-
Intro
------------------

-
Sélection officielle
------------------
-Home Flu
------------------
-CinéFlu
------------------
-Actus Cannoises

--
Histoires de Festival (15.05]

--
Au paradis des films : l'enfer de choisir [16.05]

--
Rencontre du troisième type avec Woody Allen [16.05]

--
La Valse des apparences (17.05]

-- Croisements intérieurs [17.05]

-- Le Jour est gris [18.05]

-- Deuxième mouvement symphonique [19.05]

-- Les grands écarts [20.05]

-- Confidences d'évidences [21.05]

-- Michael Moore, un nounours en croisade [22.05]

-- Le Passé repensé [24.05]


-- Plage People [25.05]

--
A la recherche des mots [25.05]

-- Les dernières marches [25.05]

--
Manche finale [26.05]

 


CROISEMENTS INTÉRIEURS

Au cœur du Festival de Cannes, se rencontrent toutes les sensibilités du monde. Aujourd'hui trois films ont l'honneur des marches rouges. Trois regards politiques qui résonnent entre eux d'une étonnante musique. Michael Moore ouvre le bal dès cet après-midi avec Bowling for Columbine. C'est, dit-on, le premier documentaire présenté en compétition officielle, depuis le Monde du Silence de Jacques-Yves Cousteau récompensé ici par une palme d'or en 1956. Ne croyez pas pour autant que Cannes devient plus pragmatique qu'artistique. Ce film là se situe à la frontière des deux mondes. Basé sur une très sérieuse enquête journalistique le film s'accompagne d'une volonté de dénoncer les vérités avec humour. le réalisateur explore la violence américaine stigmatisée par le nombre de meurtre par armes à feu. Le but est de comprendre. Pourquoi y'a t'il tant d'armes à feu en libre circulation aux Etats-Unis? Pourquoi y a-t-il tant de crimes dans ce pays ? La présence de ce dangereux gauchiste à Cannes est à la fois surprenante et en même temps très compréhensible. L'écrivain-réalisateur, déclaré comme fou dangereux par la Maison Blanche sous la présidence de M. Clinton, a l'habitude de sillonner les Etats-Unis pour faire la promotion de ses livres et de ses idées. C'est un véritable spectacle qu'il donne aux gens venus l'entendre.

Excellent show man, il fait vibrer son public grâce à son humour caustique qui dénonce de façon évidente toutes les absurdités étatsuniennes. Ainsi, toujours proche de son public, il souligne d'autant mieux les absurdités subies par la société américaine. Son but : défendre les gens sans travail, sans abris, sans voix, sans rien. Ses moyens, écrire, faire des films pour se faire entendre par les puissants en espérant qu'ils changeront quelque chose à l'état du monde. Un naïf ? La réussite de certaines de ses entreprises prouve le contraire. Il vient donc à Cannes pour que l'écho médiatique se crée. Sa simplicité à appliquer le protocole prouve qu'il n'est ni devenu le chantre de la rébellion, ni un professionnel des congratulations. Sous les objectifs des photographes, il souligne le fait qu'il a quitté jean, casquette, t-shirt et basket de travail : "Ma femme m'a acheté ce costume" dit-il, les yeux rieurs.

Parce qu'il interroge toujours l'état des relations humaines, familiales en l'occurrence, Michael Leigh participe également à cette réflexion sur un monde qui va tant bien que mal. Dans All or Nothing, Phil et Penny n'arrivent pas à joindre les deux bouts. Cela ne semblent pas plus facile pour leurs voisins. Dans leur cité, tout le monde a des problèmes. Pourtant Phil pensait que l'amour qu'ils se portaient l'un à l'autre les rendait différents. Il pensait qu'il parvenait "au moins" à avoir une famille qui justifiait et apaisait les malheurs quotidiens. Toujours dans la veine du cinéma britannique réaliste, Mike Leigh nous dresse un portrait à la noirceur convenue où seul l'amour saura sauver le monde de sa perte. Très honnête, le film n'atteint pourtant jamais cette dimension supérieure qui transporte les cinéphiles vers l'enchantement. Heureusement, l'italien Marco Bellocchio s'en charge avec beaucoup de justesse. Son Sourire de ma Mère présenté aujourd'hui en deuxième partie de soirée semble être une excellente réflexion sur la religion. C'est également l'histoire d'une séparation, d'un deuil, celle d'une mère trop prégnante par un fils qui croyait trouver une échappatoire dans la fuite. Ernesto, interprété par le magnifique Sergio Castellito, a une mère que tout le monde cherche à faire canoniser. Les représentants de la très sainte église catholique viennent le chercher pour qu'il participe à la procédure. Etonné d'apprendre que toute sa famille entreprend de transformer une mère dévote un peu idiote et sans cœur, il se bat pour garder une liberté de penser. Face à lui-même, il met ses convictions à l'épreuve et se rend compte du chemin qu'il reste à parcourir pour les affirmer. Plein de pondération, ce film est une très belle réflexion sur l'emprise et le pouvoir intrinsèque de la famille envers un de ses éléments hétérogènes. Aussi aujourd'hui je garde deux films à mettre sur la liste des films pouvant être primés : Bowling for Columbine et Le Sourire de ma Mère. Mais ne préjugeons pas des 17 autres films à voir… 17 planètes !

Anne-Laure Bell

[18.05] Le jour est gris (Carnage, Principe d'incertitude, 24hour People) >>

© fluctuat.net 2002 / contact : webmaster@fluctuat.net


Toute l
'actu en direct du Festival de Cannes sur le blog Cinéma
Site officiel du Festival de Cannes : http://www.festival-cannes.com