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avec Allociné

 


Décadrages


Responsable de Magouric distribution, Thomas Ordonneau nous présente les différentes méthodes de distribution des films de la collection "Décadrages", série de couples "moyen +court" de jeunes réalisateurs.
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La brèche de Roland
De Arnaud et Jean-Marie Larrieu 
Avec Mathieu Amalric – Cécile Reigher
France – comédie d’altitude - 47mn 


Après Fin d'été, ovni cinématographique où les rebondissements scénaristiques allaient de paire avec une mise en scène suggérée, les frères Larrieu nous reviennent avec une petite comptine qui n'arrête pas de nous trotter la tête. 

Tout commence par un long plan séquence. On y voit une famille grimper - difficilement - le versant d'une montagne. La scène est assez drôle ; elle présente en quelques minutes tout ce qui fait que le cinéma des frères Larrieu est à prendre au sérieux.

La mise en scène, sobre, à laquelle ils nous avaient déjà habitué, vient ici mettre en valeur une direction d'acteur très fine. Aucun "effet" scénaristique donc, ni volonté d'un cinéma dogmatique ou exemplaire. Et c'est en cela que les frères Larrieu excellent. Ils arrivent en  quarante-sept minutes à nous enlever l'idée que nous nous trouvons dans une salle de cinéma et qu'en face de nous se joue une fiction.

Ce moyen métrage a tout d'un grand, sautillant en moins d'une heure d'un genre à l'autre, redonnant par une mise en scène subtile son style majestueux à l'environnement naturel au sein duquel évoluent ses protagonistes, jouant d'une atmosphère irréelle et envoûtante. Et ce, au point que l'on se sent un poil frustré en voyant apparaître le générique de fin, tant cette joyeuse aventure est entraînante.

En plaçant leur intrigue de chambre, avec disputes conjugales, malentendus et quiproquos familiaux, au beau milieu des Pyrénées, Arnaud et Jean-Marie Larrieu prennent d'emblée le parti pris du décalage, choix appuyé par leur direction d'acteurs où le style burlesque de Mathieu Amalric va côtoyer le jeu plus dramatique de Cécile Reigher. Des oppositions qui se retrouvent également dans le mélange des genres que propose le film, oscillant allégrement entre comédie, tragédie et même film catastrophe, sans jamais s'attarder sur l'un ou l'autre.

Eternelle quête des origines d'un côté (le personnage de Roland aurait été conçu en ces lieux par ses parents) déambulation féerique de l'autre (où chacun fait fi de toute inquiétude pour se laisser transporter par ce qui l'entoure), La Brèche de Roland est un séduisant essai, tant par l'agréable dilettantisme de son atmosphère que par l'inspiration du cadrage ou la précision de la mise en scène.

Erwan Le Duc et Samir Ardjoum

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