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Chronique d'Anna Magdalena Bach
de Jean-Marie Straub et de Danièlle Huillet
Avec Gustav Leonhardt - Christaine lang - Andreas Pangritz
Biographie
RFA - 1h30 - NB - 1967 |

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Le film le plus célèbre des Straub, datant de 1967, est, comme le titre
lindique, une chronique : cest à dire quà lintrigue dramatique
se substitue un temps qui sécoule sans heurt, dans la simple succession des
événements.Anna
Magd alena, épouse de Jean
Sébastien Bach, livre le récit des menus faits qui ponctuent lexistence du couple,
jusquà la mort du compositeur en 1750. A linterieur de cette chronique
sintercalent de longs moments dexécution musicale, qui ont lieu à
léglise où le compositeur travaille, chez les gentilshommes par qui il est
employé, à la maison, et viennent interrompre la narration. Les musiciens et les
chanteurs sont filmés à luvre, comme un document dépoque, à
linstar des véritables documents et des lettres officielles qui défilent à
lécran comme autant de témoignages de la vie de Bach. A linverse de
lusage, cest la musique qui est au centre, et limage qui
laccompagne. La musique nest pas seulement le sujet du film, mais la matière
dont il est fait, tandis que limage a seulement une fonction dillustration. En
noir et blanc, dans des décors dépouillés, des plans serrés ne montrant que le
nécessaire, elle est en parfait accord avec la musique de Bach.
Cette uvre, si sobre, est
l'émanation de la vie dure et réglée du musicien de cour dans lAllemagne du
XVIIIème siècle, fonctionnaire de l'époque payé pour louer dieu et ses monarques, et
atteint au sublime et à luniversel : du replacement de cette musique sublime
(magnifiquement interprétée par Gustav Leonhardt), dans son cadre dorigine, naît
la grande fascination quexerce le film, en invitant le spectateur à une attitude
contemplative et émotionnelle à laquelle il nest pas habitué. Chronique
dAnna Magdalena Bach manifeste en cela la volonté des Straub dinstaurer
un autre rapport au cinéma.
Judith
Lindenberg |
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