Ce nouveau monde industriel est caractérisé par ce que j’appelle une « technologie transformationnelle ». (...) Ses caractéristiques sont doubles : il s’agit d’abord d’une société collaborative. Il s’agit enfin d’une société non pas immatérielle, mais hyper-matérielle.
1. Qu’entendez-vous par "nouveau monde industriel " ?
Bernard Stiegler : On distingue habituellement deux périodes dans la société capitaliste. La première correspond à la première révolution industrielle, dont l’enjeu principal était la transformation de la matière par la technique. Ses caractéristiques étaient : l’économie d’échelle, la production en série, la recherche de gain de productivité, etc… Et sur un mode organisationnel : la structuration en classes sociales. Elle renvoie à l’idée de progrès du 19e siècle.
La seconde correspond à un monde industriel organisé autour de l’automobile et du marketing. C’est une société industrielle consumériste, basée sur un nouveau type de consommateur, celui de l’american way of life. Ses caractéristiques : la surproduction, la recherche de nouveaux marchés… Son enjeu est une transformation à toute vitesse de la consommation.
J’ai le sentiment que nous sommes entrés dans une troisième période, hyper-industrielle, dans laquelle les gens en rejetant les valeurs de la consommation ont adopté de nouveaux comportements. La société et le public ne sont plus dans une articulation producteur vs consommateur, ou actif vs passif, mais sur un modèle de distribution partagé. Un bon exemple est le fonctionnement de Wikipédia, ou des blogs. Mais les modes opératoires sont les mêmes dans le monde du design.
Or, ce nouveau monde industriel est caractérisé par ce que j’appelle une « technologie transformationnelle » (...)
Lire la suite de l'entretien avec Bernard Stielger en Mag Société.
Human Brain Cloud est un joujou flash dont le principe - simplissime - peut être résumé en deux points : 1/ un mot est proposé (en anglais...) 2/ à quoi vous fait-il penser ? L'application fonctionne en direct, ce qui permet de confronter ses propres réflexes sémantiques à ceux des utilisateurs en ligne (et d'imaginer qu'un même terme peut susciter différents échos, en fonction par exemple de l'actualité...). Au-delà de cette dimension live, déjà plaisante en soi (il est possible de s'identifier avec un pseudo, et donc de suivre les propositions de personnes précises, connues ou inconnues), le système stocke tout ce qui lui est soumis, créant une infinité de nuages sémantiques dans lesquels on peut naviguer d'un clic léger. Le jeu, étrangement addictif, se double d'un traitement statistique en temps réel. On découvre ainsi le top 10 des associations les plus souvent citées, sortes de Dupont & Dupond de la langue anglaise :

L'autre buzz du jour, après ou avant le Yahoo Buzz 2006 selon votre degré de geekerie, c'est la nouvelle version de Trendio, le jeu d'enchère sur les mots le(s) plus prisé()s du web... 2.0 (Cf. Post précédent sur Aeiou : les traders de l'info). Avouons que le classement des mots les plus échangés aujourd'hui (décembre 2006) est plus... trendy : la très attendue Wii (j-2) est en tête, suivie des Noël, Saint Valentin, Restos du coeur, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Djibril Cissé, Ligue des champions, François Bayrou, Ronaldinho...
Signe de suprême hypitude technologeek, Digg lance un espace Lab. Des systèmes de cartographie de l'information en direct qui rappellent les travaux de Jonathan Harris ou de Marcos Weskamp, mais en plus... techno-centré.
Jonathan Harris, artiste coder déjà responsable du célèbre 10x10, Word Count et de Phylotaxis, est de retour (accompagné de Sepandar Kamvar) avec un projet Processing fort en charge émotionnelle. "We Feel Fine" explore des milliers de blog à travers le monde à la recherche de phrase commençant par les termes "I feel" et "I am feeling". Tous ces blogs, pour des besoins pratiques de présentation (vive les templates), sont structurés selon une nomenclature commune : nom, âge, sexe, taille (pas obligatoirement du sexe), etc... L'avantage d'une telle structure est que l'on peut manipuler tout ce petit monde (les "data") à l'aide d'algorithme plus ou moins complexe et barbare. C'est ce qu'on fait nos amis Jonathan & Sepandar avec ce We Feel Fine. Inventorier nos émotions, les tracer, les géolocaliser, les structurer, non pas pour mieux les (nous) comprendre, mais pour découvrir, comme un fil (thread ?) rouge, que d'où viennent nos émotions, nos sentiments, nous sommes finalement de simple (formidable) machine sensitive. Clap clap clap devant une telle qualité esthétique, fonctionnelle, et surtout, une telle charge émotionnelle. Demain, je me (re)mets au Processing. Je me sens bien, pas vous ?
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