, de P. Beuchot : ve 9 juin 16h30, ma 4 juillet 14h30, di 30 juillet 14h30
Sans soleil, de C. Marker : je 1er juin 14h30, ve 2 juin 21h.


Le nouveau cycle du Forum des images a pour objet les lettres au cinéma. Comme à chaque fois le thème est vaste et devient prétexte à une rétrospective extrêmement diversifiée, qui va de l’adaptation littéraire (trois versions de "Cyrano", deux des "Liaisons dangereuses" !) aux classiques de tous genres : "The shop around the corner" de Lubitsch, une de ses plus belles réussites, ou "Le corbeau" de Clouzot, un chef d’œuvre de représentation de la France sous l’occupation. Mais à côtés de ces films, que l’on revoit toujours avec plaisir, le cycle a le mérite de présenter des oeuvres plus rares. De très nombreux documentaires, qui mettent en évidence ce que la lettre peut contenir de social et d’engagé : elle est le lien qui permet de témoigner. Par exemple, "Rachida, lettres d’Algérie", récit par lettres de la vie dans une banlieue HLM d’Alger. Mais surtout, le thème porte au jour un nouveau genre cinématographique : la «lettre-film», où l’expression du sujet passe par l’écriture, ou la lecture, de lettres, brouille les frontières entre documentaire et fiction. Parmi les documentaires, "Le temps détruit", de Pierre Beuchot, reconstruit la fin de trois soldats morts en 1940 à travers les lettres écrites à leur famille. Réalisés par deux grands cinéastes de notre temps, "Doc’s Kingdom", de Robert Kramer, qui transmet le désenchantement d’un ancien militant, à travers les lettres qu’il envoie à sa femme, et "Sans soleil", de Chris Marker, dans lequel les lettres d’un cameraman hongrois servent de trame à un essai sur le Japon et la Guinée-Bissau, constituent sans doute les plus beaux exemples de ce genre marginal.

Judith Lindenberg