-
Intro
------------------

-
Sélection officielle
------------------
-Home Flu
------------------
-CinéFlu
------------------
-Actus Cannoises

--
Histoires de Festival (15.05]

--
Au paradis des films : l'enfer de choisir [16.05]

--
Rencontre du troisième type avec Woody Allen [16.05]

--
La Valse des apparences (17.05]

-- Croisements intérieurs [17.05]

-- Le Jour est gris [18.05]

--
Deuxième mouvement symphonique [19.05]

-- Les grands écarts [20.05]

-- Confidences d'évidences [21.05]

-- Michael Moore, un nounours en croisade [22.05]


-- Le Passé repensé [24.05]


-- Plage People [25.05]

--
A la recherche des mots [25.05]

-- Les dernières marches [25.05]

--
Manche finale [26.05]

 


GRANDS ÉCARTS

La deuxième semaine du Festival de Cannes commence. Le rythme s'accélère à mesure que les cernes de tous les participants se creusent. La présentation du dernier film d'Atom Egoyan ce matin a été le théâtre de nombreuses siestes de rattrapage. Il faut dire qu'il y avait de quoi être déçu. On s'attendait à un événement. Le cinéaste arménien nous avait éblouis avec Exotica, captivés avec De Beaux Lendemains respectivement présentés ici en 1994 et en 1997. Habitué de la Croisette, il revient aujourd'hui avec Ararat un film sur l'histoire de l'Arménie. Soucieux de ne provoquer aucune polémique, le réalisateur a expressément souhaité que le film ne soit pas présenté en compétition officielle. Attitude paradoxale pour qui souhaite dénoncer le génocide arménien par l'armée turque en 1915. "Ararat s'attache au rôle que peut jouer l'art dans notre combat pour trouver le salut après le génocide. C'est une œuvre extrêmement personnelle." explique le réalisateur. Les vendeurs et les acheteurs de films, les journalistes, les producteurs présents, tous rêvaient de temps plus calme. Certains rêvaient d'un don d'ubiquité, d'autre d'une longue nuit de sommeil, d'autre encore se remémoraient leurs meilleurs films.

Beaucoup plus glamour, aujourd'hui les marches du Palais ont été foulées de concert par Leonardo Di Caprio, Cameron Diaz et Martin Scorsese. Non, ni les beaux acteurs, ni le grand réalisateur n'étaient venus présenter un film en compétition. Tout ce joli petit monde a attiré l'attention cannoise pour une bande-annonce de vingt minutes. Le titanesque Gangs of New-York semble enfin près d'être terminé. Gageons que les producteurs s'acharnent à voir leurs investissements compensés. Ceci expliquerait que la promotion soit déjà lancée. Le film sort en février. Les dossier de presse sont soignés. Pour un peu, comme il y a trois ans lors de la présentation de Godzilla, un grand hôtel arborera un mannequin en plastique de Di Caprio vous déclarant que "la taille compte". Quand bien même l'excitation autour des marches rouges du festival a un côté Foire du Trône un peu pathétique, les voir transformées en tremplin commercial est un peu rude.

Loin de cette petitesse cannoise, Intervention Divine était le film à voir aujourd'hui. Le long-métrage palestinien d'Elia Suleiman, présenté en compétition officielle surprend la croisette. Succession de portraits et de saynètes, il dénonce l'absurdité du conflit israélo-palestinien de manière tragi-comique. Entre Ramallah et Jérusalem, deux palestiniens s'aiment. Ils ne peuvent se voir qu'aux check-point. Leur amour entravé fait naître les fantasmes les plus fous. Lui rêve que sa beauté fatale fasse tomber les barrages israéliens, il l'imagine en ninja surpuissante, en wonderwoman qui arrêterait magiquement toutes les balles. Entre rêve et réalité, Suleiman montre la vie de tous les jours sous la perspective de l'affrontement. Pourtant la violence de cet affrontement vient plus de son absurdité que de sa brutalité. Le rire semble être la seule solution pour dire toute l'ineptie des agressions. Manifestement ce film est né d'une urgence à exposer, dénoncer une situation politique invivable. Elia Suleiman s'offre la liberté de se moquer. C'est avoir un peu d'emprise sur ce que subit le peuple palestinien. Il incarne le personnage principal de son film, l'amoureux de Jérusalem. Celui-ci offre un ballon rouge à sa belle. Gonflé à l'hélium, il arbore la tête d'Arafat, et peut voler librement au dessus de la ville sainte. Ainsi la liberté de circulation des peuples ne serait pas plus dangereuse qu'une baudruche. Intervention Divine provoque à Cannes de nombreuses discussions tant cinématographiques que politiques. La présence de la presse internationale et notamment de la presse Israélienne est l'occasion de débats et d'échanges passionnel - même si les nombreux intellectuels ici présents qui condamnent ouvertement la politique d'Ariel Sharon. Chacun rebondit sur le film pour mettre des mots sur l'insupportable. Aussi, ce serait une juste représentation du sentiment festivalier que de lui attribuer une récompense, puisqu'il est vrai que la semaine se termine par une remise des prix.

Anne-Laure Bell

[21.05] Confidences d'évidence (Sweet Sixteen, Spider) >>

© fluctuat.net 2002 / contact : webmaster@fluctuat.net

Toute l
'actu en direct du Festival de Cannes sur le blog Cinéma
Site officiel du Festival de Cannes : http://www.festival-cannes.com