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L'arbre aux cerises
de Marc Recha
Avec Pere Ponce, Diana Palazon, Jordi Dauder
Espagne Couleur 1h34. Sortie le 20 octobre 1999. |
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Nous sommes dans un petit village blotti au creux dune vallée, au sud de
Valence. Des hommes et des femmes vivent, saiment, rient, se séparent,
pleurent
Le temps, là bas aussi, avance inexorablement, balayant tout sur son
passage. Seule la nature omniprésente ne semble subir aucune souffrance. Elle observe,
elle attend.
Avec lArbre aux cerises, Marc Recha réalise un film
étonnant, dune grande beauté plastique. Difficile de cerner le sujet de ce film,
difficile den dégager une histoire. Les événements ne semblent se succéder que
parce quils doivent se succéder. En regardant le film, nous avons létrange
impression que les situations se suffisent à elles-mêmes, que la chronologie de
laction coule dévidence. Recha étire le temps au maximum. Les séquences ne
semblent pas progresser, laction ne semble pas avancer. Pourtant, le film suit son
cours : les drames succèdent aux instants de joie, la mort succède à
lamour
La vallée, la nature, est le théâtre de cette pièce du quotidien.
Elle occupe une place prépondérante dans le récit et en devient bien entendu un
personnage à part entière. Les moments de contemplation des personnages face à la
nature, face à la vie, sont des moments de méditation intenses qui insufflent au film
une dimension quasi religieuse.
Mais malgré
toutes ces qualités, le film ne parvient pas à garder son public. Lensemble est
très beau, mais opaque. Nous observons lécoulement de la vie quotidienne sans pour
autant nous sentir concerner par ce spectacle. Marc Recha est un poète de limage
qui semble apprécier la futilité des instants de vie. Le dernier quart dheure du
film est une pure merveille de réalisation, Recha alternant les points de vue et filmant
lévolution de ses personnages avec beaucoup de compassion. Et comme par magie les
dessins dun enfant charment autant que les plus beaux des paysages.
Jonathan
Lecarpentier |
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