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Histoires de Festival (15.05]

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Au paradis des films : l'enfer de choisir [16.05]

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Rencontre du troisième type avec Woody Allen [16.05]

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La Valse des apparences (17.05]

-- Croisements intérieurs [17.05]

-- Le Jour est gris [18.05]

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Deuxième mouvement symphonique [19.05]

-- Les grands écarts [20.05]

-- Confidences d'évidences [21.05]

-- Michael Moore, un nounours en croisade [22.05]


-- Le Passé repensé [24.05]

-- Plage People [25.05]

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A la recherche des mots [25.05]

-- Les dernières marches [25.05]

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Manche finale [26.05]

 


CONFIDENCES D'ÉVIDENCE

Jour après jour le Festival de Cannes avance vers sa fin. Une telle tautologie vaut apparemment des ponts d'or. Il faut savoir y faire, enrober le tout d'assurance et faire exploser la phrase en plein milieu de la conversation. Deux exemples qui nous donnent l'occasion de revoir M. Ken Loach. Il revient avec sa petite contribution cinématographique; Sweet Sixten est présenté aujourd'hui en compétition officielle. A Glasgow, la vie d'un fils de junkie n'est pas facile. Liam a une mère en prison, un grand-père et un beau-père qui le tabassent. Plein d'espoir, le jeune homme veut changer de vie. Il suppose qu'en changeant la vie de sa mère, tous les problèmes seront résolus. Elle sort de prison la veille de ses 16 ans, ce qui lui laisse deux mois pour lui trouver une nouvelle maison. Il se lance dans le trafic de drogues en prenant exemple sur son beau-père. Malin, le jeune homme finit par se faire embaucher par la mafia locale qui lui fournit un appartement dans les quartiers chics. Mais tout serait trop beau s'il n'y avait un meurtre final, tragédie loachienne soit disant hyper réaliste. Les symboles et les métonymies ne sauveront pas de l'ennui profond éprouvé ici. On connaît tellement Loach et ses noirs tableaux qu'on sait précisément qu'il nous conduit vers l'aboutissement de destins sordides. Ici pas d'espoirs. Le portrait du jeune homme est une exécution en bonne et due forme. A croire que le réalisateur méprise son personnage. Là pointe alors un aspect moralisateur un peu pervers. Il semble que Liam ne s'en sorte que grâce aux trafics de cigarettes puis de drogue. Pourtant, il serait immoral de le voir devenir un caïd de la mafia échappant aux flics. Cette leçon de morale mâtinée de dénonciation nous dérange. D'autant plus qu'elle est présente aujourd'hui dans tous les films de Ken Loach. Les démonstrations sont données avec trop d'arrogance, trop de fierté. Loin de la modestie de ses premiers films, loin de cette urgence qui s'en prenait aux injustices sociales, le réalisateur se pose en spécialiste du monde défavorisé.

Autrement décevant, Spider le dernier film de David Cronenberg promettait pourtant un grand changement dans la carrière du réalisateur. Après Existenz, on souhaitait que le cinéaste renouvelle son travail, tant il semblait avoir épuisé le thème de la chair humaine transformée à loisir. Aujourd'hui son film ressemble à la commande qui en a précédé l'existence. Présentons autrement cette situation. Ralph Fiennes aurait fait appel à Cronenberg pour diriger ce long-métrage. Soit un grand acteur allié à un grand réalisateur, ce qui ne donne pas toujours un bon résultat. Spider est un petit garçon, devenu un adulte schizophrène. Il semble n'avoir jamais résolu son complexe d'Oedipe et revit le temps du film la tragédie de son enfance. On est alors surpris que Cronenberg utilise ainsi le mythe de l'origine du mal lié à l'enfance pour expliquer son personnage. Racontée de manière très ordinaire, très hollywoodienne, le film finit par ennuyer, tant il ne se passe rien que des souvenirs. Bien sûr on vous dira que Spider est une réflexion sur l'image, la vérité qu'elle suppose quand elle est donnée comme telle. Bien sûr. Soulignons alors que jamais ce seul objectif cinématographique n'a réussit à faire un film. Quelques plans laissent espérer un mieux, on perçoit l'espace distordu par un cadrage grand angle, un arrière plan est constitué de fils métalliques… tant d'images qui nous empêchent de crier à la fraude. Tant d'images qui nous prouvent que M. Cronenberg sait tenir une caméra. La politique des auteurs de la Nouvelle Vague défendait également les films mineurs des réalisateurs. On y voyait de nécessaires passages à vides, des remises en questions salvatrices… Pour oublier notre déception, on n'aura donc qu'à se dire que le prochain film de ce grand cinéaste sera bien meilleur. Maigre consolation, mais il est vrai que M. de Lapalisse n'était pas un tendre.

Anne-Laure Bell

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