|









|
Welcome to Sarajevo
de Michael
Winterbottom
Avec
Stephen Dillane - Woody Harrelson - Marisa Tomei - Emira Nusevic
Grande-Bretagne - Durée : 1h40 - 1996 |

|
Welcome to Sarajevo,
quatrième opus de Winterbottom,
est le fruit de sa deuxième collaboration avec son complice des premiers jours, Frank
Cottrell Boyce. Tous deux ont travaillé à ladaptation du livre de Michael
Nicholson. Ce grand-reporter britannique avait en effet écrit LHistoire de
Natasha, daprès son expérience personnelle. Pendant son enquête à Sarajevo,
il a rencontré cette petite orpheline âgée de huit ans. Malgré les nombreuses
contestations, il décide de lemmener loin des bombes et de ladopter.
Ce film est impressionnant par la virulence du propos et des images. Winterbottom nous
montre le conflit Serbo-Croate comme sil accomplissait un devoir de mémoire. Il
transforme un savoir théorique reçu par nos journaux télévisés en une expérience
sensible, fût-elle cinématographique.
De lhôtel où ils travaillent,
les journalistes du monde entier traitent du conflit sous un même angle, dirigés par un producteur qui
na dyeux que pour laudimat. Si le divorce du duc et de la duchesse
dYork fait plus vendre quune vieille guerre, on préfèrera montrer les
désolations des strass que les meurtrissures des yougoslaves. Michael, journaliste
britannique, éprouve alors un sentiment dineptie face à linefficacité des
témoignages, qu'il apporte au monde, au péril de sa vie. Révolté devant cette
impuissance, il décidera de sauver Natasha des horreurs du conflit.
Entre documentaire et pamphlet
politique scénarisé, ce film allie lexpérience télévisuelle et
cinématographique du réalisateur. Les images de reportage réels se mêlent à la fiction.
Sil ne définit pas clairement son
angle dapproche, tombant
parfois dans la fiction documentaire, la volonté dénonciatrice de ce film est
difficilement contestable. Cependant à trop prouver que les temps sont iniques, le
réalisateur surcharge son film dinutiles vindictes. Ainsi la musique, contrepoint
humoristique, illustre de manière systématique les valses des politicards et des
journalistes en déroute. Cette ironie pratiquée avec trop de systématisme et quand elle
transforme ce film en clip vidéo, finit par énerver. Malgré cela Welcome to
Sarajevo est un film quil faut voir, ne serait-ce que pour mesurer le trajet
des informations et le prix des images.
A-L B.
|
|
|