Aeiou, le blog de Flu. Blog !
Fil d'actu : vidéoFil Rss vidéo
Un jour, le web vous donnera régulièrement à lire du vrai multimédia interactif. Pour l'heure, il vous livre quotidiennement des vidéos.

Deux vidéos YouTube et un p____n de crossfader

Posté par Jordan le 16.11.09 à 17:41 | tags : musique, vidéo

Ce qui frappe en premier lieu sur le site www.twoyoutubevideosandamotherfuckingcrossfader.com, c'est l'incontestable respect de la promesse.
Deux players YouTube, et un crossfader au milieu. Nul besoin d'expliciter plus avant le concept.

Ce qui séduit ensuite, c'est l'élégant design de la page et son petit bouton "party" en bas à gauche, qui permet d'afficher un background festif du plus bel effet.

Ce qui rassure quant au professionnalisme de la chose, enfin, c'est le lien (en bas à droite) vers quelques logiciels de capture vidéo qui permettront d'immortaliser vos mix les plus brillants. A vous de jouer.




Les publicités pour Windows 7 parodiées

Posté par Jordan le 28.10.09 à 07:42 | tags : microsoft, marketing, vidéo

Microsoft sort la nouvelle mouture de son OS et se félicite des performances de ce Windows 7, plus fiable que le décevant Vista. La firme de Redmond en est tellement contente qu'elle imagine que nous allons célebrer la chose en grande pompe, et nous donne quelques conseils sur la manière d'organiser une "Windows 7 launch party"…

Une attention qui n'allait pas tarder à être moquée, certains notant la lubrique tournure du scénario si l'on masque de la publicité son sujet, d'autres invitant les internautes à bien préparer leur "Windows 7 torrenting party".

En France, nous avons eu droit à un autre spot, un poil risible aussi, vite parodié également.







Miley Cyrus, égérie post-Twitter

Posté par Gflu le 12.10.09 à 11:03 | tags : twitter, vidéo, web-réalité

Miley Cyrus, qui si j'ai bien compris est une star internationale, quitte Twitter définitivement. On s'en bat les bollocks me direz-vous, ce en quoi vous n'auriez pas entièrement tort. Mais il faut toujours écouter la voix de la jeunesse. Et quand la jeunesse, par la voix rapeuse de Miley Cyrus, dit : "Je ne veux plus vivre pour des instants. Je veux vivre pour les gens", il faut tendre l'oreille à cette invitation au luddisme, à cette révolte exaltée contre le statut de l'homo numericus statufié dans un temps-réel qui l'éloigne de la réalité-vraie. En version originale, ça donne :

 Manifestement, c'est un manifeste.




Le Paradis Artificiel de JP Frenay

Posté par Jordan le 22.09.09 à 09:10 | tags : arts visuels, vidéo

Artificial Paradise, Inc est un court-métrage expérimental d'anticipation signé JP Frenay : une société a développé un logiciel de réalité virtuelle organique qui stocke tous les souvenirs perdus de l'humanité. Un utilisateur se connecte à cette base de donnée de l'oubli… Que cherche-t-il ?




Do you wanna date my avatar ?

Posté par Easywriter le 20.08.09 à 10:40 | tags : vidéo

Vue dans Buffy et les vampires et Dr Horrible de Joss Whedon, Felicia Day est un sex-symbol geek, position renforcée par son rôle dans The Guild dont la deuxième saison vient de s'achever.

En attendant la suite, amusez-vous avec les références contenues dans "Do you wanna date my avatar ?", morceau entrainant puis entêtant (rien à voir avec le Avatar de James Cameron), qui est Da tube de l'été de ceux qui n'ont jamais dansé sur un tube de l'été (pour les autres,  Flu Musique a sélectionné 50 ans de tubes).




Web Site Story, une comédie musicale en ligne

Posté par Jordan le 30.06.09 à 14:10 | tags : internet 2.0, vidéo, musique

CollegeHumor, le site communautaire créé en 1999 pour tous les fratboys et sorority chicks qui passent trop de temps devant leur écran, continue son exploration sociologique du web avec talent…

 




Un joli faire-part de mariage en stop motion

Posté par Jordan le 10.06.09 à 17:30 | tags : vidéo

Les sites de partage de vidéos permettent aux internautes de diffuser leurs créations, plus ou moins artistiques. Ils sont aussi de nouveaux outils au service d'expressions codifiées, dont les conventions sont détournées au moyen du support vidéo.

Une agence de communication réalise ainsi son "site" sur YouTube, avec sa fonction d'insertion de liens, tandis que des candidats y publient, avec un talent relatif, leurs CV.

Corey McKenna a réalisé son faire-part de mariage en stop motion. Une réussite, qui pose cependant une question de logistique épineuse : les 125 000 personnes ayant regardé la vidéo se rendront-elles toutes à la cérémonie ?




Bizkit, le chien noctambule et ses pâles copies

Posté par Jordan le 13.05.09 à 20:20 | tags : loufoque, vidéo

Bizkit est en proie à des rêves agités, qui le mettent parfois en péril. Près de dix millions d'internautes ont déjà ri de son malheur, jalousant secrètement l'expérience totale que semble vivre l'animal. 

Surfant sur la popularité de l'imaginatif canidé, Chris Pirillo (socialmediaconsultant et techexpert à la tête d'une communauté de connectés) parodie la vidéo, incarnant un geek somnambule.

Fin de l'histoire, la politique s'en mêle : le buzz est récupéré par un militant écologiste qui épuise lamentablement le potentiel de LOL qui restait au possible mème en gestation. Merci Greenpeace.




Yooouuutuuube : mosaïque trippy d'une vidéo choisie

Posté par Jordan le 11.05.09 à 17:54 | tags : vidéo

Yooouuutuuube, où la visualisation psychédélique d'une vidéo sous forme de mosaïque de 36x36 petits players (voire plus si vous le souhaitez), déclenchés en canon. Rien d'époustouflant (on peut zoomer/dézoomer, à condition d'avoir une machine suffisamment puissante, ou se déplacer sur la grille), mais un bon moyen de perdre son temps, l'intérêt étant de trouver LA vidéo qui sera transcendée par l'outil.
Celle qui a beaucoup circulé est le joli remix d'Alice au Pays des merveilles créé par Nick Bertke, aka Pogo, un jeune australien qui aime faire des films et de la musique, et a utilisé plein de samples du fabuleux Disney de 1951 pour composer un morceau, téléchargeable gratuitement ici, et le clip qui va avec.
Nous vous proposons une intervention non-truquée de Christine Albanel, une version kaléidoscopique de Lucy in the Sky with Diamonds, et un extrait live burné de Laurent Garnier… En attendant vos suggestions en commentaires !

 

EDIT : Proposées en commentaires, donc : Walt Whitman par My Robot Friend (pour un résultat que le compositeur ne renierait sûrement pas), les moutons d'Arte et les psychadéliques publicités japonaises pour la sauce Tarako Kewpie.




Le petit chaperon rouge infographé

Posté par Jordan le 08.04.09 à 19:51 | tags : arts visuels, vidéo

Tomas Nilsson, étudiant en design à l'université de Linköping en Suède, revisite l'histoire du Petit Chaperon Rouge en infographie animée.

Inspirée du clip de Röyksopp Remind me, cette version matérialiste du conte nous informe de la valeur nutritionnelle de la grand-mère, des propriétés aérodynamiques du bus ou encore de la densité de la faune en forêt...La musique est signée Slagsmålsklubben.




Turbulences chez les CEO : JetBlue convoite le marché du jet privé

Posté par Jordan le 05.04.09 à 15:13 | tags : marketing, vidéo

La compagnie aérienne JetBlue, créée en 1999, vient de lancer une campagne de pub destinée aux CEO éplorés. Vilipendés par la populace qui les accuse d'être responsables de la crise, ces quelques malheureux patrons sont injustement forcés à renoncer à leurs bonus, stock options et autres parachutes dorés. Conséquence directe : le budget jet en prend un coup, et les tristes victimes de l'acharnement médiatique du moment ne savent plus comment voyager. JetBlue, à l'affût du marché, s'adresse donc à ceux que l'opinion accable pour les inviter à voler dans leurs appareils (où il n'y a pas de distinction seconde/première classe). Consciente que le fait de se retrouver sur une compagnie régulière risque de choquer cette clientèle, JetBlue a réalisé des vidéos pédagogiques à leur attention.

 
Deux autres vidéos (signées JWT) sont disponibles sur le site dédié The CEO’s Guide to Jetting.
A noter que la compagnie JetBlue utilise, pour dialoguer avec ses clients, un compte Twitter suivi par plus de 280 000 personnes.



Le viral est mon métier : Mentos et Coca jusqu'à plus soif

Posté par Jordan le 25.03.09 à 14:29 | tags : marketing, vidéo

Fritz Grobe et Stephen Yoltz sont deux performers dont la petite troupe originaire du Maine était jusqu'en 2006 aussi méconnue que peut l'être une troupe originaire du Maine. Quelques Mentos plongés dans du Coca-Cola Light plus tard, les deux comparses en blouse sont passés par les écrans d'ordinateur de plusieurs dizaines de millions d"internautes.
Tandis que le Star Wars Kid déprime et que le Numa Numa Guy essaye de vendre son disque, Fritz et Stephen sillonnent la planète avec bonbons, bouteilles et enthousiasme, battant sous l'oeil bienveillant de leurs sponsors records idiots mais mondiaux, répétant encore et encore la performance qui les a rendus célèbres. Une autre vidéo réalisée avec des post-it pour le compte d'un marchand de fournitures de bureau leur permet de continuer, pour 2-3 ans au moins, ces futiles activités. L'improbable couple nerd semble de toute façon condamné par YouTube et sa traine éternelle à revivre un Groundhog Day sans sucre mentholé, pour le bon plaisir de quelques spectateurs amusés…




Voir aussi : le remake Mentos + Coca + Capote



Stephen Colbert Vs. Lawrence Lessig remix

Posté par Jordan le 19.03.09 à 13:46 | tags : droits d'auteur, vidéo, remix

Le génial Stephen Colbert, dont Rom vous parle souvent sur le blog télé, recevait en janvier dernier Lauwrence Lessig, papa des Creative Commons, pour une interview soumise au droit d'auteur et dont tout remix est donc formellement interdit, comme le journaliste/saltimbanque l'avait fermement rappelé au cours de celle-ci.
Dans les jours qui suivirent, l'extrait fut évidemment l'objet de maints bidouillages, déclenchant la colère de l'animateur qui fut contraint de proposer son propre remix et d'avertir à nouveau les maniaques du sampling idiot…




 




Flickr Clock : regarder le temps passer

Posté par Jordan le 11.03.09 à 20:46 | tags : flickr, vidéo

Flickr Clock est une nouvelle application de visualisation créée en collaboration avec le studio californien Stamen, qui affiche des vidéos selon l'heure à laquelle elles ont été filmées. L'idée étant de mettre en valeur la richesse des contenus vidéos du site, qui reste avant tout considéré comme une plateforme de partage de photos.

Pour participer au projet Flickr Clock, il faut soumettre son œuvre au groupe dédié et y ajouter un tag horaire sous la forme "time:hour=9PM". Force est de constater que les contributions ne respectent pas toutes le concept d'heure de capture, mais le visiteur se laissera aisément bercer par ces mini-films qui s'enchaînent, petit voyage voyeur arty surprenant…

 




Le téléchargement c'est le meurtre

Posté par Easywriter le 04.03.09 à 15:06 | tags : vidéo
Download is murder. 
Télécharger cette vidéo est un délit. Elle a été trouvée chez Maitre Eolas, qui fait par ailleurs preuve d'un militantisme crapuleux.



Mapping vidéo 3D : un talent bien de chez nous

Posté par Jordan le 25.02.09 à 20:47 | tags : vidéo, arts visuels

La France est depuis longtemps à la pointe des technologies 3D, elle peut aujourd'hui se targuer d'un joli savoir-faire : le mapping vidéo 3D. La technologie est notamment utilisée par la société Easyweb pour ses "projections monumentales". Artistique ou publicitaire, le show est évidemment plus séduisant quand il n'est pas commercial. Ci-dessous leur vidéo démo.




$99 Music Videos : clips collaboratifs pour artistes fauchés

Posté par Jordan le 24.02.09 à 16:45 | tags : musique, vidéo

Il ouvre des sites de vidéos tous les jours. Concepts fumeux et formules éculées, peu méritent que l'on y porte un intérêt particulier. Parmi cette profusion que "lacrise" risque de modérer, un nouveau-né absolument pas révolutionnaire mais sympathique : www.99dollarmusicvideos.com.

Le site met en relations des groupes de musique et des réalisateurs. Les premiers sont sans le sou, mais aimeraient diffuser des clips sur la toile pour se faire connaître, et auprès des maisons de disque pour se faire signer. Les seconds sont sans le sou, mais aimeraient montrer de quoi ils sont capables sur la toile, et à des boîtes de prod pour être embauchés.
Le pitch est simple : rencontrez-vous, tournez votre clip en une journée, pour moins de 100$, montez-le en une journée et postez la vidéo. Chaque semaine, un clip et un making-of devraient être mis en avant.
Derrière ce site, NextNewNetworks, éditeur de webTV dont Veracifier ou Channel Frederator, en partenariat avec le fournisseur d'accès américain Verizon, pour une visibilité accrue des productions. A suivre...

Premier clip à 99$ : La Strada - The Sun Song



Tube Dubber : des mashups faits à la maison

Posté par Jordan le 23.02.09 à 18:19 | tags : vidéo, remix

Nadine Morano stagedivingTube Dubber vous invite à choisir deux vidéos sur Youtube : une pour l'image, et l'autre pour le son.
Calez la première par rapport à la seconde, et inversement. Cliquez, c'est prêt.
Riez à gorge déployée, recommencez deux-trois fois, proposez votre mashup à l'équipe éditoriale du blog associé, et rentrez du bureau la tête haute, fier d'avoir rendu, par votre créativité, ce monde un peu meilleur...

 

Exemple : "Nadine Morano stagediving coquin" + "Beastie Boys - Sabotage" (ici),

ou encore "Les Musclés - L'amour mour mour" + "TTC - Girlfriends" ().




Le cinéma expérimental à l'épreuve du numérique (4)

Posté par Troudair le 16.02.09 à 10:35 | tags : cinéma, vidéo

Pénétrer dans la caverne, s'asseoir autour du feu, partager avec quelques élus la magie d'un instant secret...
Si l'on a évoqué la rareté perdue des projections d'antan, confinées dans la petite salle de poussiéreuses cinémathèques, on ne peut faire l'impasse sur ce que cette rareté a pu entraîner : connivence muette entre des spectateurs privilégiés, sensation palpable d'appartenir à un groupe, d'autant plus précieux qu'il en était restreint.

Mais bien souvent, au cours de ces projections, ce groupe se réduisait encore plus. Car dans "cinéma expérimental", il y a "expérimental", et cette bien nommée expérience n'était pas seulement sur l'écran mais aussi dans la salle, et dans l'esprit du spectateur. C'était pour ces témoins volontaires la confrontation avec une expérience physique. Certains étaient des spécialistes, experts éclairés se laissant porter par le flot de la découverte et de la nouveauté. D'autres pourtant étaient novices, ou tout simplement curieux, entrés ici par hasard ou courage éphémère "juste pour voir". Et pour peu que le programme fut un peu long, ces curieux en avaient assez, et quittaient la salle à la faveur d'un changement de bobine. Tout au long de la projection, ce qui était le groupe primitif et privilégié se désagrégeait ainsi sous l'effet de la durée, et surtout du cinéma, chaque spectateur qui sortait confiant à ceux qui restaient la fierté encore plus grande d'être encore là1.

C'est pourquoi il nous faut ici tempérer les propos de Peter Kubelka qui refusait le terme d'expérimental (voir précédent billet). Car c'est bien de ce cinéma dont nous parlons, usant d'un adjectif à bon escient tant cet art particulier peut se rapprocher d'une conception scientifique de l'art. Cinéma expérimental, ou cinéma fondamental, comme il y a une médecine fondamentale, une science dure, basée sur la théorie et l'essai et dont la finalité immédiate n'est que la dernière des préoccupations, tête chercheuse toujours en mouvement et dont le fréquent échec n'est que le passage obligatoire pour atteindre une vérité plus brillante encore.

Cinéma d'avant-garde aussi, qualificatif idéal emprunté au vocabulaire militaire pour décrire ces films qui avancent seuls sur le front. Mais au contraire des avant-garde militaires, des éclaireurs en uniforme, ce cinéma ne sert aucune armée, et l'ennemi conformiste n'est pas seulement devant lui, mais aussi derrière, commando solitaire dont les découvertes, les voies d'accès, les passages à gué, serviront à toutes les armées qui le suivent et le précèdent.


Face à cette recherche perpétuelle, cette redéfinition constante des codes (narratifs, esthétiques), le spectateur est face à une épreuve, contraint d'endurer un objet audiovisuel auquel il ne pourra opposer que peu, souvent pas, de référents qui puissent lui permettre de comparer, et ainsi de dégager un jugement. En-durer, car devant ces objets sans aspérités auxquelles s'accrocher, le temps s'étire et devient parfois lourd, conditionnés que nous sommes par un inventaire infini de règles dont l'absence nous plonge dans un ennui pavlovien.

Expérimenter cette durée, y survivre, et en ressortir gorgé de nouvelles lois esthétiques insoupçonnées, voilà l'un des enjeux du cinéma expérimental.
Mais tel qu'il est diffusé aujourd'hui, un peu en salles, marginalement, mais essentiellement en ligne, ou en DVD, cet art de l'endurance s'en trouve de fait castré, autrefois maître, désormais esclave d'une simple ligne marquée d'un curseur :


En offrant au spectateur le pouvoir de la durée, on l'a ôté au cinéma.
En permettant au spectateur d'arrêter le temps, ou de l'accélérer à sa guise, on lui a interdit de s'y heurter de plein fouet, ce qui était pourtant l'objectif premier de cet art. Car à quoi bon le montage, le timing, le rythme, si aucune de ces valeurs n'a l'assurance de parvenir intacte jusqu'au spectateur ?
Certains sites de cinéastes qui proposent en ligne leurs propres créations s'obstinent à dissimuler cette fameuse barre d'état, et avec elle le pouvoir qu'elle renferme. Mais la plupart se réjouissent de voir leurs films diffusés en DVD, découpés en séquences accessibles par des menus.
Quand ce support est exploité pour ce qu'il est, quand les films qu'on y grave ont conscience du mode de lecture que cela implique, on peut faire l'expérience de superbes projets (lectures aléatoires de séquences, brouillage des codes de l'interactivité, etc.), mais dès lors qu'ils proposent le simple report d'une pellicule - objet fondamentalement linéaire - c'est l'essence du film qui s'évapore, et avec elle une certaine conscience du temps.

D'une ligne droite courant inexorablement du début vers la fin (de la naissance à la mort du film), le numérique a fait du cinéma expérimental un art de l'éternité, immortel certes, mais du même coup inutile, vain et sans âme, car ce qui ne meurt pas ne peut pas être humain.

(à suivre)

1 J'avais développé en détails cette idée de l'endurance face au cinéma dans un vieil article encore en ligne ici : Notion de performance dans le cinéma de Warhol.




BBC on ice : service public et douloureux

Posté par Jordan le 15.02.09 à 22:30 | tags : médias, télévision, vidéo

En France, le journal de 20h ouvre souvent ces temps-ci par des images du pays paralysé par la neige. En Angleterre, les aléas climatiques sont également sujets d'informations télévisées. La BBC dénonce ainsi les défaillances du service public, en l'occurrence l'absence de salage des marches gelées des escaliers de la Waterloo station à Londres. Pour dénoncer, il faut témoigner, alors plutôt que de signaler aux malheureux piétons le danger qui les guettent, la chaîne a placé une caméra sur le trottoir et attendu que les gens chutent… CQFD.




Le cinéma expérimental à l'épreuve du numérique (3)

Posté par Troudair le 14.02.09 à 10:33 | tags : cinéma, vidéo
On a longtemps qualifié "Meshes of the afternoon" de Maya Deren, de film mythique.


Et on a pu employer le même adjectif pour d'autres oeuvres, comme "Invocation of my demon brother" de Kenneth Anger, ou encore "Exploding Plastic Inevitable" de Ronald Nameth.
Ces quelques exemples, et bien d'autres, d'oeuvres dites "mythiques" ont pu bénéficier de ce qualificatif pour deux raisons.
La première, bien entendu, fut leur qualité à bouleverser l'histoire du cinéma en insufflant au septième art une liberté inédite dans le maniement de sa grammaire et de ses capacités esthétiques. Comme tout autre chef d'oeuvre, en peinture, sculpture, ou musique, ces films ont fait date et on servi de référence aux générations de cinéastes qui les ont suivis.
Néanmoins, cette seule qualité n'a jamais été suffisante pour définir une oeuvre, aussi brillante soit-elle, comme mythique. Car la seconde raison, et la plus importante, c'est que ces oeuvres étaient rares.

Au contraire du cinéma commercial, et malgré la possibilité technique de produire un nombre de copies infini à partir d'un seul négatif, ces films n'ont bien souvent fait l'objet que de tirages limités, en grande partie, on le devine, pour des raisons financières. Ainsi, assister à la projection d'un film de Stan Brakhage ou de Len Lye, ne constituait pas seulement une expérience esthétique, mais aussi sociale. Voir ce que peu ont la chance de voir donne au spectateur un statut d'exception, et érigé sur ce piedestal, sa vision s'en trouve à son tour modifiée.

Certains de ces films dits "mythiques", d'ailleurs, ne se contentaient pas d'être tirés à peu d'exemplaires, mais imposaient en plus des dispositifs de projection interdisant leur multiplication. Leur diffusion ainsi, allait à l'encontre d'un caractère majeur de l'art cinématographique - la prolifération - pour se rapprocher d'une certaine forme d'art vivant, de théâtre en quelque sorte, pour qu'une projection se change finalement en "représentation", dans le sens dramatique du terme.


A titre d'exemple, on pourrait remonter à 1927 et citer le "Napoléon" d'Abel Gance, projection monumentale en triple écran avec orchestre symphonique, qu'il n'aura guère été possible de présenter qu'une poignée de fois pour un public forcément restreint. Au delà du caractère esthétique du film, ce "Napoléon" est aussi et surtout devenu mythique car il n'était pas possible de le multiplier, et ceux qui ont pu en voir un montage mono-écran dernièrement ont tous pu ressentir ce manque, cette sensation de ne pas voir le film d'Abel Gance.
Dans l'histoire du cinéma expérimental, cette même qualité d'oeuvre unique a aussi pu apparaître avec certaines oeuvres impliquant par exemple une intervention directe sur le positif (grattage, coloriage, etc.). A positif unique, représentation unique, limitation des spectateurs, et inévitablement, apparition d'une rareté qui a changé certains films en mythes, sans que leurs qualités intrinsèques soient nécessairement engagées.

Dans son ouvrage de 1974, "Le cinéma visionnaire", P. Adams Sitney se sent ainsi obligé de décrire plan par plan chacun des films qu'il analyse, non pas pour les disséquer, mais dans un premier temps pour les raconter à des lecteurs dont une grande majorité n'a jamais eu et n'aura peut-être jamais l'occasion de les voir. Le conte, le mythe du cinéma expérimental aura été, pendant plusieurs décennies, une composante majeure de sa force d'évocation...

... jusqu'à ce que tout s'écroule aujourd'hui.
Et c'est volontairement qu'en introduction de ce billet, j'ai placé sur les trois films cités des liens directs vers leur diffusion sur YouTube. Avec le support numérique physique dans un premier temps, et internet dans ensuite, ce qui était rare est devenu fréquent. Sans trop de difficulté, on peut donc trouver aujourd'hui, en DVD ou même en ligne, la grande majorité des oeuvres filmiques qui ont construit le cinéma expérimental du XXe siècle. Le caractère mythique de ces oeuvres, peu à peu, s'est ainsi évaporé. Il n'y a plus d'exploit à faire partie de ceux qui ont vu "Meshes of the afternoon". Il n'y a plus de frisson à s'installer dans une salle de cinéma en caressant la satisfaction, regardant autour de soi, d'être parmi la poignée de spectateurs à faire l'expérience d'une projection rare. En rendant accessible à tous, tout de suite, le catalogue du cinéma expérimental, le numérique a supprimé le mythe, fondu le conte, et changé des oeuvres qui s'opposaient majoritairement à une logique commerciale, en produits culturels. L'anthologie Stan Brakhage se trouve aujourd'hui sur Amazon aux côtés de "Bienvenue chez les Ch'tits".

Doit-on pour autant se lamenter que des oeuvres superbes soient désormais accessibles à tous, et non seulement à une poignée d'initiés ? Non, évidemment. Mais à la vision de chacune d'elle, il demeure malgré tout important de se plonger dans leur histoire, et tenter, aussi difficile que cela soit devenu aujourd'hui, de ressentir ce frisson, de se plonger encore dans la chambre obscure métaphorique, accompagné de partenaires d'extase, et d'observer, dans cette état de grâce chamanique, des ombres mythiques courir sur les parois de la caverne.

(à suivre)



Remotiver les salariés : du rêve à la réalité

Posté par Jordan le 12.02.09 à 11:03 | tags : vidéo, jeux video

Pas facile pour les vendeurs de jeux vidéo d'affronter des clients fâchés par une console qui ne fonctionne pas. C'est normal, quand l'aspirateur est en panne, on est embêté de devoir le changer, mais quand une console tombe en rade, du plaisir de jouer l'on est privé ! En 1991, Nintendo saisit l'ampleur du problème et diffuse auprès de ses détaillants une vidéo très pédagogique illustrant par l'exemple les différents "cas" de clients mécontents.

A l'époque, il n'était pas question d'alarmer le salarié ! Les produits Nintendo ne sont manifestement jamais défectueux, il s'agit juste de répondre poliment à quelques idiots n'ayant pas su brancher leur console, et qui fort reconnaissants n'hésiteront pas à revenir au magasin, une délicieuse tarte à la main.

2009. C'est la crise, tout va mal, le salarié se plaint. Finies les douces illusions, il est temps de faire face aux réalités de la vie, qui est dure. A la NASA, les ingénieurs sont confrontés à des barrières structurelles, culturelles, qui freinent les idées neuves. Un vrai problème, que l'astronaute Andrew Thomas a décidé de dénoncer dans une vidéo publiée sur YouTube avec l'accord de la direction, consciente que les choses doivent changer. Ici encore, mises en situation. Mais sans glamour. Un jeune ingénieur va tenter de proposer une idée de design innovante, et va voir son projet descendu et ses espoirs méthodiquement avortés par ses managers, un à un.

Sinon, pour remotiver ses salariés, il y a aussi le lipdub.

 




Le cinéma expérimental à l'épreuve du numérique (2)

Posté par Troudair le 11.02.09 à 10:51 | tags : cinéma, vidéo
Si le cinéma n'était rien d'autre qu'une somme d'images, il serait resté dans les foires où il a commencé sa carrière.
Mais entre les images, faites mouvement par la magie de l'effet phi, est apparu un monde, tout un continent imaginaire composé par nos cerveaux avides de cohérence.
Pourtant, à la lisière de l'imagination, une impression a toujours résisté à la technique, réminiscence de temps anciens où le feu faisait danser les ombres sur les parois des cavernes. Encore aujourd'hui, il n'est pas rare pour un spectateur de prendre conscience de sa situation de spectateur et l'espace de quelques secondes, de sortir du film pour réaliser où il est, et changer le monde qu'on lui présente en succession abstraite de lumière et d'ombre.


Comme on le suggérait plus bas, l'expérience cinématographique n'est donc pas seulement l'expérience d'un film, et personne mieux que Peter Kubelka n'a su mettre en évidence cette qualité inscrite dans l'architecture de nos salles obscures. Voir Arnulf Rainer n'a rien de commun avec le fait de voir un mouvement reconstitué. Cette composante est au contraire totalement évacuée pour laisser apparaître et étendre dans la durée ce moment où le spectateur sort du film.

On entre jamais dans Arnulf Rainer (pas plus que dans l'ensemble des films dits "métriques" de Kubelka), car aucune porte n'y mène.
Ce qui est révélé par l'intermédiaire d'une telle projection, c'est au contraire l'extérieur du film, son support pour commencer - Kubelka proposant l'exposition de ses pellicules comme oeuvres plastiques à part entière (voir ci-contre) - mais aussi et surtout la salle de projection elle-même, apparaissant et disparaissant au gré des flashs provoqués par les photogrammes blancs.

Proposer un tel film sur un site de partage de vidéos a donc deux inconvénients fatals.
Le premier, c'est la perturbation du rythme désiré par le cinéaste, originellement calculé avec une précision mathématique. Lors de la lecture en ligne, en effet, l'apparition des photogrammes noirs ou blancs n'est plus seulement assujettie au choix de l'artiste, mais dépend aussi de nombreux autres facteurs tels que la vitesse du processeur de l'ordinateur qui le lit, la qualité de sa carte graphique, la vitesse du serveur qui les diffuse, sans parler des choix arbitraires effectués par la logique inadaptée du codec de compression.

Le second, c'est l'embed, c'est à dire le fait qu'une vidéo en ligne, à moins, chose rare du fait de la faible résolution, de prendre la peine de la passer en full screen, est systématiquement inscrite dans le cadre de notre écran, qui n'est pas le cadre du film. Autrement dit, la lumière diffusée par tout ce qui n'est pas le film (reste de la page, navigateur, barre du système d'exploitation) perdure pendant sa projection et détruit obligatoirement l'effet premier recherché. Voir Arnulf Rainer avec une lumière constante, c'est nier l'architecture qu'il avait pour vocation de révéler. En d'autres termes, c'est tuer la salle obscure, cette camera obscura métaphorique dont toute salle de projection est la mise en abyme inconsciente. Voir Arnulf Rainer en ligne, c'est ne pas voir Arnulf Rainer.

Ceci étant dit, en prenant l'un des exemples les plus significatifs du cinéma expérimental, est-ce que tout film de cinéma1 se détruit au contact de la diffusion numérique ? Et est-ce qu'il n'y aurait pas malgré tout de raisons de se réjouir de la mise en ligne massive de ces films rares désormais disponibles pour le plus grand nombre ?
C'est ce qu'on essaiera de voir dans la suite de cette série de billets.

1 Pour rester fidèle à Kubelka, on ne parle pas ici de cinéma "expérimental" qu'il s'est toujours défendu de pratiquer.
"Je ne fais pas du cinéma expérimental, ce sont les autres qui font du cinéma commercial. Moi je fais du cinéma."



Le cinéma expérimental à l'épreuve du numérique (1)

Posté par Troudair le 09.02.09 à 09:25 | tags : vidéo, cinéma
Pour débuter une rude semaine, rien de tel qu'un bon film expérimental qui nous ramène à quelques fondamentaux en perte de vitesse.
Pourtant, ce que vous pouvez voir ci-dessous n'est pas exactement le Thanatopsis d'Ed Emshwiller, monument du cinéma d'avant-garde daté de 1962.
Ce que vous voyez ci-dessous, c'est un leurre, une évocation vidée de l'essence de l'original, un hybride qui présente à la fois les caractéristiques du film, mais contaminé par les codes contemporains, ceux qui, en particulier, sont imposés par le système qui les diffuse.


Composé en large partie à l'aide d'une variation de la vitesse d'obturation qui nappe les formes claires d'un halo surnaturel autour d'un sujet net, Thanatopsis se heurte au système de compression des vidéos numériques. Trop de points, pas assez de contours, trop de vitesse et trop de précision dans le flou... si bien que, désorienté, le codec n'a d'autre choix que d'afficher d'énormes carrés aux teintes unies tout autour de la silhouette, celle-ci changée en masse informatique primitive, pixels gros comme des maisons, Lego noir, gris et blanc remplaçant la subtilité et la douceur du dégradé initialement recherché.
Et ce qui était en 1962 un fantôme vaporeux devient en 2006 (date de compression de cette vidéo) un polygone mécanique, bâtiment monochrome en deux dimensions sans profondeur ni âme.

Mais pas pour longtemps...
Car vous le savez, tous les sites de partage de vidéos ont fait évoluer ces derniers mois leurs systèmes pour proposer des diffusions en "haute définition". Et bientôt peut-être, un internaute passionné décidera de mettre en ligne ce même Thanatopsis, faiblement compressé, et révélant à nouveau ce personnage épileptique. Quand viendra ce jour, où la copie numérique respectera toute la finesse et tout le grain du film original, verrons-nous pour autant en ligne, sur notre écran, le Thanatopsis d'Ed Emshwiller ?
Rien n'est moins sûr, comme on cherchera à l'expliquer demain.

(à suivre)

(source : l'excellent blog A Million Keys, qui poursuit son travail d'exhumation du cinéma expérimental)



Vie des visages

Posté par Troudair le 06.02.09 à 09:44 | tags : street art, vidéo, arts visuels, photo
Entre street-art et land-art, actions in-situ et photographie, JR développe avec son projet 28 millimeters des séries de portraits avec un objectif simple et noble : sauver le monde.
En 2007, Face 2 Face affichait dans huit villes israéliennes et palestiniennes des portraits d'habitants, sans distinction de nationalité, réunis sur les murs dans le rire et la grimace.


Depuis 2008 et pendant encore quelques mois, ce sont maintenant les femmes qui sont à l'honneur dans son projet "Women are heroes".
Dans plusieurs pays, africains pour commencer, puis sud-américains et européens ensuite, JR recueille des histoires auprès des femmes.
Drames de la guerre ou de la violence quotidienne, ces récits terribles viennent des femmes elles-mêmes. Mais tout le travail photographique de l'artiste consiste non pas à s'apitoyer sur ces témoignages, mais au contraire à apporter un contre-point nécessaire.
"Quand on entend ces récits, précise JR, on pourrait penser que ces femmes sont mortes, brisées. Mais quand on voit leurs visages, on réalise qu'elles sont bien vivantes."
Capturer cette vie, et surtout cette joie de vivre, puis afficher le résultat au coeur même des villes, c'est là tout le projet de "Women are heroes".


En pratique, des affiches monumentales sont disposées sur tous les supports possibles, bus, maisons, trains, et composent des mosaïques urbaines souvent percutantes, comme en témoigne cette superbe installation au Kenya, où le passage d'un train fait apparaître les visages hilares des femmes d'un bidonville.


En 1998, le dramaturge roumain Matei Visniec écrivait le texte "La femme comme champ de bataille". A sa manière, JR témoigne, dix ans plus tard, que cette guerre est loin d'être achevée.

(via Design You Trust)
(MAJ : et tant qu'on y est, le blog de JR invité de Libé)





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