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Histoires de Festival (15.05]

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Au paradis des films : l'enfer de choisir [16.05]

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Rencontre du troisième type avec Woody Allen [16.05]

-- La Valse des apparences (17.05]

-- Croisements intérieurs [17.05]

-- Le Jour est gris [18.05]

-- Deuxième mouvement symphonique [19.05]

-- Les grands écarts [20.05]

-- Confidences d'évidences [21.05]

-- Michael Moore, un nounours en croisade [22.05]

-- Le Passé repensé [24.05]


-- Plage People [25.05]

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A la recherche des mots [25.05]

-- Les dernières marches [25.05]

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Manche finale [26.05]

 


LA VALSE DES APPARENCES

Le Festival de Cannes tient sa beauté intérieure des films présentés. Venus des quatre coins du monde, tous sont ici car ils tiennent de l'exceptionnel. S'il y a tant d'excitation sur la Croisette, c'est parce que tout le monde veut trouver le film rare, éprouver l'intensité d'une émotion forte. Strass à part, on découvre vite que chacun est là pour être transporté. Malgré l'apparence des attitudes frimeuses ou suffisantes, tous les festivaliers sont des tarés de cinéma, victimes du syndrome de Peter Pan. A l'intérieure de la coquille à paillettes, on découvre donc un cœur qui bat à 24 images seconde. L'attitude et l'aspect sont différents d'une nature profonde autrement loin du glamour futile. Ici, on semble aimer la frivolité avec beaucoup de sérieux, mais nous en reparlerons plus tard. Aujourd'hui les trois films présentés en sélection officielle pourraient se définir de cette manière. Ils possèdent, chacun différemment une beauté intérieure qui se révèle de manière sincèrement troublante à mesure que le film avance.

Marie-Jo et ses deux Amants, le dernier film de Robert Guédiguian a été réalisé avec les acteurs appartenant à la famille artistique du réalisateur. On y retrouve sa partenaire à la ville, Ariane Ascaride interprétant le rôle titre, Jean-Pierre Darroussin, et le splendide Gérard Meylan. Un trio infernal au sens propre du terme. Ariane-Marie-Jo aime ces deux hommes et ne veut en quitter aucun. Elle semble insouciante, paraît gérer cette histoire de manière frivole mais elle confie au spectateur, le seul à assister au hors-champs de sa vie, qu'elle est prête à mourir de ce dilemme qu'elle n'arrive pas à résoudre. Lequel ? Pourquoi choisir ? Son moustachu de mari semble être l'homme parfait pour être cocu. Pourtant ce mot ne convient pas à celui qui offre un bateau à sa femme pour son anniversaire afin qu'elle réalise son rêve de petite fille. C'est un mot trop idiot pour ce mari qui ne sait comment lui dire qu'il sait ne plus être le seul dans la vie. Et l'amant, s'il reste amant, aime trop sa maîtresse pour n'être que cela. Une histoire tragique autour d'un fait des plus banals, me direz-vous ? Je serais assez d'accord avec vous. L'interprétation des acteurs frôle parfois l'emphase, ce qui alourdit le film. Il en est de même dans Kedma. Le film reste décevant - malgré l'immense respect qu'on doit avoir envers le traitement cinématographique de sujets si politiques et si engagés. La gravité appesantit énormément le propos. Empêchés d'entendre ce qui nous est simplement donné, l'aspect dramatique confine le spectateur dans une attitude de repli. Quel parcours pouvons nous faire vers la rencontre de ce film et de ces personnages, si tous est imposé et qu'il ne nous reste qu'à l'accepter tel quel ? Malgré cela Kedma est un film passionnant car il devient source d'infinies discussions qui pourraient, comme à chaque fois, constituer le film du film.

Présenté en dehors de la compétition officielle, Searching Debra Winger est un documentaire réalisé par Rosanna Arquette. Bien sûr, nombreux sont ceux qui se sont échappés avant la fin du film. Il est vrai que quelques remarques apparemment typiquement américaines ont de quoi exaspérer (CF les "Sooo nice, so cute" d'hier). Cependant l'adhésion l'emporte car la documentariste conduit sa première expérience avec toute la naïveté de la sincérité. La démarche est clairement honnête : savoir si une actrice célèbre et engagée dans son métier peut avoir une vie de famille satisfaisante, si elle peut avoir quarante ans sans être éloignée des plateaux de tournage. Interrogeant toutes ses amies qui appartiennent à la catégorie des actrices célèbres, Rosanna Arquette dévoile un peu la nature du métier d'actrice, comme de celui de star. Sur le vif, sans trop de maquillage, au milieu de tablées d'actrices qui semblent habituellement raconter leurs derniers potins, ce monde hollywoodien ressemble à un monde parallèle. Sans que personne ne s'en aperçoive, quelque chose de la vie atone et ennuyeuse des gens qui nous font habituellement rêver, se dévoile ici. Troublant, troublé, au milieu de tous ces événements entre toutes ces montées de marches pleine de fierté et d'espoir, Star Wars est un peu passé inaperçu. Aucun écho d'émeute ou d'esclandre, aucun potin extraordinaire. Si les producteurs veulent créer un événement à partir de rien, personne n'est dupe. Un ennui sidéral semble émaner des salles de projection de presse qui n'en peuvent plus de subir les enchaînements d'effets spéciaux. Si Lucas était venu pour présenter et vendre ses effets spéciaux, il aurait pu éviter de mobiliser tant de monde. J'ai moi-même préféré aller voir un jour avant sa présentation officielle, le génial Bowling for Columbine de Michael Moore. Je vous en parlerai demain, en attendant, j'essaie de le faire répondre à quelques questions.

Anne-Laure Bell

[17.05] Bowling for Colombine, All for Nothing, Le Sourire de ma mère >>

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